Super Trash, une autre vérité qui risque de déranger…

Le 9 octobre 2013 sortira Super Trash, un film documentaire au sujet de la décharge de Villeuneuve-Loubet, dans les Alpes Maritimes, au sud de la France. 

Des plages d’Hawaï aux montagnes d’ordures…

La décharge de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, en juillet 2009. © STEPHANE DANNA / AFP

La décharge de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, en juillet 2009. © STEPHANE DANNA / AFP

Ce film est le résultat de 14 mois de tournage au coeur de la décharge où finissent notamment les fameux tapis rouges du festival de Cannes. Ce film, c’est le cri d’alarme de Martin Esposito, un français de 36 ans qui a un jour décidé d’abandonner sa combi de windsurfeur pour plonger dans le monde des déchets…

A la fin des années collège, Martin décide de quitter la France pour Hawaï, le lieu rêvé pour s’adonner à sa passion pour la planche à voile. C’est là qu’en 1994, à l’âge de 16 ans, il rentre dans la légende du windsurf en finissant 2ème de la Maui O’Neil. Puis en 2002, il finit par rentrer en France où, entre autres, il joue dans différents films.

« Un déclic… Un choc… Une évidence »

Une vérité qui dérange

Et c’est justement en regardant un film, Une vérité qui dérange d’Al Gore, sorti en 2006, qu’ont lieu  “un déclic… Un choc… Une évidence”: Martin décide d’aller voir de ses propres yeux les décharges à ciel ouvert tout autour du globe. En mai 2008, il entame donc son projet à la décharge de Villeuneuve-Loubet où il envisage de passer une semaine à filmer les va-et-vient des camions à ordures et tout ce qu’ils y abandonnent… Une semaine qui s’est finalement transformée en 14 mois. 14 mois pendant lesquels Martin a littéralement vécu au coeur d’une décharge, fait de cet espace sordide son toit, son terrain de jeu et de travail.

Un drame environnemental et écologique

© Super Trash Le Film

© Super Trash Le Film

Selon la description de Philippe Dourroux dans Libération, “Martin enregistre tout : les petites combines quand il s’agit de balancer des hydrocarbures sans autorisation, les poubelles de cartons et de plastique correctement triés mais bazardés n’importe comment et n’importe où. Ou encore ces milliers d’emballages plastiques jetés neufs, sitôt fabriqués” et même des poulets morts. Finalement, réalisant l’ampleur des dégats à Villeuneuve-Loubet, Martin abandonne son idée de tour du monde pour se faire témoin du “drame environnemental et écologique” qui touche son propre pays. Comme il l’explique sur son site, “très vite j’ai vu que la folie humaine était aussi présente chez moi, en France. J’ai vu les rivières empoisonnées par ce jus de décharge dont je ne connaissais pas encore le nom : le lixiviat(Source).

Il n’est pas encore trop tard

Après ses découvertes macabres et révoltantes, Martin entame, avec le soutien de sa mère, Philomène Esposito, la réalisation de son premier long-métrage: Super Trash. Pour Philomène, “ce film était une nécessité. Sa nécessité. Martin m’a transmis sa rage, sa révolte, à un moment de ma vie où j’avais l’impression que j’avais accompli certaines choses et je pensais pouvoir être satisfaite. Mais tout a basculé avec la production de ce film. Grace à Martin, à son film, je ne peux plus faire semblant” (Source).  A travers ce film Martin espère faire comprendre « qu’il n’est pas encore trop tard”. Selon lui, “nous pouvons encore arrêter ce désastre. On doit agir. On doit se remettre en question, revoir toute la chaîne de production et de consommation… du début à la fin”.

Un film qui risque de passer inaperçu…

Affiche du film Super Trash

Super Trash étant une production et une distribution entièrement indépendantes, le film ne bénéficiera malheureusement d’aucune grande campagne publicitaire. Depuis le mois d’août, Martin et ses supporters organisent donc plusieurs avant-premières et soirées-débats à travers la France tout en menant une campagne de financement participatif sur Movies Angels. Il leur reste 18 jours pour récolter la totalité des 30 000 euros nécessaires à la promotion du film. Rien qu’à voir la bande-annonce de Super Trash, il n’y a aucun doute: on ne jettera plus rien à la poubelle sans se demander où finiront nos déchets. Qui plus est, où qu’ils aillent, chaque spectateur sera dorénavant conscient que nos détritus ne se volatiliseront pas, que leur pollution volera des vies et qu’elle finira certainement par jeter la nôtre en l’air… Comme le dit si bien l’expression, “Il faut le voir pour le croire”…  alors espérons que nous serons nombreux à contribuer à la promotion et à la visibilité que mérite Super Trash.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du film et celui de sa campagne de financement participatif.

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4 commentaires pour Super Trash, une autre vérité qui risque de déranger…

  1. Audrey dit :

    Lorsque j’était enfant et donc vivait chez mes parents en pleine campagne, je jouais parfois auprés d’un chemin passant le long de notre terrain. Il y avait là une butte de terre, dont si on creusé un peu on trouvait des petit objets plastiques, des trucs et des machins. J’imaginais que c’était arrivé ici un peu par hasard, mais mes parents m’ont expliqués qu’il s’agissait d’une ancienne petite décharge, recouverte depuis un moment, mais qui avait du fonctionner dans les années 50-60. Bien sure c’est trés petit, on est dans un coin pas trés habité, mais déja on peut se préfiguré ce qu’une si petite décharge, tenue il y a 50-60 ans, par des paysans donc pas non plus dans la super proconsomation à l’époque, peut laisser comme merde. Alors des « vraies » décharges de maintenant…. Avec toujours plus de produits gachés et dégeux…

    • En effet, les décharges c’est vraiment l’horreur… surtout quand je pense aux enfants dans certains pays en voie de développement qui passent des heures et des heures à arpenter les décharges, pieds nus et sans gants de protection, dans l’espoir d’y trouver des objets qu’ils pourront réutiliser/revendre… Tout ce qu’ils touchent et respirent doit grouiller de bactéries, de produits toxiques. Mais le fait est que ces décharges grouillent aussi souvent de petits « trésors », de choses qu’on aurait pu recycler, réutiliser, revendre… Notre société de consommation me dégoute vraiment. Et puis, que ferons-nous le jour où l’on ne pourra plus rien enfouir sous la Terre et quand les montagnes de déchets commenceront à s’écrouler? Maintenant, à chaque fois que je jette quelque chose à la poubelle je suis pleinement consciente que ce n’est pas un acte anodin et que ce que j’y mets restera-là, quelque part sur ou sous Terre… une trace polluante de plus de mon passage sur la planète…

  2. Audrey dit :

    Je viens de voir la bande-annonce… C’est à pleurer…

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