Apprendre à méditer {Semaine 1}

Voilà déjà une semaine que l’éco-défi Se mettre à la méditation pour de bon a été lancé. Comme promis, (plus ou moins) chaque semaine et ce jusqu’à la fin septembre, je ferai le point sur ma progression dans ce défi que je compte relever en m’appuyant principalement sur la méthode MBSR (Mindflulness Based Stress Reduction ou Réduction du stress par la pleine conscience), développée par Jon Kabat-Zinn et présentée dans le livre Apprendre à méditer de Bob Stahl et Elisha Goldstein. Ce programme de méditation (laïque) qui s’étale sur 8 semaines est habituellement enseigné au cours d’un stage. À défaut de pouvoir m’offrir ce genre d’expérience, j’ai décidé de me laisser guider par ce livre qui m’a été fortement recommandé par une lectrice il y a quelques mois. J’ai choisi de partager mon expérience sous forme de journal. Malgré le côté très personnel et intime de ce format, j’espère que cela vous inspirera dans votre propre pratique.

Dimanche

Je débute la lecture d’Apprendre à méditer. Dans l’introduction, les auteurs nous proposent de répondre à quelques questions :

  • Qu’est-ce qui s’est passé dans votre vie pour que vous décidiez d’acheter ce guide ?
  • Qu’espérez-vous changer dans votre vie avec ce guide ?
  • Citez quelques éléments positifs à votre sujet.

Même si de prime abord les réponses me semblent évidentes, je dois admettre qu’elles ne le sont pas tant que ça lorsque je commence à les rédiger. Cet exercice apparemment futile se révèle donc finalement très enrichissant et me permet de mieux prendre conscience de mes besoins et de mes attentes.

On nous demande ensuite de faire la liste d’une dizaine de situations stressantes et d’indiquer sur une échelle de 1 à 10 le degré de stress que cela représente pour soi. L’idée est de faire le point à mi-parcours puis à la fin du programme pour voir si ces différents degrés de stress ont évolué. Je dois bien avouer que j’ai du mal à croire que le stress généré par certaines situations qui m’angoissent depuis des années puisse diminuer en quelques semaines. Mais je reste confiante et motivée !

Lundi

Je me lance dans la lecture du 1er chapitre : “Qu’est-ce que la pleine conscience ?”. Même si je connais déjà le sujet, cette révision ne me fait pas de mal car elle ne fait que renforcer mon désir de vivre en pleine conscience au quotidien. Certains propos me renvoient à la conférence de Jon Kabat-Zinn à laquelle j’avais assisté à Freiburg à l’automne dernier. J’ai envie de me replonger dans les notes que j’avais prises lors de cette soirée particulièrement inspirante mais je ne les ai pas sur moi. J’ai hâte de rentrer pour les relire et de rédiger un article au sujet de la pleine conscience.

Je me lance dans la première pratique formelle du livre : manger un raisin en pleine conscience. Je décide de le faire après le déjeuner et de me laisser guider par le CD afin de ne pas interrompre l’exercice en lisant les instructions également retranscrites dans le livre. Cet exercice de 5 minutes se révèle être très intense pour mes sens. Je remarque chacun des plis qui donne au raisin une allure toute ridée. La lumière du jour se loge entre ses rides et donne un éclat supplémentaire à sa blondeur transparente. Sa texture molle et collante m’oblige à le manier avec soin. Je le porte à l’oreille et contre toute attente, lorsque je le presse délicatement entre mes doigts, il fait un petit bruit de feu d’artifice très, très lointain. Je ferme ensuite les yeux pour porter le raisin à ma bouche. Avant même qu’il ne l’atteigne, je suis surprise de remarquer que je commence déjà à saliver ! Une fois posé sur ma langue, le raisin se balade d’un bord à l’autre de ma bouche de manière automatique. Je mâche lentement et je le sens disparaître et se transformer en petits bouts de presque rien. Je le sens ensuite descendre dans ma gorge et puis plus rien. Ce petit raisin que je pouvais caresser, voir, sentir, entendre et goûter il y a à peine quelques secondes est déjà en route vers mes intestins !

À la fin de l’exercice je prends le temps de noter mes impressions dans mon carnet. Cela me permet de réaliser la richesse de mes sensations et me donne envie de renouveler l’expérience avec toutes sortes d’aliments plus souvent. Cela me remplit également d’une gratitude immense pour l’aliment que je viens de déguster.

