Cheminements minimalistes #3

Dans le cadre de l’éco-défi Faire le vide chez soi, j’ai invité une dizaine de blogueuses qui s’intéressent au minimalisme à partager leur expérience à ce sujet. Cette semaine, je vous propose de découvrir le témoignage de Marina du Blog Bleu, d’Allegra du blog Small & Beautiful et de Marion du blog Et si deux mains. Si vous les avez manqués, vous pouvez retrouver les 6 premiers témoignages de cette série par ici et par là.

Pour moi, le minimalisme c’est simplifier sa vie en se débarrassant du superflu. Évidemment cela s’applique à nos possessions matérielles, mais cela a aussi des répercussions positives sur notre vie émotionnelle (apprendre à dire non, lâcher prise). Pour moi il n’y a pas un seul minimalisme, chacun-e fait en fonction de ses besoins, de ses ressources et de son mode de vie. Ce n’est pas une compétition de celui ou celle qui aura le moins d’objets ou le salon le plus blanc.

J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme en lisant le fameux livre de Marie Kondo. Mais je pense que mon besoin de minimalisme se faisait sentir depuis des années, bien avant de connaître ce mode de vie. J’ai toujours été un peu bordélique, avec une tendance aux achats compulsifs et je commençais à me sentir sérieusement envahie, dépassée. Cela me demandait du temps, de l’argent mais je n’en tirais aucun plaisir en dehors de l’acte d’achat.

Le minimalisme m’apporte du temps en plus et des soucis en moins ! Je ne me sens plus dépendante de mes possessions. C’est très libérateur de choisir sa tenue du matin en quelques secondes ou de partir en voyage avec un seul sac à dos. Dans mon cas, vider mes placards me vide aussi la tête. Je me sens plus légère et sereine.

Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste a été de devenir végétarienne (puis vegan). Je ne pouvais plus acheter tout ce qui me faisait envie sur le moment, je devais faire quelques recherches et lire les étiquettes. J’ai commencé à m’interroger sur mon rapport à l’alimentation et, plus largement, à ma consommation. J’ai réalisé que j’avais jusque-là un mode de vie très matérialiste, totalement déconnecté des conséquences humaines et environnementales que cela engendrait. J’ai alors commencé à privilégier la qualité à la quantité, pour mon plus grand bonheur.

La prochaine étape de mon cheminement minimaliste sera… savoir exactement ce qu’il y a chez moi et où cela se trouve. Je rêve d’avoir une vision d’ensemble précise de mes biens, cela doit être si reposant. Un grand défi pour la bordélique que je suis ! Pour cela, j’ai commencé à faire des listes par catégories (vêtements, décoration, livres, vaisselle…). Généralement, si j’oublie des objets sur la liste c’est qu’ils sont loin d’être indispensables dans ma vie.

L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste est de tenir sur le long terme. Au début, lorsqu’on commence à désencombrer son logement, on ressent un grand sentiment de bien-être, voire d’euphorie. En tout cas c’est mon cas ! Du coup, c’est difficile de ne pas remplacer le plaisir d’acheter par celui de jeter. En plus, la nature a horreur du vide. Je dois donc faire attention à l’effet rebond du « oh j’ai un tiroir vide, il faut que je le remplisse avec des nouvelles choses ». J’essaie donc de limiter au maximum le nombre d’objets qui rentrent chez moi, mais ça va vite. Enfin, plus on désencombre, plus j’ai l’impression qu’il y a d’objets à désencombrer ! Il faut prendre son mal en patience car c’est un processus long et méticuleux.

À celles et ceux qui souhaiteraient cheminer vers le minimalisme, je conseillerais… la visualisation positive. Il ne faut pas perdre de vue les bienfaits du minimalisme, c’est une grande source de motivation. Peut-être que tu veux passer moins de temps à faire le ménage et plus de temps avec ta famille ? Peut-être que tu souhaites économiser de l’argent ? Peut-être même que tu as envie d’avoir des idées plus claires ? Il est important de penser au résultat pour se motiver à ranger. Et pour moi qui suis très visuelle, les vidéos ont été une grande source de motivation.

