Pour être éthique et écologique, une garde-robe doit-elle être végane?

Par définition, une garde-robe végane ne contient aucune fibre animale: ni fourrure, ni soie, ni cuir, ni laine, ni plumes

Ma garde-robe comporte aujourd’hui plusieurs pièces en laine, quelques unes en cuir et d’autres en soie. Tous ces articles ont été achetés il y a plusieurs années, quand je n’avais encore aucune idée des raisons qui pouvaient en inciter certain-e-s à bannir les fibres animales de leur garde-robe.

Aujourd’hui, je suis pleinement consciente de ces raisons qui sont aussi devenues mes propres motivations pour me constituer, au fil des prochaines années, une garde-robe végane. D’une part, l’élevage industriel est responsable de certaines des plus grosses catastrophes environnementales. D’autre part, la cruauté dont sont victimes les animaux d’élevages industriels qui sont enfermés, confinés, mutilés, déshydratés, privés de nourriture et d’eau afin de nous nourrir et/ou nous habiller me tourmente. Beaucoup diront qu’ils ne sont pas traités ainsi partout. C’est vrai, mais qui peut affirmer qu’ils ne sont pas traités ainsi dans la majorité des endroits?

Je suis toujours partie du principe que la nature est bien faite et effectivement elle nous offre des milliers d’options pour répondre à nos besoins du quotidien sans nuire à l’environnement et à la vie d’autrui. Mais les alternatives végétales nous permettent-elles de nous vêtir durablement?

Du côté vestimentaire, Antigone XXI présente ici des alternatives végétales et écologiques qui pourraient selon elle remplacer la laine: l’ortie, le lin, le chanvre. Personnellement, n’ayant jamais porté ces matières, je ne sais rien de leurs propriétés isolantes et de leur durabilité mais j’aime à croire qu’elles pourraient constituer de bonnes alternatives à la laine. Malheureusement ces fibres-là sont encore rares dans les boutiques et seulement accessibles à certains budgets. Quant aux chaussures, celles en cuir au tannage sans chrome et aux teintures végétales sont, d’après mon expérience, les seules qui soient véritablement durables et biodégradables…

Alors si je pars du principe que la nature est bien faite… je me demande: existe-t-il des alternatives écologiques, végétales et biodégradables… et accessibles à tous, notamment pour le cuir et la laine? Ou bien est-ce naturel et acceptable d’utiliser la laine de certains animaux, si celle-ci est tondue dans des conditions qui ne nuisent aucunement au bien-être animal? Et serait-ce naturel et acceptable de récupérer le cuir d’une vache morte naturellement par exemple? Sinon, quelles options nous reste-t-il? Car les fibres synthétiques, quelles qu’elles soient, ne constituent en rien des alternatives éthiques et écologiques non plus. Alors même si j’aimerais que ce soit le cas, je ne vois pas comment, à l’heure actuelle, une garde-robe qui se veut éthique et écologique pourrait être végane.

J’ai donc plus de questions et de doutes que de réponses… mais j’ai aussi plusieurs certitudes. Tout d’abord, l’on peut amplement se passer de soie, d’accessoires et de vêtements en cuir et en fourrure. Ensuite, si chacun-e d’entre nous apprenait à se contenter du minimum, dans tous les domaines du quotidien, et dans sa garde-robe en particulier, l’industrie textile n’aurait plus besoin de produire en masse et à n’importe quel prix… Il serait alors peut-être possible d’envisager un mode de production durable et plus sain, autant pour l’environnement que pour les êtres vivants… en attendant, je l’espère, de trouver des matières végétales et écologiques qui répondraient à tous nos besoins vestimentaires.

Moutons

Je pense que ce sujet, aussi important que délicat, mérite réflexion et discussion. C’est pourquoi j’ai invité ceux qui le souhaitaient (via le groupe Facebook des éco-défis) à partager leur avis sur cette question (en moins de 500 mots!). Voici donc leurs réponses…

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Myriam Underwood, fondatrice de JUSTE, la révolution textile

Lorsque j’ai créé ma marque, j’ai dû prendre des décisions parfois pas évidentes. Par exemple, faire du bio, oui, ce serait idéal, mais dans ce cas-­là, pas de production locale possible, pas de transparence. Privilégier les matières recyclées, oui, pourquoi pas, mais alors, impossible de contrôler l’amont de la filière comme la culture des matières. Proposer des prix accessibles, oui, c’est indispensable, mais une production française coûte cher. Lorsqu’on créée une marque, on doit se positionner et trancher au mieux, ou plutôt au moins pire. Fabriquer des vêtements véganes pour l’hiver signifie l’utilisation de fibres synthétiques. Cela sous­-entend, faible biodégradabilité, composition chimique à base de pétrole, toxicité pour l’environnement et la santé et beaucoup d’énergie utilisée pour la production de cette fibre artificielle. C’est un choix possible, pas complètement satisfaisant non plus.

Ce qu’on voit aujourd’hui dans les reportages sur l’élevage et l’abattage d’animaux dans des conditions cruelles pour l’industrie de la mode est totalement intolérable et inacceptable. Il faut s’insurger et se battre contre cela. C’est à nous, fabricants, de s’assurer de la provenance des matières qu’on achète et des conditions dans lesquelles elles sont produites.

Mais c’est un point qui fait partie d’un grand tout.

On traite les animaux comme on traite les humains, comme on traite notre planète. Avec une profonde indifférence. Lorsqu’on achète un vêtement à bas coût, on sait ce que cela signifie : des conditions dégradantes, des horaires impossibles, aucune considération pour les humains, le travail des enfants et des accidents intolérables comme le Rana Plaza. Il y a un temps pas si lointain où acheter un vêtement était occasionnel, un luxe. On le gardait toute la vie et on en prenait soin. L’industrie textile était autre alors. Il n’y avait pas de « petites mains du bout du monde », pas de produits toxiques déversés chaque jour dans les rivières provoquant mille désastres écologiques et humains, pas d’immenses élevages d’animaux traités comme des choses et dont on nie la souffrance.

Les élevages intensifs à destination de l’industrie de la mode ont vu le jour pour subvenir aux nouveaux besoins des acheteurs qui consomment avec frénésie, toujours plus et toujours moins cher. Les usines textiles comme les exploitations agricoles doivent être intensives pour pouvoir être rentables. Ni les humains ni les animaux ne sont respectés, tout est organisé dans l’unique but d’être le plus compétitif possible.