Mardi

Aujourd’hui je décide de nager en pleine conscience. Je sais bien que je n’arriverai pas à nager en pleine conscience toute une demi-heure mais ce n’est pas mon objectif. Je décide simplement de faire un effort conscient pour apprécier pleinement les sensations procurées par la nage et l’eau sans me fixer de longueurs ni de temps minimum. Il faut savoir que nager est un exercice qui me permet d’avancer dans nombre de réflexions et bien souvent de trouver des solutions. Alors pour moi, natation rime bien souvent avec un esprit en ébullition ! Néanmoins, je ressors toujours de mes séances l’esprit allégé et avec quelques nouvelles clés en main pour avancer dans certains projets.

Mais aujourd’hui, je veux ressentir les mouvements de mon corps et l’eau dans laquelle il baigne aussi pleinement que possible. Je m’efforce donc d’éteindre le bouton “inspiration” qui a tendance à s’allumer dès mes premières brasses. Je ressens alors mon corps glisser dans l’eau qui caresse ma peau. La température de l’eau m’est agréable, en particulier dans cette petite zone du bassin traversée par un courant chaud. Pendant les 2 secondes où ma tête émerge entre chaque brasse, j’entends le bruit des gens autour de moi et des voitures qui roulent sur les routes non loin de là. Une fois la tête immergée, je n’entends plus que l’eau glisser sur moi et j’observe mon ombre au fond de la piscine. L’ombre de mes mains me fait sourire : on dirait que je porte des gants de boxeuse bien trop grands pour moi ! Je réalise également que la pointe de mes orteils se rencontrent au moment où mes jambes s’alignent dans l’eau et que mon corps se laisse propulser en avant jusqu’à la brasse suivante.

Nager en pleine conscience m’aide à suivre les mouvements des différentes parties de mon corps, à avoir une meilleure perception de leur impact sur mon rythme et sur mon avancée dans l’eau et à profiter pleinement des sensations de l’eau sur ma peau.

Mercredi

Aujourd’hui je publie sur le blog 3 témoignages de jeunes femmes qui ont réussi à intégrer la méditation à leur quotidien. Le commentaire de lavoixdupapillon me fait beaucoup réfléchir et me permet de comprendre pourquoi j’avais fini par abandonner la méditation après 2 mois de pratique quasi quotidienne en début d’année : la recherche de la “performance”. Les explications de cette lectrice m’ont permis de réaliser que si je souhaitais faire de la méditation une pratique régulière, positive et salutaire, il était essentiel que je choisisse un créneau dédié à la méditation au quotidien et surtout que je médite quel que soit mon état d’esprit. J’avais arrêté de méditer parce que je me sentais préoccupée, parce que je n’avais pas le temps, parce que j’étais trop fatiguée… et je pensais que vu mon état et ma difficulté à méditer en “temps normal”, essayer de méditer dans de telles circonstances serait impossible. Or, c’est certainement dans ces moments-là que j’ai le plus besoin de le faire. De plus, peu importe finalement si je parviens à méditer car quelles que soient mes sensations, comme le dit si justement lavoixdupapillon “Tout exercice est bon à prendre et cela permet en plus d’apprendre à lâcher prise sur le « c’était bien/ c’était pas bien »”.

Samedi

La douche est également un lieu et un moment où j’ai habituellement beaucoup de mal à apprécier l’instant présent. Il me semble que c’est pourtant l’activité idéale pour s’exercer à la pleine conscience. Alors cette fois-ci, je contemple l’eau couler sur mon corps, je prends le temps de me masser à l’aide de la mousse qui glisse sur ma peau et de respirer l’odeur discrète du savon. Je me rends alors compte que se laver peut devenir une véritable séance express de cocooning. Je décide de prolonger ce moment de détente en appliquant avec soin mon baume hydratant sur le corps. Alors qu’il fond entre mes mains, une douce odeur de cacao embaume l’air qui m’entoure. Ça me fait presque saliver. Ma peau déshydratée devient douce et luisante.

Je crois qu’avec un petit effort, je pourrais faire de chaque douche et de chaque application de soin un moment à vivre en pleine conscience.