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Pour moi, le minimalisme c’est chercher à m’alléger de ce qui me pèse. Cela s’applique à mes étagères, à ma consommation, à mon sac à dos en voyage, à mes déchets, à mon travail, bref c’est une hygiène de vie.

J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme après un déménagement. À 25 ans, j’ai réuni mes premiers salaires pour acheter un deux-pièces de 25 mètres carrés dans le quartier où j’ai grandi à Paris, près de ma famille et mes amis, avec un prêt sur 25 ans. Un mètre carré par an. Il fallait que chaque objet qui y entre mérite sa place.  J’ai lu le livre Apartment Therapy de Maxwell Gillingham Ryan, dans lequel il parlait de l’importance de “l’espace négatif”, le vide qui sert à circuler et à se sentir respirer en intérieur. J’ai vécu sur un matelas dans un appartement presque vide et petit à petit j’ai trouvé la plupart des meubles dans les rues de Paris.

Le minimalisme m’apporte une discipline qui m’aide à y voir clair dans mes priorités au quotidien.

Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste : en emménageant, j’ai vécu sans lit et sans frigo pendant 9 mois. Cela m’a amenée à reconsidérer ce que je trouvais essentiel. Je n’ai jamais regretté d’avoir investi dans mon sommier, un lit-coffre très pratique, mais en lisant Notre aventure sans frigo de Marie Cochard, je me dis que mon réfrigérateur-congélateur ne vaut pas le mètre carré entier qu’il occupe dans mon appartement.

La prochaine étape de mon cheminement minimaliste est de minimiser mon empreinte écologique. Je vais au bureau à pied et je ne conduis pas, mais mon logement actuel est chauffé à l’électrique (Enercoop), et après une visite à ma famille à l’île Maurice et en Australie l’an dernier, j’ai explosé mon bilan carbone. Depuis l’âge de 3 semaines, j’ai bourlingué aux quatre coins du monde, et si sur Terre tout le monde vivait comme moi, il nous faudrait 2,7 planètes. Alors pour le moment, je cherche à déménager pour un logement mieux équipé énergétiquement et puis pas d’avion jusqu’à ce que le bilan s’améliore. J’explore un pays qu’au fond je connais peu : la France, ses calanques, ses gorges et ses montagnes ainsi que les beautés de nos voisins européens.

L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste est de partager mon enthousiasme pour cette démarche, je suis quelqu’un de réservée mais je trouve passionnant de discuter des alternatives à la société de consommation, sans malentendus et sans jugements. Nous sommes tous parfaitement imparfaits.

À celles et ceux qui souhaiteraient cheminer vers le minimalisme, je dirais de se concentrer sur ce que vous pouvez faire, pas sur ce que vous ne pouvez pas. L’essentiel est de prendre du plaisir dans cette démarche, parce que même si on se lance pour la planète, on suit ce chemin avant tout pour soi.  

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Pour moi, le minimalisme c’est ne s’entourer que de ce qui nous est essentiel. Cela englobe non seulement nos besoins primaires comme nous nourrir ou nous loger, mais aussi les possessions qui nous rendent heureux(se). Une définition très personnelle, en fonction de notre vécu, notre sensibilité, nos goûts… Pour ma part, les intérieurs blancs et vides me mettent profondément mal à l’aise car ils me paraissent sans âme, bien qu’ils constituent sans doute, peut-être, l’apothéose du minimalisme. J’aime les espaces épurés et peu encombrés, certes, mais je ressens le besoin de m’entourer de quelques créations triées sur le volet qui, bien plus que de simples objets, reflètent ma sensibilité et constituent l’âme de mon intérieur. Pour ce faire, je m’oriente de plus en plus vers des créations artisanales et écoresponsables que je souhaite belles et utiles ! Ma ligne éditoriale pourrait laisser penser que je consomme volontiers ; néanmoins je présente des artisans et créateurs dont le travail me touche pour avoir en réserve quelques cadeaux éthiques qui font à chaque fois le ravissement des proches à qui ils sont destinés en des occasions particulières.