Et si la solution n’était pas plutôt dans une consommation raisonnée et raisonnable ? Une production à côté de chez soi, des achats auprès de producteurs que l’on connait, qui font leur métier par passion. Des petites entreprises qui choisissent leurs partenaires pour leur engagement écologique et leur respect du travail, des hommes, des animaux et de l’environnement ?

Aujourd’hui, pour son alimentation comme pour ses vêtements, on peut choisir des petits producteurs locaux qui élèvent eux­-mêmes leurs animaux, on peut visiter ces fermes, constater soi­-même les conditions d’élevage ou de culture.

Il n’y a pas une seule façon d’être éthique et écologique, comme il n’y a pas de meilleure solution pour consommer, s’habiller. L’important est de le faire en accord avec ses valeurs, de se poser des questions et de toujours continuer à progresser.

© JUSTE, la révolution textile

© JUSTE, la révolution textile

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Solène

Ma réponse, qui n’en n’est pas vraiment une, serait « oui mais pas forcément ». Oui dans le sens ou ce serait un idéal vers lequel tendre tout comme le « zéro déchet » ou le végétalisme. Mais je fais partie de ceux qui pensent qu’on peut faire sa part sans extrême.  Finalement vaut-il mieux un idéal de consommation vestimentaire atteignable par les 0.1% de personnes ultra motivées ou un objectif atteignable par le plus grand nombre. Laquelle des 2 solutions aurait-elle le plus d’impact sur notre planète ? Sur un plan purement individuel, le plus est le mieux serait-je tenté de dire mais alors ou s’arrêter ? une garde robe végane, mais pourquoi pas aussi aucun achat de vêtement ?  sur le plan du collectif, je fais partie de ceux qui pensent que devenir consommateur actif permettra de faire changer l’éthique des grandes marques. Rappelons nous : La campagne sur les fruits et légumes à du se raviser car le postulat de départ de 10 fruits et légumes par jours était si éloigné du consommateur moyen que l’objectif lui semblait inatteignable et pour le coup, il ne tentait même pas de participer, perdant d’avance en quelques sorte. Cela reste pourtant l’objectif idéal sur le plan individuel mais sur le plan collectif, il vaut mieux une population qui essaye à 70% de consommer 5 fruits et légumes par jours que 2% de la population qui tient l’objectif des 10 et le reste qui ne tente même pas..

Je pense qu’il est important de savoir quel est  l’idéal (la garde robe végane, minimaliste, peu de consommation de neuf, recyclage des vêtements…) sans l’imposer comme étant le seul objectif, en dessous duquel la démarche ne vaudrait rien. Dans le postulat « la garde-robe éthique et écologique doit être vegane », on exclut comme démarche éthique et écologique tout ce qui en dessous de cet objectif. Pourtant quelqu’un qui achèterai ses vêtement à 100% sur les vide greniers par exemple ou qui s’imposerait moins de 2 achats de neuf par an ou ne consommerait que sur des marques avec une éthique humaine irréprochable, serait déjà dans une démarche bien supérieure à la majorité des consommateurs…

Donc pour moi la garde robe éthique et écologique IDEALE est végane mais une garde-robe peut être déjà écologique et éthique avant ce stade.

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Clémentine du blog Clémentine la Mandarine

Il me semble logique, pour avoir une garde robe éthique, d’aspirer à une garde robe végane, écologique et équitable.

Cependant, il me semble primordial, avant d’acheter de nouvelles pièces véganes, d’user, jusqu’à la trame, les pièces qui composent déjà sa garde robe, même si elles ne sont pas véganes. Il faut, je pense, éviter à tout prix que le fait de devenir végane ne soit une excuse pour refaire intégralement sa garde-robe. Ce serait, à mon sens, encore pire pour l’animal, car il aurait été utilisé pour rien.

Parfois, il peut devenir difficile de porter un vêtement lorsque nos valeurs changent. Le revendre ou le donner est alors, je pense, une bonne option.

Il reste une question qui me taraude : les chaussures. Le cuir, c’est la peau d’un animal. Mais les chaussures en cuir traité écologiquement, ce sont des chaussures durables, saines, réparables. En quoi sont faites les chaussures véganes ? Si elles sont issues de la pétrochimie, est-ce mieux pour la planète ? A l’échelle globale, mieux pour les animaux ? Si j’évite de prendre sa peau à une vache mais contribue à raser une forêt primaire pour y puiser du pétrole, est-ce vraiment un bénéfice pour les animaux ? La vache est sauvée, l’orang-outan non.

Alors, j’ai tendance à dire : une garde-robe végane, oui ! Mais autant au premier abord qu’à l’échelle globale. En mettant le plus d’éléments à notre disposition dans la balance, pour trouver la solution qui nous semble la plus éthique, et qui n’est pas toujours celle à laquelle on pense en premier.

PS : Si quelqu’un a une solution au problème des chaussures, je prends ! En attendant, j’use et fais réparer mes chaussures en cuir de bonne qualité, que j’ai depuis des années.

Chaussures

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Herveline du blog L’aventure lavable

C’est une question qui me parle vraiment. En effet je ne suis pas vegane (je mange 9O% végétalien car quand nous sommes invités on échappe rarement aux produits animaux), mais de plus en plus je veille à mon impact sur les animaux. Dans ma cuisine, dans mes cosmétiques, et également dans ma garde-robe où je fais attention aux matières d’origine animale. Cela n’est pas sans me poser de questions car des chaussures sans cuir ne veulent pas dire chaussures éthiques pour autant, j’en suis bien consciente… des pompes synthétiques fabriquées en Chine ou en Inde, je ne suis pas sûre du traitement du travailleur ni de sa qualité de vie. L’idéal selon moi serait donc une combinaison de ces deux facteurs, mais je me dis que des objets fabriqués en France ou en Europe, s’ils sont respectueux des animaux par volonté de leur concepteur/fabricant, ils ont plus de chances de l’être des humains….

Maintenant c’est un cadre de réflexion, je n’en suis absolument pas là dans les actes. Ma garde-robe est surtout composée de fringues achetées d’occasion, peu importe la marque, donc pas végane du tout. Mais répondant (un peu) à mon éthique de consommation et de respect de l’environnement puisque ce ne sont pour la plupart pas des vêtements neufs…

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Emilie du blog Nous sommes tous des graines

Je vais uniquement parler du cuir car le sujet de la laine a été très bien développé chez Antigone XXI et qu’à moins de trouver de la laine locale (ça existe!), je n’en achète plus.

Avant, c’est à dire il y a environ 5 minutes, j’aurais dit que je n’avais rien contre le cuir.