Bilan de la semaine

Je termine cette première semaine sans avoir atteint l’objectif que je m’étais fixé : j’avais espéré terminer la lecture et les exercices du premier chapitre d’Apprendre à méditer et même entamer le second. Je n’étais pas chez moi cette semaine et mes journées manquaient de routine ; j’avais des obligations à différentes heures chaque jour et de ce fait je n’ai pas réussi à trouver de créneaux réguliers pour me consacrer à la méditation. De plus, mes journées étaient tellement remplies que lorsque j’avais un moment pour moi, je ressentais le besoin d’avancer dans mon travail qui me préoccupe beaucoup en ce moment. Dès lundi, je serai de retour chez moi à Freiburg où j’aurai moins de distractions et la possibilité de retrouver une certaine routine. Je pense que cela m’aidera grandement à faire une place à la méditation – et non juste à la pleine conscience – au quotidien.

Durant cette première semaine, j’ai toutefois pu vivre différentes situations en pleine conscience et en ressentir les bienfaits. Lorsque je me suis sentie anxieuse ou préoccupée ces derniers jours, j’ai à chaque fois eu le réflexe de me recentrer sur l’instant présent, sur mes sensations et sur ma respiration. Cela m’a beaucoup aidée à m’apaiser et à ne pas laisser mes tracas envahir mon esprit… aussi longtemps que d’habitude.  Alors même si je ne me suis concentrée que sur un seul type d’exercice cette semaine, je pense que sa répétition m’a été très bénéfique.

Pour la deuxième semaine, j’espère avancer dans la lecture d’Apprendre à méditer et trouver un créneau pour méditer au quotidien tout en continuant de vivre certains moments en pleine conscience chaque jour.

🌿 🌿 🌿

Que pensez-vous de ce bilan hebdomadaire sous forme de journal ? Comment s’est déroulée la première semaine de l’éco-défi pour vous ?

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26 commentaires pour Apprendre à méditer {Semaine 1}

  1. miaucarre dit :

    Il faudrait vraiment que je m’y mette sérieusement !

  2. Alexandra dit :

    Je suis actuellement enceinte de mon troisième enfant dans mon dernier mois. Depuis le début de la grossesse, je n’arrive pas à trouver du temps pour vraiment communiquer avec le bébé, pratiquer la pleine conscience avec mon ventre, respirer, méditer. La faute en partie à une vie de famille bien remplie, une maisonnée agitée et une charge mentale omniprésente. Et puis cette semaine, les grands sont partis en vacances, donc charge mentale allégée, j’ai pris un bain pour me détendre et là j’ai pu me laisser aller. Quel bien fou ! Je crois que la clé est là : arriver à se détacher un temps de cette charge mentale. Reste plus qu’à trouver comment quand les journées sont bien remplies !
    Merci encore pour ton blog et tous tes articles ! Alors que je ne pensais pas être intéressée par ce défi, et bien ta belle plume m’a titillé et je m’y plonge un peu du coup !

  3. Halimi Do dit :

    moi je suis curieuse de votre après douche??? l’odeur la texture me font envie!!!
    Merci pour le partage sur votre site que j’aime particulièrement.
    Do

  4. Eve dit :

    J’aime beaucoup ces retours sous forme de journal, avec ton point de vue personnel.
    Impossible de vraiment suivre l’éco défi en vacances, (j’ai pensé à toi en m’asseyant sur un banc le long du Pacifique, en face des montagnes américaines…) mais je vais m’en inspirer dès mon retour!

  5. CAROLE dit :

    Bonjour Natasha,
    La méditation comme tu la pratiques actuellement, j’aime beaucoup ! En particulier, j’aime les moments où je suis dans le jardin ou à l’écoute de la nature, en pleine conscience. Par contre même si je me suis abonnée à Petit bambou pour m’obliger à faire de la méditation pure (ne pas bouger, assis) tout le programme des fondamentaux ou presque c’est plus difficile et décourageant, et surtout comment trouver, 20 min par jour ? (sauf le soir où je n’ai qu’une envie : dormir, bouquiner)
    En même temps, je pratique moins souvent avec les méditations guidées qu’avant car j’ai moins de problèmes en général en ce moment, du coup mieux dans ma tête et mieux dans mes baskets et moins ce besoin de méditer que j’avais.
    Ton livre a vraiment l’air bien, je profiterai certainement de ton lien vers la librairie Décitre pour le commander.
    Et puis, j’ai essayé aussi de manger en pleine conscience ou autre, et je trouve que tu arrives vraiment à être très très à l’écoute de ton corps et de tes sensations, c’est très riche ! J’ai du mal de mon côté à sentir tout cela, à le percevoir. Peut être que je ne suis pas assez concentrée !?