J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme sans même y penser… De nature ordonnée, j’ai toujours détesté les espaces surchargés et de nombreux déménagements m’ont donné l’occasion de désencombrer régulièrement mon intérieur. En cela, il a toujours été, du plus loin que je me souvienne, épuré et sobre, mes goûts allant aux couleurs douces et aux matières naturelles. Et donc, d’une certaine manière, minimaliste. Mais ce n’est que depuis que j’ai amorcé mon cheminement écologique que je prends pleinement conscience du fait que le minimalisme, loin d’être une simple tendance artistique, est un véritable art de vivre. En d’autres termes, le fait d’avoir un intérieur épuré n’est plus guidé par un simple goût pour l’ordre, mais témoigne d’un souhait plus global de consommer moins mais mieux…

Le minimalisme m’apporte de la sérénité. Mon esprit fourmillant toujours de mille et une idées, j’ai besoin d’un environnement épuré et ordonné, invitant au calme… C’est ce qui me permet de gagner en paix intérieure et de me disperser le moins possible. Je gagne également, bien que ce ne soit pas ma motivation première, du temps. Moins de possessions, c’est aussi moins de rangement et moins de temps consacré à faire les poussières ! Autant de moments libres bien appréciables et qui mènent, une fois de plus, à la sérénité…

Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste a été un pas qui m’est venu naturellement, sans avoir à y réfléchir : adopter une « capsule wardrobe ». Adolescente, comme beaucoup de jeunes filles, je croulais sous les vêtements et ne pouvais m’empêcher de renouveler sans cesse ma garde-robe ! Par effet de mode, bien sûr. Mais aussi et surtout parce que je n’étais pas à l’aise dans mon corps et qu’aucun vêtement ne me paraissait le mettre en valeur. Au fil des années, j’ai appris à accepter – et à apprécier, pour partie – mon corps. Ce faisant, j’ai commencé à acheter de moins en moins de vêtements. Et, d’un besoin qui me paraissait essentiel, ceux-ci sont passés à un besoin primaire : me vêtir. Aujourd’hui, je possède peu de vêtements et n’en achète qu’en cas de réel besoin, autant que possible auprès de marques écoresponsables (voire d’occasion), même si ce n’est pas toujours le cas faute de budget à y consacrer. J’y gagne au quotidien le plaisir de ne pas avoir à chercher dans un dressing surchargé… Et de me glisser dans une belle pièce que je sais fabriquée dans de bonnes conditions !

La prochaine étape de mon cheminement minimaliste sera de continuer le désencombrement amorcé dans toutes les pièces de ma maison, au fur et à mesure de ma pensée. Et surtout, de prendre le temps de réfléchir avant d’acheter à nouveau, en me demandant si l’objet qui me fait envie m’est essentiel ou non… C’est probablement le pas le plus difficile à franchir, bien qu’il me soit de plus en plus évident au fil du temps.

L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste a été de sortir du cercle vicieux du désencombrement suivi d’un encombrement… Bien qu’ayant toujours été ordonnée, mon leitmotiv pouvant se résumer comme « une place pour chaque chose, chaque chose à sa place », j’ai longtemps été une consommatrice invétérée. Et, avant d’amorcer un cheminement écologique puis minimaliste, je comblais les vides laissés par mes tris successifs en achetant encore et toujours, pour ensuite, guidée par mon côté ordonné, trier à nouveau. Par ailleurs, il n’est pas évident d’amorcer une démarche minimaliste lorsque notre cher et tendre ne se place pas dans la même démarche. Cela nécessite, au moins me concernant, de faire des compromis afin que nous puissions vivre harmonieusement dans un intérieur qui nous ressemble à tous les deux…