C’est vrai, mon choix du végétarisme est principalement dicté par l’écologie, pas forcément par une éthique animale même si j’en ai conscience et que je condamne fermement l’élevage industriel et les pratiques cruelles.

J’accorde beaucoup d’importance au principe d’autonomie locale car je pense que le futur sera – en partie du moins- construit sur des villes et villages capables de subvenir à leurs besoins dans un faible rayon kilométrique. De ce fait, je considère que l’élevage de plein air est une option valable pour assurer une certaine « sécurité » alimentaire mais devrait être concilié à une alimentation majoritairement végétale. Ainsi, la peau des animaux tués pourrait être utilisée sous forme de cuir et intégrer nos vêtements et chaussures. Ne rien gaspiller.

Sauf que.

Sauf que je viens de me renseigner et que le cuir n’est pas aussi écologique que je le pensais. Le tannage et autres démarches sont apparemment des procédés polluant, avec un lourd impact environnemental. Mais comment faisait-on avant alors ? Une ébauche de réponse : on utilisait des tanins végétaux pour stabiliser le cuir (tanin- tannage, il y a de l’idée!). Le problème est que cela prend plus de temps et est plus coûteux que le chrome utilisé. Et en plus, cela utilise beaucoup d’eau.

Que faire alors ? Je ne sais ni si les vaches desquelles provient le cuir ont vécu cloîtrées dans une usine de production, ni comment est traité mon cuir, ni par où et par qui il est fabriqué… Beaucoup de question sans réponse.

Des alternatives existent, mais quelles sont leur qualité en terme écologique, de durabilité et de respiration de la peau ? Oui, on recycle des fibres plastiques, mais on tombe sous la même logique qui veut que les acheteurs de cuir financent la production de viande. Ici les acheteurs de plastique recyclé financeraient l’exploitation de pétrole… Et puis je peine déjà tant à trouver chaussure à mon pied, je me vois mal commander en ligne…

Me voilà donc indécise à espérer que mes chaussures actuelles dureront jusqu’à ce que je vois plus clair ! Je place pas mal d’espoir dans le cuir végétal au départ de feuilles d’ananas mais je pense aussi que, pour être résilient, il faut diversifier les options.

Vache

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Béa

Non pas nécessairement mais j’y mets certaines conditions qui peuvent sans doute sembler arbitraires mais qui ont un sens pour moi. Ainsi l’usage du cuir me pose vraiment problème, et j’aimerais pouvoir m’en passer complètement. Dans ma garde robe, il n’y a que certaines de mes chaussures qui sont en cuir. Je ne trouve pas qu’il y ait à l’heure actuelle des alternatives vraiment satisfaisantes. Je refuse les vestes, les sacs etc faits dans cette « matière ».  Par contre avoir des pièces comme des pulls, des gilets, des gants en laine dont je connais la provenance et les conditions d’élevage (les animaux y sont bien traités) me dérange moins. Je ne suis pas pour privilégier tout en qui est en polaire par exemple, même recyclé, je ne vois pas en quoi c’est plus sain pour son corps et pour l’environnement. Tous les textiles faits à partir de dérivés pétrochimiques sont pour moi à éviter. Mais si j’accepte certaines laines, je refuse l’angora par exemple. L’élevage des lapins et autres animaux à cette fin me débecte autant que celui des animaux pour leur fourrure. En résumé, je distingue le fait de tuer un animal ce que je refuse au maximum, et que j’aimerais pouvoir refuser tout court, et celui d’utiliser sa laine quand c’est a priori dans de bonnes conditions.

Je suis pour privilégier les matières végétales naturelles quand elles sont produites avec bon sens et de façon raisonnable et raisonnée. Je ne crois pas qu’il puisse exister de garde robe idéale qui respecte et prenne en compte tous les aspects qui permettraient de traiter correctement les êtres vivants (animaux d’une part et personnes qui travaillent dans l’industrie du textile d’autre part) et de préserver la planète déjà bien saccagée et qui soient sains. Je fais donc des compromis tout en restant vigilante et en essayant de combiner au maximum tous les critères qui sont importants à mes yeux.

***

Lisie du blog En haut de la côte

Pour planter le décor, je vais me présenter brièvement. Avant toute chose, je ne suis pas végan, ni même végéta*ienne, mais ouverte et intéressée par ces modes de vie. Je suis loin d’avoir le mode de vie idéal que je souhaiterais mais j’y travaille doucement. Coté professionnel, je suis éducatrice à l’environnement et au développement durable, pour faire simple je travaille dans une ferme pédagogique et depuis quelques mois j’ai un projet autour de la laine.

Je pense que cette petite présentation donne déjà une idée de mon point de vue. Alors puisqu’il faut le dire: non, je ne pense pas qu’une garde-robe éthique doit être végan.

Pour ma définition d’éthique, je prendrais en compte ces différents critères:

  • origine des matières premières
  • mode de production
  • mode et lieux de fabrication

Pour moi, le plus important est de miser sur des matières naturelles. On peut donc compter sur les matières végétales lin, coton, bambou, etc mais aussi si les matières animales laine et cuir notamment. Je préfère aussi un produit « raisonné et local » plutôt qu’un produit bio qui vient du bout du monde.

En 500 mots cela va être difficile de détailler chaque matière, je vais donc plus me baser sur les matières qui font débat.

Concernant la laine j’avais lu l’article de Clémentine auquel j’avais d’ailleurs réagi par commentaire. Je pense qu’on peut trouver en France de petits éleveurs et producteurs de laine, qui respectent leurs animaux et ne font pas de surproduction. Alors effectivement production de laine, va de paire avec production de viande ou de lait, mais dans mon alimentation idéale il resterait tout de même une part de produit animal. Et je ne connais pas de matière aussi chaude que la laine. Donc je dis oui à la laine !

Et si on veut jouer la carte du bien-être animal et de la récup, on peut récupérer les poils de son chien et les faire filer !

Pour le cuir, bien que le tannage des peaux soit plutôt polluant, niveau durée de vie et robustesse je ne lui connais pas d’équivalent naturel. Autant pour un sac ou un manteau on peut s’en passer, autant pour les chaussures c’est plus difficile. Et si c’est pour le remplacer par un dérivé de plastique, je dis non merci. Mon idéal de vie tant à réduire les dérivées du pétrole. Exception faite peut être de la fibre polaire issu du recyclage du plastique.

Je ne parlerais pas de la soie car je pense que c’est un produit dont on peut largement se passer. Et la fourrure, je suis tout bonnement contre pour toutes les raisons qui ne sont plus à citer.