    • Je comprends bien ta difficulté à trouver 20 minutes par jour, surtout si tu as une enfant ! Personnellement, je pense que ne parviendrai à méditer régulièrement que si je me réserve 20 minutes à la même heure chaque jour (ce qui est difficile vu qu’aucune de mes journées ne se ressemblent, mais j’espère trouver un moment en fin de journée, sans que ce soit juste avant d’aller dormir ; avant de préparer le dîner, ou juste après manger peut-être. Ou pourquoi pas le matin, mais les jours où je pars de chez moi à 7h20, c’est plus difficile quand même !).
      Il est vrai que manger en pleine conscience peut éveiller des sensations insoupçonnées ! Mais je ne mange pas en pleine conscience tout le temps et quasiment jamais quand je suis à table avec d’autres personnes. Toutefois, quand je suis seule, je m’efforce d’apprécier pleinement mon repas, sans distraction aucune. Je n’ai rien d’autre sur la table que mon assiette et ça m’aide à mieux apprécier son contenu 🙂

  6. nesto dit :

    J’aime beaucoup la forme « journal » pour relater ton expérience. Je me souviens que mon instructeur m’avait dit que c’est lorsqu’on n’avait pas le temps ou qu’on n’allait pas bien qu’il fallait encore plus pratiquer! un jour j’avais méditation avec l’instructeur et le groupe l’après-midi et en fin de matinée j’ai su que mon chat était mort écrasé. J’ai pleuré, je ne pouvais plus m’arrêter. Mon premier mouvement a été de ne pas y aller, de rester chez moi. Puis je me suis souvenue des mots du prof et j’y suis allée quand même. J’ai fait tous les exercices en pleurant! J’ai accepté d’être triste… et le soir quand il a fallu l’annoncer aux enfants, j’ai pu accepter leurs pleurs et leur douleur (alors que les grands-parents par exemple m’avaient dit de leur mentir et de ne pas dire que le chat était mort!), on a pleuré tous ensemble, on a fait une petite cérémonie, on a parlé des bons moments et finalement on a tous vécu ça en conscience et on a accordé la place qu’il nous importait à cet évènement… ça n’a pas été moins dur pour les enfants mais j’ai l’impression qu’on a fait ce qu’il fallait… Bon mon exemple est un peu triste mais oui on peut méditer quand ça ne va pas, et oui ça aide! je médite aussi quand j’ai des migraines, ça m’aide à ne pas me laisser envahir par la douleur et la migraine ne prend plus toute la place (ça m’aide à m’endormir avec une migraine par exemple).

  7. Hélène dit :

    C’est super, cette idée de feed-back à la semaine … Merci encore pour toutes les expériences et outils que tu nous amènes !!! Et c’est toujours bien écrit et agréable à lire …

  8. Un trésor dans mon placard dit :

    Je pense que la méditation ce n’est pas une question de temps mais plutôt une routine que l’on doit s’imposer au départ et qui devient naturelle ensuite. Il y a forcément des moments dans la journée comme la douche, les temps de transports, d’attente, … que l’on peut mettre à profit pour se reconnecter à soi-même.

  9. Oui, on ne ressort que du positif de la méditation ; mais paradoxalement, j’ai remarqué que c’était pour moi plus douloureux et décourageant de « méditer » quand ça ne va pas (alors que c’est là que j’en ai besoin) car mes pensées qui divaguent portent sur des choses qui me stressent, me font du mal.
    Alors que si je prends le temps de me poser dans une période où « ça va » plutôt, mes pensées divaguent (normal!) mais vers des choses qui ne me font pas de mal (planification de la journée du lendemain, repenser à la journée en cours, choses à faire).
    C’est assez paradoxal et embêtant 🙂 Donc il faut vraiment que j’entraine mon mental dans les périodes « up » 😉

    Merci pour tes articles et le temps que tu y consacres !!

    Mathilde

  10. halimi dominique dit :

    Bonsoir,
    Dans votre texte vous parlez de votre soin hydratant après la douche aux odeurs de chocolat et hydratant votre peau. Voilà je me demandais de quel soin il pouvait bien s’agir? Merci de partager aussi sur vos soins beauté!!

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