À celles et ceux qui souhaiteraient cheminer vers le minimalisme, je conseillerais de laisser le temps au temps. On ne change pas toutes ses habitudes du jour au lendemain ! Du reste, faire le vide chez soi n’aurait aucun sens si l’on était guidé(e) uniquement par des considérations esthétiques : il faut se sentir prêt(e) à se lancer. Comme le cheminement écologique, celui vers le minimalisme implique de se donner le temps d’apprendre à se connaître, petit à petit… Cela peut prendre toute une vie ! À mon sens, le minimalisme évolue au fur et à mesure de notre propre cheminement. Notre conception actuelle du minimalisme ne sera sans doute pas la même dans dix ans ni même dans un an, mais finalement, qu’importe… Ce qui compte, c’est qu’elle soit en adéquation avec notre pensée à un moment donné ! De même que l’on trouvera toujours une autre personne dont l’intérieur nous semble plus minimaliste, car elle n’a pas les mêmes besoins essentiels que nous et n’en est peut-être pas au même stade de son cheminement. En bref, soyez indulgent(e) avec vous-même !

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Que vous inspirent ces témoignages ? Certains d’entre eux font-ils écho en vous ?

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7 commentaires pour Cheminements minimalistes #3

  1. Florence dit :

    Merci Natasha pour ces témoignages ! C’est très enrichissant de réaliser qu’il n’y a pas « une » méthode unique vers le minimaliste mais que chaque quête est personnelle et varie en fonction de l’histoire et du caractère de chacun.

  2. Merci pour ces partages. Ces témoignages m’aident vraiment à rester motivée et donc à ne pas trop me re encombrer… 🙂

  3. Lucile dit :

    C’est vraiment intéressant de voir les différentes conceptions du minimalisme et les histoires de chacune de ces blogueuses ! Pour ma part, j’ai plutôt le plutôt le problème contraire : mes déménagements successifs (des appartements allant de 12 à 25m2) et ma découverte du zéro déchet-minimalisme de Béa Johnson font qu’aujourd’hui, mon nouvel (et très grand) appartement est un peu vide ^^ (je suis passée d’un T1 de 22m2 à un T2 de 50m2 !). Au quotidien ça ne me gêne absolument pas, car mon appartement est très facile à ranger et confortable, mais j’ai un peu honte quand j’ai des invités. C’est juste que en tant que minimaliste, je trouve difficile de trouver LA déco qui nous correspondra, mon amoureux et moi, en étant pratique à nettoyer et pas très encombrante !!

  4. Myriam dit :

    Merci pour ces témoignages. Ils nourrissent utilement ma réflexion. Un point complexe a été soulevé dans celui de Marion c’est l’art de vivre avec un conjoint et par extension des enfants, des adolescents, qui n’adhèrent pas forcément à ce désir de minimalisme ou d’écologie. C’est beaucoup plus difficile à gérer que quand on vit seule.

  5. poli dit :

    Merci pour ces partages, je suis allée voir les blogs des trois blogueuses, c’est passionnant ! Merci de ces belles découvertes, je ne connaissais que celui de Small et Beautiful. Je n’y suis pas abonnée et j’y ai fait de très belles découvertes !
    Oui, ces témoignages font écho en moi. Je tente, avec réussite, de ne pas me ré-encombrer après avoir passé l’an dernier à dé-s’encombrer-jeter-donner.
    Le plus difficile aujourd’hui, ce sont tous les papiers administratifs des enfants…
    Certificats de scolarité, d’assurance, de tram, de cantine, de fac, avis d’imposition… pour avoir droit aux bourses, aux APL. Certains documents ne peuvent être fournis que version papier, je n’en reviens pas !

  6. kellyac dit :

    J’adore voir que plusieurs personnes mettent comme moi les beaux objets dans leur définition du minimalisme. Je pense qu’en rentrant chez moi personne ne me considèrerais minimaliste, car nous avons de belles bibliothèques (faits maison :D) remplies de beaux souvenirs et de livres qui nous parlent.

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