Par contre, je tiens à souligner que la France est le premier producteur de lin, c’est local donc ça me plait. C’est une culture qui demande peu de produits phytosanitaires et pas d’irrigation puisque le lin est cultivé dans la partie Nord de la France et la Belgique. Alors OUI AU LIN !

Plumes

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Ève du blog Un Kolibri

Sans équivoque, la réponse est oui.

Et pourtant, même si l’absence de produits animaux est nécessaire dans une garde-robe étique et écologique, une garde-robe végane n’est pas nécessairement éthique et écologique. Oui, elle permet de se positionner clairement en désaccord avec l’exploitation animale dévastatrice, autant sur le plan environnemental que moral, et du spécisme qui sont véhiculés comme normal dans notre société occidentale.

Alors pourquoi est-ce que je porte encore mes vieux bas de laines et que j’ai toujours mes bottes en cuir? Parce que mettre en pratique mes convictions ne me semblent pas si simple. Parce qu’arrêter de cautionner l’exploitation animale, ce n’est qu’une facette de la bataille à mener. Parce qu’il y a aussi la bataille contre le gaspillage, celle contre l’exploitation humaine et donc pour la consommation équitable, celle encore de réduire nos possessions… Et la fâcheuse conclusion, toujours la même, qu’il est difficile de satisfaire tous nos buts à la fois. Et oui, mes vieilles bottes en cuir sont toujours là parce qu’elles étaient là avant que je ne m’intéresse aux questions qui se posent ici et que m’en débarrasser alors qu’elles me servent encore me semble absurde. Parce qu’elles font pour toutes les saisons et qu’elles durent depuis bien longtemps alors que toutes mes autres paires passées achetées sans cuir n’ont plus été bonnes à rien après la moitié d’une année. Mais voilà, je redoute le moment où elles lâcheront pour de bons et où je me trouverai obligée de poser un geste d’achat. Un geste politique qu’il est bien difficile de faire de façon écologique et éthique à la fois. Un geste que j’aimerais le reflet de mes valeurs mais qui  m’impose bien souvent quelques remords de conscience.

Malgré tout, la garde-robe végane est pour moi un objectif à long terme. Oui.

Mais un parmi tant d’autres, il faut le dire.

Prenez-le comme une invitation à ne pas profiter des autres espèces, mais en n’oubliant pas les humains dont le cœur bât et ceux dont le cœur bâtera dans un futur proche et incertain.

Parce que se contenter d’acheter du coton pour remplacer la laine, c’est régler seulement une partie du vaste problème… Et si on ne fait pas attention, c’est cautionner d’autres pratique immorales.

Surtout, soyez fiers des petits changements que vous apportez à votre garde-robe pour le mieux : ils sont les graines de grands changements à venir.

***

Merci à toutes celles qui ont pris le temps de répondre à ma question!

Je vous invite également à partager votre point de vue (avec autant de mots que vous le souhaitez!):

  • Soit en laissant un commentaire ci-dessous,
  • Soit en publiant un article sur votre blog/site si vous en avez un. Vous pourrez ensuite m’envoyer le lien vers votre billet et j’inclurai ce lien ici:

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32 commentaires pour Pour être éthique et écologique, une garde-robe doit-elle être végane?

  1. folie verte dit :

    Coucou ! Je vois qu’on a les mêmes préoccupations :)) Je viens justement de me procurer des coupons de cuir issus de tannage végétal pour me coudre de la maroquinerie. Sauf que malgré tout je ne suis absolument pas sur que l’animal ai été traité avec respect, bref j’aime le cuir et j’aime les animaux..alors je fais quoi moi :)))) Par contre j’ai de bon filons pour la laine, c’est une personne que j’ai rencontré sur un marché et qui travaille vraiment avec passion : http://www.laroulottedeslaines.com/index.html . En attendant il faut que je m’initie au tricot et l’hiver prochain j’aurai végannement chaud !!!

  2. Gael dit :

    La question s’est posée à moi, quand arrivée à la trame de mes chaussons synthétiques-qui-me-faisaient-puer-des-pieds (et qui me faisaient mal aussi), et ayant cassé ma dernière paire de tongs (note bien le côté polluant des 2 > je n’ai pas trouvé de solution pour le recyclage des tongs sauf les envoyer en Afrique!), j’ai cherché à vêtir mes petons de quelque chose de plus respectable et plus respectueux… mon choix s’est porté sur les chaussons en laine et latex Giesswein, ça vaut un bras, mais la nana d’une enseigne de sport qui me les a conseillés m’a dit qu’elle avait les siens depuis 4 ans, qu’elle les passait en machine et qu’ils n’avaient pas bougé… Ils sont juste géniaux, parfaits, et enfin je n’ai plus de problème de pied (on retrouve le grip naturel avec la semelle souple, qu’on perd en portant des semelles rigides). J’avais en gros le choix entre ça, des chaussons de cuir souple (fabriqués en France), et me fabriquer des trucs je-sais-pas-comment-parce-que-je-ne-couds-pas-trop avec des vieilles fringues. Je sais que la laine vient de Nouvelle Zélande, du coup ça fait pollution au méthane+pollution du transport+élevages extensifs+maltraitance plus que probable… contre pollution au méthane+pollution du tannage+pollution du transport en fonction d’où vient le cuir+élevages extensifs+maltraitance plus que probable. Le choix a été « au moins pire » comme déjà évoqué dans un autre commentaire. J’envisage le 3e choix pour mes chaussons d’été… Pour le reste des chaussures je n’en achète pas souvent, mais si je dois en acheter, quitte à investir mon choix se portera sur le cuir car le plastique ne me réussit pas, du coup tout comme d’autres commentatrices, je porterai attention à beaucoup de choses comme le tannage végétal et la provenance du cuir.

