Partir loin pour mieux se rapprocher de l’essentiel

Le 14 juillet 2012, Tachou et Tintan revenaient d’un voyage à vélo de 463 jours qui les a mené de Grenoble à l’Inde, à travers 27 pays d’Eurasie. Une aventure physique, culturelle et humaine qui a changé la manière dont ils envisageaient de vivre à leur retour. Un an plus tard, ils prennent du recul pour réfléchir à la manière dont ce voyage a finalement modelé leurs envies et leurs choix de vie.

Retour de Tachou et Tintan- échos verts

Se rapprocher de la nature

En voyageant à vélo, Tachou et Tintan ont découvert le bonheur d’avoir tous leurs sens en éveil au quotidien: “Les odeurs de la nature te font sentir vivant!” s’exclame Tachou. Le besoin de vivre proche de la nature, qu’ils ressentaient depuis longtemps, n’a fait que s’amplifier durant leur voyage; il était donc important pour eux de s’installer près des montagnes, de la campagne et d’avoir un jardin tout en ayant un accès facile aux commodités de la ville. Après avoir exploré différentes possibilités, la petite ville de Tarbes a fini par répondre à leurs critères.

Ainsi, c’est dans le sud-ouest de la France qu’ils cultivent leur “émerveillement à la beauté de la nature”, un émerveillement auquel il faut “s’éduquer”, surtout en ville où “l’on oublie très facilement combien on en est dépendant”. C’est donc en restant proche de la nature au quotidien qu’ils font un effort intentionnel pour préserver cette prise de conscience.

L'émerveillement à la beauté de la nature ça se cultive- échos verts

Consommer moins et mieux

C’est toujours dans le souci d’éviter de salir et d’encombrer la planète et de refuser de contribuer à notre société de consommation que Tachou et Tintan prennent chaque décision. Inspirés par le travail de Dragana lors d’un chantier en Serbie, leur intérêt pour la permaculture n’a fait qu’accroître. De plus, ils cultivent leur premier potager et fabriquent leur pain et leurs yaourts entre autres. Pour le reste, ils essayent d’acheter du bio et en vrac. Ils se rappellent avoir été invités pour un repas en Inde, chez une dame dont la cuisine leur semblait “vide” comparée à celles qu’ils avaient l’habitude de voir. En fait, elle n’avait que des bocaux remplis de matières premières à partir desquelles elle préparait tous ses plats. Cette manière de vivre permet à Tachou et Tintan non seulement de manger plus sain mais aussi de produire moins de déchets. Ainsi, en trois mois ils n’ont dû sortir les poubelles que deux fois!

D’autre part, ils ont interrompu leur abonnement chez EDF pour passer chez Enercoop, fournisseur d’énergies vertes et renouvelables. Même si cela coûte un peu plus cher, en fin de compte ils ne dépensent pas plus car ils font dorénavant bien plus attention à ne pas gaspiller d’énergie inutilement. J’entends d’ailleurs Tachou demander à Tintan d’éteindre la lumière qui ne sert à rien derrière eux! L’hiver ils mettent une épaisseur en plus plutôt que d’augmenter le chauffage. Ils se sont également débarassés de leurs possessions superflues, telles que la télé, car selon eux, “moins on a, moins on s’inquiète!”. Consommer moins et mieux fait maintenant partie de leurs priorités.

Le potager du bonheur

Vivre l’instant présent

Ce sont tous ces petits changements qui finalement leur permettent d’avoir une meilleure qualité de vie, un aspect auquel, submergés par les études ou le travail,  ils n’accordaient aucune importance auparavant. C’est après avoir “vu des pépites dans les yeux de ceux qui n’ont rien, et pourtant, sont heureux” qu’ils ont réalisé l’importance de vivre bien, sans laisser le travail ni l’argent devenir une priorité, et de profiter pleinement de l’instant présent. C’est difficile, admet Tachou qui, de nature pessimiste, a été confrontée au manque de confiance en elle. Il faut “se déprogrammer” dit-elle, apprendre à se détacher du matériel et à prendre le bon côté des choses. Pour Tintan, “il ne faut s’attendre à rien”, au risque d’être déçu et “s’investir à 100% dans chaque chose que l’on fait” pour savourer pleinement l’instant présent.

Se poser les bonnes questions

En seraient-ils là aujourd’hui s’ils n’avaient pas fait ce voyage? Pas sûr. Cette aventure leur a permis de prendre le temps de se poser les bonnes questions pour envisager leur vie autrement, plus sainement, plus en harmonie avec la nature et eux-mêmes. Mais a-t-on tous besoin de faire des milliers de kilomètres à vélo pour en arriver là? Non, heureusement! Selon Tintan, il faut avant tout du temps pour soi, pour prendre du recul et pour se poser les bonnes questions, ce qui, au quotidien n’est pas possible. Il est donc essentiel de bousculer sa routine d’une manière ou d’une autre et de savoir prendre des risques pour vivre ses rêves et se sentir libre.

Portrait T&TAvez-vous déjà fait un voyage à vélo? Y a-t-il un voyage qui a changé votre manière de vivre?

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12 commentaires pour Partir loin pour mieux se rapprocher de l’essentiel

  1. T&T dit :

    Salut Gouly,
    Merci pour ton article et long vie à ton blog! Bises
    T&T

  2. G&J ARDON dit :

    Bravo pour cet article fort intéressant. Nous avons hâte d’aller goûter les produits du jardin de T&T.
    Maman & Papa de T

  3. Valene dit :

    Bravo miss pour ton article ! Grenoble est décidément bien petit …
    Je crois bien que Monsieur Tintan a fait sa thèse là où je bosse avant de faire son grand voyage !
    Toujours aussi plaisant de te lire !
    Bonne route à toi !
    Bizz

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  6. Planet Addict dit :

    Super aventure! Voilà, moi aussi je veux partir à vélo maintenant ! 🙂

    • Je n’aurais jamais considéré de voyager à vélo avant d’en parler avec Tachou et Tintan, mais je crois que quand on est motivé c’est à la portée de tous… ça demande juste une sacrée organisation!

  7. Audrey dit :

    Ce témoignage me fait penser (à moindre échelle) par celle vécue par mon ex, qui avait avec un de ses amis fait le tour de la basse Normandie à contre-courant en kayak et en vélo pour les zones non accessibles, en tractant leurs kayac. C’était entre-autre pour montrer que l’aventure peut-être « en bas de chez soit », sans forcément partir loin. Et pour valoriser le coté non polluant, et l’eau dans la régions. Ils en ont fait un documentaire, je ne sais pas si il est terminé. Le projet s’appelait « des gars des eaux ».

    • Cela a dû être une sacrée aventure! Et je suis tout à fait d’accord concernant le fait qu’on n’a pas besoin de partir loin pour se dépayser… j’en parle d’ailleurs dans l’un de mes derniers éco-défis, comme tu le liras certainement très prochainement 😉

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