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Le flux instinctif libre – mon expérience et mes astuces

Cet article est très personnel et intime sur certains points. J’espère que vous n’y verrez là que mon désir de partager aussi ouvertement que possible mon expérience afin qu’elle soit utile aux personnes intéressées par le flux instinctif libre. Par ailleurs, j’ai fait de mon mieux pour m’adresser ici à toutes les personnes qui ont leurs menstruations et pas seulement aux femmes. On associe généralement les règles à la féminité, or, j’ai dans mon entourage des personnes réglées qui ne s’identifient pas au genre féminin. D’où mon désir de rester aussi neutre que possible dans le choix des pronoms employés. J’espère y être parvenue mais si ce n’est pas le cas je vous prie d’excuser ma maladresse. 

Lorsque j’ai pris conscience des problèmes sanitaires et écologiques liés à l’usage des tampons et des serviettes hygiéniques jetables, je n’ai pas hésité longtemps avant de prendre la décision de les bannir complètement de ma salle de bains et d’opter à la place pour des alternatives sans risques pour la santé, moins polluantes et zéro déchet. J’ai d’abord testé les serviettes lavables, puis la coupe menstruelle. Cette dernière me convenait mieux, je la trouvais plus pratique, plus simple à l’entretien, et surtout plus confortable.

Puis, au bout d’un an d’utilisation de la coupe menstruelle, j’ai commencé à m’intéresser de près à l’écologie corporelle et j’ai alors réalisé que le fait d’insérer un objet en silicone dans mon vagin et de l’y laisser jour et nuit plusieurs jours d’affilée pour retenir du sang qui cherchait à s’évacuer me dérangeait. Je suis toujours partie du principe que la nature faisait bien les choses et quand bien même j’ai pendant longtemps perçu mes règles comme une contrainte- associée à une certaine notion d’impureté, à des interdits et à des douleurs-, j’ai fini par apprendre à les considérer comme une fonction saine, naturelle et importante de mon corps. Il s’agissait-là d’un ressenti très personnel, fruit d’une réflexion poussée sur les fonctions naturelles de mon corps.

À partir de ce moment-là, je n’avais plus envie de vivre cette période mensuelle comme une entrave à ma liberté ni d’insérer un corps étranger dans mon vagin pendant plusieurs jours ni de mettre une serviette dont la sensation m’était inconfortable. Je ressentais le besoin d’apprivoiser mon cycle menstruel avec bienveillance et de le vivre en pleine conscience. C’est à cette période-là que Pauline (Les cheveux de Mini) a partagé son expérience concernant le flux instinctif libre (FIL), via une vidéo qui n’est malheureusement plus disponible en ligne.  J’avais déjà entendu parler du FIL l’année précédente via Pin-up Bio, mais à ce moment-là, cette méthode qui consiste à vider son sang directement aux toilettes, m’avait semblé complètement inaccessible.

La première chose que je me suis dit en découvrant le flux instinctif libre, c’est que je serais bien incapable de savoir quand mon sang s’écoule, surtout la nuit, et puis que je ne saurais pas forcément non plus comment le vider aux toilettes… La manière dont Pauline a présenté les choses m’a toutefois convaincue qu’aucune de ces difficultés n’était insurmontable et qu’avec un peu d’entraînement et de bonne volonté, je pourrais peut-être moi aussi y arriver. En outre, j’étais vraiment attirée par cette méthode à cette période de ma vie où je souhaitais vivre mes règles aussi simplement, écologiquement et consciemment que possible. C’est ainsi qu’en février 2015, j’ai décidé de tester le flux instinctif libre et cela fait maintenant 2 ans que j’ai adopté cette méthode.

Quels sont les avantages du FIL? Quels sont les inconvénients ? Comment suis-je parvenue à l’adopter ? Quelles sont/ont été mes difficultés ? Quels sont mes conseils pour les personnes qui souhaitent essayer ? Dans la suite de cet article, je vais tâcher d’apporter mes réponses à ces diverses questions, suivant ma propre expérience qui est probablement très différente de celles d’autres adeptes du FIL et qui sera certainement différente de la vôtre également puisque chaque être humain a un rapport unique à son corps et un cycle qui lui est propre.