    A mon sens, il est indispensable d’utiliser tout jusqu’à la trame (j’ai des tshirts qui ont plus de 15 ans! > bon ok, je ne les mets qu’à la maison XD), de récupérer des fringues ou du linge à droite et à gauche, de donner ce dont on ne veut plus (je le fais peu, vu qu’à un moment ou à un autre je finis toujours par les remettre hihi^^), et de réutiliser les pièces vieillottes (un vieux pull ou une vieille chemise sont parfaits pour faire un coussin pour chat!). Perso je voue limite un culte aux vêtements qu’on m’offre, bien plus qu’à ceux que je peux acheter ahaahah!!! C’est donc pour ça que j’ai pas mal de pulls en laine dans mes placards, un sac et quelques paires de chaussures en cuir, je ne me vois absolumment pas m’en séparer, ça ne rimerait à rien (comme si quand on passe aux produits ménagers écolo-maison, on mettait les chimiques à la poubelle même s’il en reste!!!). Si j’étais meilleure couturière, je ferais des trucs de ouf, ça fait partie de mes projets, mais je n’en suis pas encore là 😄

    Sinon je pense que c’est aussi très important de n’acheter qu’en période de soldes, déjà pour les compulsifs ça limite à 2 fois par an, mais aussi parce que payer un truc la peau des fesses alors que finalement il s’agit juste d’une histoire de marge, et que le gars qui l’a fabriqué il ne touchera pas moins… Enfin, si le budget le permet et si les personnes qui nous font des cadeaux acceptent de le faire sous cette forme, je trouve évident que passer à des textiles moins impactants est très important (ouiiii, le cuir d’ananas!!!!!!). Mais tout le monde ne peut pas se le permettre (et surtout ce n’est pas forcément adapté). Perso je préfère manger bio toute l’année, et acheter le peu de fois que j’achète, soit d’occasion, soit pas trop cher (et le plus éthique possible), mais sûrement pas au prix des pièces que je vois parfois en Biocoop ou sur internet. A ce tarif là, je préfère sincèrement attendre d’acquérir les compétences pour tricoter et coudre moi-même. Concernant le filage de poils de chien, j’ai 2 cartons qui attendent, je ne connaissais que ce site là http://filage.lainecanine.perso.sfr.fr/ 😀

  3. ludivine dit :

    Je rejoins beaucoup Clementine pour les chaussures j’ai choisi mes bottes en cuir tannage végétales. Sinon je reste en baskets coton bio en général. (et pour le reste je suis pour le coton bio toujours !). Merci pour ces différents points de vue !

  4. Milounette dit :

    J’avoue que je rejoint un peu tes conclusions : le cuir et la laine ne me pose pas de problème en soi (si pour le cuir on le ramasse sur des animaux morts naturellement et pour la laine si les chèvres/moutons sont élevés de manière correcte). Après il est vrai que ma démarche est plus motivée par des préoccupations écologiques que animalistes. Pour le reste de ma garde robe, cela fait bien longtemps que je n’ai rien acheté et en tout état de cause je privilégie les achats d’occasion. C’est vrai que le coût des fibres respectueuses de l’environnement peu paraître au premier abord élevé, mais si on le met en rapport avec le nombre d’année que l’on va porter un vêtement de bonne qualité, ça vaut le coup! J’ai certains vêtements depuis presque 15 ans!
    A mon sens, privilégier la seconde-main et la récupération est le meilleur moyen de casser cette industrie vestimentaire qui organise le trop… A défaut, de belles pièces que l’on a pris le temps de désirer et de choisir, en respect avec ses convictions écologiques, voilà ma philosophie….

  5. Kolibri dit :

    Je suis bien heureuse de lire l’article… Et contente de constater à quel point la réflexion peut être vaste et belle… Qu’on peut y aller dans les nuances! Et puis, je me sens moins seule niveau soulier maintenant… 😉 Merci Natasha pour cette belle idée!

  6. Emilie dit :

    C’est un bel article d’échanges =) je rejoins celles qui privilégient le local. Mais au final, on revient au même point: consommer informé(e)s, consommer raisonné. Donner une longue vie à ses vêtements, éviter le superflu typique de la « mode » (comme ces horribles vestes en peau de lapin que je vois régulièrement… brrr =/ ). C’est toujours une affaire de compromis, et j’aime autant acheter une bonne paire de chaussures qui me dureront des années, fabriquées avec une limitation de l’empreinte écologique via des tanins végétaux. L’info en plus que j’aimerais avoir, c’est la provenance du cuir (élevage industriel ou en plein air).
    Merci à toutes pour l’échange =)

  7. Laëtitia dit :

    Ah, je voulais répondre quand j’ai vu « l’appel à témoin » mais j’ai oublié ! Je voudrais aborder un sujet qui semble faire l’unanimité : la fourrure. Pour tout le monde, c’est tabou et c’est mal. Et effectivement, quand on voit comment fonctionnent les fermes d’élevages d’animaux, y a pas grand chose de plus à dire. Mon problème c’est que j’adore la fourrure, ce qui est peu compatible avec mes opinions (je suis une fervente défenseuse de la cause animale). Je trouve qu’en plus d’être belle et très chaude, la fourrure est une des matières les plus naturelles (à la base, pas telle qu’elle est faite aujourd’hui).

    Je voulais une toque en fourrure depuis des années, mais je ne voulais pas en acheter à cause des raisons que l’on connait. Et puis un jour, j’ai trouvé chez la cousine de ma mère une peau de renard. Sa tante avait trouvé l’animal mort au bord de la route et avait tanné la peau. Je l’ai récupéré et une amie m’a cousu une toque avec. Depuis, j’ai aussi récupéré un faux col en fourrure qui appartenait à mon arrière grand mère. Je n’aurait jamais acheté, je n’en achèterai jamais et je continue à me battre contre la production de fourrure.

    Mais je trouve que cette matière est tellement diabolisée et tabou que ça empêche la discussion et donc la réflexion. Déjà personnellement je passe constamment pour un monstre parce que j’en porte, quand je dis que j’adore ça j’ai l’impression qu’on va me frapper, ce qui est assez désagréable mais soit. Le problème c’est que la fourrure fait tellement consensus que beaucoup d’association de défense des animaux en font leur cheval de bataille et occultent totalement les autres problèmes liés à l’habillement (le cuir, la laine, le synthétique). Je me suis souvent fait insulter par des gens qui se sentait des gentils « défenseurs d’animaux » mais qui achetaient des chaussures en cuir de basse qualité (ce qui signifie des animaux mal traités, et souvent humains aussi…) sans que cela leur pose aucun problème. Je vois aussi très très souvent des gens/associations qui se battent contre la fourrure et à côté de ça faire l’apologie de la fourrure synthétique ce qui me paraît un peu incohérent.

    voilà 🙂 Je ne veux surtout pas que mon message passe pour une apologie de la fourrure, mais je pense que les problèmes que pose la fourrure sont les mêmes pour le cuir et la laine. Que comme pour le cuir et la laine, il existe encore des manières de produire ça de manière éthique. J’ai adopté la technique que j’ai utilisé pour ma fourrure à tous mes achats : je n’achète rien de neuf, et si un jour je dois le faire, je choisirai quelque chose de vegan, bio et éthique, si possible local (ça fait beaucoup, ça risque d’être dur à trouver).

    Merci d’avoir ouvert cet espace de réflexion, on a tendance à oublier tous les problèmes liés à l’habillement, c’est important, je trouve, de pouvoir en discuter. 🙂

    • Emilie dit :

      Merci pour ton partage sur un sujet qu’on a un peu vite éludé, c’est vrai !
      Pour la fourrure, très honnêtement, je trouve qu’il s’agit d’un luxe – sauf si tu vis dans des régions très froides où ça pourrait se comprendre. Et outre, contrairement au cuir – où a priori l’animal est mangé en plus, la fourrure est uniquement prélevée pour l’habillement, et n’est en général pas « vital ». Et cela me pose personnellement un problème. Tu m’as en effet ouvert les yeux sur le fait qu’on critique ceux qui portent de la fourrure alors qu’on cautionne le cuir de mauvaise qualité…Merci =)
      Mais c’est vrai que les goûts sont différents mais je trouve ta démarche très cohérente avec tes idées et je t’en félicite !
      Bonne journée =)

  8. Pour ma part, je ne porte pas de cuir, ni de soie car je n’aime pas vraiment ces matières… donc c’est déjà ça de gagné. x) Aussi, j’achète vraiment très peu de vêtements, à peine 2/3 fois par an, je ne ressens pas le besoin d’en acheter vu ce qu’il y a déjà dans ma garde-robe.
    Aussi, notre entourage nous donne des vêtements d’occasion.
    Je n’avais presque jamais pensé au souci animalier pour nos vêtements… Mais du coup, la laine que l’on achète pour tricoter… c’est « mal » écologiquement parlant? (question peut-être stupide mais je la pose quand même xD).

  9. thegreenwasher dit :

    Il y a beaucoup de niveaux de réflexion pour répondre à ta question Natasha ! Et les commentaires enrichissent ton itinéraire personnel, c’est très appréciable.
    J’ai été marquée par l’article d’Antigone XXI sur la laine. Pourtant se pose la question de la tradition pastorale en France et du maintien du savoir-faire artisanal, notamment la laine produite dans la région de Sisteron connue pour l’élevage de l’agneau.
    Quant au cuir j’ai pu lire un article dans M le Magazine du Monde qu’une réflexion était en cours chez les éleveurs bovins pour développer de bonnes pratiques d’élevages, assurant de fait une bonne qualité de cuir > http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2014/11/25/le-luxe-veut-sauver-ses-peaux_4526441_4497319.html?xtmc=filiere_cuir&xtcr=2
    Je n’ai pas encore trouvé de réponse au dilemne de la garde-robe végane mais je crois que je la trouverai en chemin du moment que j’ai adopté la slow fashion !

  10. Je rejoins l’avis du Kolibri !

    Pour les personnes qui s’interrogent sur le cuir, ce n’est pas plus éthique que la laine. On tue pour ça. Ce n’est même pas la peau d’animaux mangés. Ce sont majoritairement des vaches indiennes et c’est une industrie atroce. Je vous laisse chercher plus d’info à ce sujet, mais on ne peut pas dire honnêtement qu’il y ait quoi que ce soit d’éthique là-dedans.

    Les cuirs végétaux (cuir d’ananas) devraient se développer dans le futur.

  11. christine dit :

    J’ai fait le choix dans un premier temps de réduire ma garde robe, ensuite de remplacer les pièces qui était en fin de vie: Pour les chaussures je préfère le cuir, pour les pulls, gilet, bonnet, écharpe de les faire moi-même je récupère dessus les boutons et je prends des fils naturels l du genre ‘made in France’ ,pour les jeans il dure à condition de ne pas les choisir délavés: je n’ai pas encore eu besoin de les remplacé mais quand cela sera le cas je choisirai du made. in France!!! Mais à partir du moment ou il y prise de conscience de la façon, l’endroit etc…où ces articles ont été fabriqué alors la je cherche encore la solution/ quelle marque privilégier, la ‘moins pire’ ou la plus écologique’ mais après le prix que l’on peut y mettre, pour le végan certaines fibres ne sont pas si facile à entretenir, sont-elle durable même si elle sont entièrement biodégradable, Plus j’avance dans cette écho-défi plus il y a de questions et peu de réponses!!! enfin pour le moment

  12. JOëlle dit :

    Je rejoint l’avis de « Solène ». OUI pour une consommation raisonnée, pour participer au mieux sans se mettre la pression pour atteindre la perfection, mais agir qd même.
    Je pense comme toi qu’il est préférable que la majorité fasse un petit pas plutôt qu’une minorité un grand pas vers la consommation éthique et respectueuse de l’environnement et des animaux.
    Comme toi Solène, j’achète pratiquement tous mes vêtemenst dans les vide-greniers, ne fait jamais les boutiques, sauf 2 fois par an, pour les soldes, en sachant exactement ce que je veux et en privilégiant un minimum d’article, mais du beau, du durable. Cette démarche me procure beaucoup de plaisir en étant en harmonie avec mes idées, loin de la stée de consommation et de cette profusion de vêtements industriels que je ne supporte plus. D’ailleurs, je constate que les magasins se vident peu à peu, de plus en plus de personnes nous rejoignent en devenant consomacteurs et c’est chouet.

  13. L'apprentie ecolo dit :

    Je crois que c’est la première fois que je commente sur ton blog alors que je suis ton blog depuis longtemps. Je suis en plein de cette réflexion concernant une garde-robe éthique, respectueuse des animaux, de l’environnement et des être humains. Et comme toi, je trouve qu’il est difficile de faire les bons choix.
    Je me suis fixée quelques règles, que j’essaie d’appliquer dans une ordre bien précis : 1) J’utilise ce que j’ai déjà et qui en bon état (et qui n’est ni écologique, ni végan la plupartt du temps), 2) J’achète d’occasion en privilégiant les matières naturelles (lin, chanvre, coton, laine, etc), 3) si j’achète neuf, je m’oriente vers des marques éthiques qui utilisent des fibres naturelles.
    Dans tous les cas, j’essaie de choisir l’alternative la moins polluante (si j’ai le choix entre un t-shirt en lin et un t-shirt en coton, j’opte pour le lin) et la plus respectueuse des animaux (si j’ai le choix entre un pull en laine et un pull en chanvre, j’opte pour le chanvre).
    Pour les chaussures, c’est un peu un casse-tête. Il existe des chaussures écologiques mais pas forcément véganes et des chaussures véganes mais pas forcément écologiques. Je n’ai pas encore trouvé de marque qui allie les deux. Alors je fais avec mes vieilles chaussures en cuir et en matières synthétiques en espérant qu’elles dureront le plus longtemps possible (je me fait pas beaucoup d’illusion pour le synthétique) en attendant que le cuir d’ananas arrive sur le marché.

  14. Lilabio dit :

    Bonjour Natasha, merci d’avoir ouvert un espace de dialogue sur le sujet de la mode éthique et écologique. Pour commencer, je ne suis ni végétarienne ni vegane. Je mange peu de viande mais j’en mange, et je mange du poisson et du miel. Mais je mange bio et local dès que c’est possible. Je défends la cause et les droits des animaux et condamne tous mauvais traitements, et donc les élevages extensifs. Concernant l’habillement éthique et écologique, c’est encore très compliqué de trouver de bons compromis, c’est-à-dire aussi accessible en terme de prix. Mais je proscrit toujours le made in china et privilégie toujours le made in France et les matières naturelles. Le plus compliqué c’est l’achat des chaussures …. Je ne suis pas pour les positions extrêmes et je rejoins l’avis de Solene pour que l’évolution écologique soit accessible au plus grand nombre même si je crois que les « passionnés radicaux » éveillent nos consciences et heureusement. J’ai découvert récemment l’expérience d’un type qui recycle la peau des saumons pour en faire « du cuir » et ainsi ne pas perdre cette ressource. d’un autre qui recycle les noyaux d’olives pour en faire du substrat de chauffage. Alors un grand oui à toutes les initiatives pour trouver de nouvelles sources de matières premières pour nos vêtements et nos chaussures !

  15. Oh là, sujet très difficile.

    Premièrement, je ne suis pas végan, ni végéta*ienne. J’ai découvert le mouvement végan, il y a quelques mois (seulement) et franchement, au début, je ne comprenais pas le problème d’utiliser de la soie, de la laine ou du cuir. Puis comme je suis curieuse, je me suis renseignée ici ou là, sur le net, pour mieux comprendre. Ce qui m’a fait changer mon point de vue pour la soie. En effet, ce tissus n’est pas indispensable dans une garde robe. Ceci étant dit, il me semble avoir lu que certains producteurs attendaient que la chrysalide se soit transformée pour utiliser le cocon (comme je crois pour la soie sauvage). Mais cela doit être très rare (j’avais en mémoire un article que je voulais mettre en référence, mais je ne le trouve plus).

    Pour le cuir : j’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’un mode de recyclage d’un déchet. En général, on tue un animal d’abord pour la viande et non pour le cuir. (j’espère que je ne vais heurter personne car ce n’est vraiment pas le but). Pour des chaussures, je pense, qu’à ce jour, il n’y a pas mieux (au vue des conditions climatiques où j’habite : ouest de la France). Je suis preneuse effectivement d’autres matièrse ayant les mêmes qualités et étant biodégradables. Je préfère réduire mes articles (un dizaine de chaussures, une ceinture et un sac à main) et petit à petit, je renouvellerais, en fonction des besoins, par des articles en cuir avec un tannage végétale.

    Pour la laine : l’animal n’est pas tué. La Laine a des propriétés isolantes irremplaçables. Je tricote mes pulls. Je m’efforce donc de trouver des laines recyclées ou provenant d’élevages certifiés (bio notamment) et de préférence français. Mais je n’ai affectivement aucune garantie quand au mode de « prélèvement » de la laine.

    Je n’ai pas d’avis tranché, mais à ce jour, il me semble difficile de me passer de laine ou de cuir. Mais dans tous les cas j’essaie de faire des achats plus raisonnés : moins en quantité et plus en qualité. Pour des raisons personnelles (je ne supporte pas l’acrylique), je privilégie les matières naturelles et c’est déjà difficile de trouver un pull avec moins de 50% d’acrylique de nos jours (c’est la raison pour laquelle je me suis remise au tricot). Je renouvelle donc ma garde robe petit à petit en achetant des produits de meilleurs qualités (plus durable, plus biodégradable, plus naturelle en somme) mais avec un cout bien plus élevé.

  16. Bonjour, et merci pour cet espace de partage et de réflexions. Nous sommes la Confédération européenne du lin et du chanvre. Une association de plus de 10 000 adhérents de toute la filière (de l’agriculture au produits finis en mode, décoration et innovations post pétrole). Peu de gens le savent, mais 85 % du lin mondial (et le chanvre dans une autre mesure) est cultivé sur une bande de terre qui va de Caen à Amsterdam (65 % de la production mondiale est française). C’est la seule fibre naturelle européenne, elle est un allié écologique d’importance (puits de carbone, nettoyage des sols, sauvegarde des paysages et de la biodiversité). Grâce au travail acharné de toute la filière, les innovations textiles et hors textiles permettent aujourd’hui d’utiliser le lin toute l’année sous toutes ses formes. C’est la matière #vegan par excellence (elle peut être imperméabilisée pour des vêtements de pluie ou des chaussures portables en hiver): Maille de lin, lin lavé, lin imperméable…. La Confédération européenne du lin et du chanvre travaille également toute l’année en partenariat avec des universités (R&D sur des composites renforcés à base de fibre de lin ou de chanvre en remplacement des fibres de carbone ou de verre). Les développements sont aujourd’hui disponibles dans des applications loisirs (de la raquette de tennis en passant par les skis, et même des bateaux), aéronautique ou automobiles (PSA). Pour plus d’info sur ces fibres rejoignez-nous sur Facebook (La Confédération européenne du lin et du chanvre). Vous y trouverez toutes les infos sur ces fibres et des résultats d’étude comparatives qui mettent en lumière les qualités du lin. Un onglet spécial OUTIL vous permettra de télécharger gratuitement des ouvrages spécialement édités pour l’information du public. Et quelques brèves historiques qui racontent l’histoire de cette fibre qui a été un des fleurons de l’Europe pendant plusieurs siècles (et qui revient au premier plan aujourd’hui). ui sur notre blog :http://europeanlinenandhempcommunity.eu.
    Notre site officiel : http://www.mastersoflinen.com
    Bienvenue dans le merveilleux monde du lin et du chanvre européens 🙂

    P.S Il existe de très belles marques de chaussures Vegan qui n’ont pas à rougir côté style pour Femme et Homme (Bourgeois Bohême, Beyond Skin, Veja, Faguo). Et ce n’est qu’un début.

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  18. blogplanetaddict dit :

    Cet article est hyper interessant et souleve de bonnes questions. C’est un sujet très complexe car si l’objectif est d’etre ethique, alors selon moi, la garde robe ne doit pas forcément être végane SI par exemple elle est déjà minimaliste, faite de matières naturelles non traitées, composée de pièces de seconde main, équitable, ou de produits animaux si cela est fait dans le respect. Ça bien sûr c’est la théorie, encore faut-il trouver les bonnes marques. Ou trouve-t-on de la laine écolo? Le cuir vient d’un animal mort donc non ce n’est pas éthique, mais c’est réutiliser une partie qui serait jetée donc oui c’est « responsable ». Quoique l’industrie du cuir est très complexe, et pour avoir travaillé sur le sujet, contribue aussi grandement à la déforestation.
    Si notre objectif est de laisser les animaux tranquille, alors oui la garde robe végane me parait logique.
    J’ai lu toutes les contributions et je les ai trouvé très très utiles. Notamment aussi celui de dire qu’il fait aussi penser à quelque chose de faisable pour le plus grand nombre.
    Pour moi, le problème principal, qui a été soulevé, est celui de la mode et de la surconsommation. Si déjà on minimalisait, je pense qu’on règlerait une grosse partie du problème. Les produits proposés seraient plus chers, mieux faits, plus durables, plus respectueux. Le problème c’est que ça bute avec le concept de notre société actuelle. Le fond du problème serait de trouver un modèle économique viable et pour le moment celui que je vois se dessiner, basé sur plus d’autosuffisance et de petits commerces me semble difficilement atteignable pour l’instant. C’est pour cela que dans l’attente, je salue l’initiative de nouvelles marques éthiques qui émergent, en proposant une alternative sur le marché tel qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas évident et c’est dur de remplir tous les critères, mais ça laisse le choix d’aller vers ce qui nous importe le plus.

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  24. soline dit :

    Je tombe sur cet article lors d’une recherche sir l’éthique.
    Il est vrai que ce thème soulève plein de question mais aussi des contradiction.
    Ce que je retiens des témoignages et qui correspond assez à mes valeurs, c’est la production locale et les petits producteurs. Je suis assez d’accord, avec le point de vue disant que ces derniers sont respectueux de leur animaux. Ayant dans ma famille un èleveur de vaches ( pas non plus une centaines), je sais que toute la famille des parents aux enfants en prennent soin.
    De plus, je suis aussi d’accord avec le point de vue, disant, que l’alternative issue de plastique recyclé ou autre matière non naturelle n’est pas la solution. Si l’on veut faire attention aux animaux mais aussi à l’environnement autant choisir des matières naturelles en tout genre.
    La solution est aussi dans les matières de qualité, une garde robe durable est une garde robe qui meut traverser les années. Plus un vetement durera moins on aura besoin d’en racheter, donc moins de déchets d’une part, moins besoin de production de masse, et peut être plus de respect pour les animaux.
    De mon coté, j’achète de l’occasion car oui c’est déjà moins cher, mais aussi une seconde vie aux vêtements et un déchets en moins . Ensuite maintenant quand j.achete du neuf, c’est un vetement dont je suis sure de la durée. Alors oui parfois, c’est une marque, mais je préfère payer une fois le prix que vaut par exemple une bonne et belle paire de chaussure, plutôt que d’acheter chez le Chinois et devoir renouveler tous les ans!
    Ensuite, pour tout ce qui est achat, je privilégie les petits commerçants, plutôt que d’enrichir encore plus un grand groupe.
    Voila mes valeurs, qui sont à la fois éthiques et écologiques.

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  26. Aline dit :

    Et bien je ne m’étais jamais posé la question…. (honte sur moi)
    Et je vais vite remédier à ça ^^ je vais donc revoir ma garde robe et y penser sérieusement.

    J’ai l’avantage de ne pas aimer faire les magasins ni dépenser pour des vêtements qui ne sont pas nécessaire, j’ai le stricte nécessaire… mais peut-être qu’un petit tri sera encore nécessaire ^^

    Encore un élément à rajouter à ma liste d’objectif à faire pour une vie écoresponsable ^^

  27. Hello Natasha,
    Merci pour cet article – encore une fois – super intéressant ! Véganisme, écologie, et éthique, je trouve que ce sont plusieurs questions qui vont de pair. Pour ma part, je n’achèterai plus de produits animaux, mais je continue à porter mes anciens articles en cuir notamment. Et ton article me déculpabilise un peu de le faire car je trouvais ça totalement non écologique de m’en défaire pour racheter derrière, même si je me sens parfois mal à l’aise à l’idée de porter de la peau. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, si je vais finalement tout vendre ou pas. J’essaie en tout cas de concilier seconde main, et peu d’achats vraiment nécessaires car je n’ai pas encore les moyens de consommer des marques éthiques comme j’aimerais pourtant le faire. 🙂

    • La question de la garde-robe végane est très complexe et délicate en effet… Je comprends que certaines personnes aient du mal à continuer de porter des vêtements/accessoires/chaussures en matière animale. Personnellement, cela ne me pose pas trop de problème d’utiliser ceux que j’ai déjà alors je continue de les porter. Je dois également avouer que cette année j’ai encore acheté 2 pulls en laine (Juste et People Tree) et 2 paires de chaussures en cuir car c’était, après de nombreuses recherches longues et frustrantes, les meilleures options (bien qu’elles ne soient pas idéales) que j’aie trouvées pour remplir mes besoins immédiats. La question des chaussures est vraiment la plus complexe pour moi…

  28. Bonjour, je me pose toujours la question de durabilité et robustesse quand j’achète quelque chose, quoi que c esoit. Je voyage beaucoup, je n’ai pas beaucoup de vêtements, je marche, je suis dehors, je travaille dans des fermes, et j’use mes chaussures… J’ai il y a 5 ans acheté sur leboncoin une paire de Dr Martens (en cuir donc), et elles sont toujours vivantes et m’ont bien sauvé la vie grâce à leur robustesse. Entre-temps j’ai acheté une paire de pompes sans matière animale (sauf la colle… ) qui est morte en quelques mois, la faute a mon train de vie. Je vois que la questions des chaussures reste compliquée, je me demande toujours, qu’est ce qui est le plus durable entre une paire de pompe en cuir qui vivra de 5 à 7 ans ou racheter chaque année des chaussures qui s’usent vite ?

  29. Ping : Fâchée avec ma penderie! Réflexion sur les vêtements éthiques

  30. Ping : Pourquoi La révolution textile est-elle devenue végane ? | Échos verts

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