J’espère toutefois que ce partage vous apportera quelques réponses et quelques informations utiles et pratiques pour le jour où, peut-être, vous aurez envie d’essayer cette méthode, que ce soit demain, dans plusieurs semaines, mois ou années. Il s’est pour ma part écoulé près d’un an entre le jour où j’ai entendu parler du FIL pour la première fois- et où je me suis dit qu’il fallait certainement être doté.e de pouvoirs extraordinaires pour gérer ses règles de cette façon- et le jour où je me suis dit “c’est fait pour moi !”… et pourtant, je n’avais acquis aucun super pouvoir entre temps et ce n’est toujours pas le cas ! J’ai seulement appris à être davantage à l’écoute de mon corps et à lui faire confiance…

Si j’ai décidé d’adopter le flux instinctif libre, c’est parce que cette méthode représente à mes yeux de nombreux avantages :

Cette méthode n’est toutefois pas sans inconvénient, mais aucun ne m’a semblé insurmontable personnellement…

Avant de vous décrire mon expérience personnelle, voici quelques détails sur mes règles ainsi que sur les habitudes que j’avais déjà prises avant de découvrir le flux instinctif libre, pour vous faire une idée des conditions dans lesquelles j’ai commencé ma transition et de ce qui a pu la faciliter.

Je vais à présent tâcher de répondre aux questions que certain.e.s d’entre vous m’avez posées ou que vous pourriez vous poser concernant mon expérience personnelle du flux instinctif libre.

Est-ce que tu travailles ?

Certaines personnes pensent que cette méthode est seulement adaptée aux personnes qui ne travaillent pas ou bien qui travaillent de chez elles, ce qui n’est pas mon cas. Je suis professeure dans un lycée, ce qui veut dire que plusieurs heures par jour je suis en classe avec mes élèves- chaque cours dure 75 minutes. Toutefois, chacun.e est libre d’aller aux toilettes quand il/elle le souhaite pendant le cours, moi incluse.

Malheureusement certains emplois ou contextes ne permettent pas toujours cette flexibilité. Dans ces cas-là, il reste toutefois possible d’alterner entre le FIL et l’usage de protections hygiéniques réutilisables, selon les jours et le contexte dans lequel on se trouve.

Combien de temps t’a-t-il fallu pour adopter le FIL ?

J’ai adopté le FIL sans difficulté dès le premier mois où j’ai essayé. Je pense que je démarrais avec un train d’avance puisque avant de me lancer, j’avais déjà arrêté de porter des protections la nuit et j’étais déjà capable de ressentir et d’identifier certains signaux corporels annonçant le besoin d’évacuer un peu de sang. En outre, lors de ma première tentative, je ne travaillais pas, j’étais chez moi et j’étais donc complètement détendue : je savais que je pouvais aller aux toilettes quand et aussi souvent que je le voulais et qu’en cas de fuite, je pourrais me changer. Je pense donc avoir fait le maximum pour découvrir le FIL dans les meilleures conditions, ce qui a fait que le mois suivant, j’étais déjà au point.

Comment sais-tu que tu vas avoir tes règles ?

Pouvoir ressentir l’arrivée de ses règles quelques jours à l’avance permet selon moi de mieux se préparer physiquement et mentalement au FIL. Notre corps et notre humeur nous donnent généralement d’excellents indices ! Personnellement, j’ai la poitrine qui gonfle environ une semaine avant, je me sens très fatiguée 2-3 jours avant et la veille je me sens ballonnée. Mon cycle est toutefois assez régulier (33 jours) donc je sais généralement précisément à quelle date mes règles vont débarquer chaque mois ! Ainsi, grâce à tous ces signes, je suis plus attentive à l’arrivée de mes règles et je suis prête à les accueillir sans stress ni surprise le Jour J !

Comment sais-tu que tu as besoin d’évacuer ton sang ?

J’ai personnellement trois sensations différentes (pas forcément en même temps) qui m’indiquent qu’il est temps d’aller faire un tour aux toilettes :

Combien de fois est-ce que tu vides ton sang chaque jour ?

De manière générale :  1-2 fois le premier jour, 5-7 fois le second, et 2-3 fois les derniers. À vrai dire, je ne pense pas aller aux toilettes beaucoup plus souvent qu’en temps normal- mon besoin d’évacuer du sang coïncide généralement avec mon besoin d’uriner.

Te réveilles-tu pour vider ton sang la nuit ?

Je vais généralement me coucher vers 22h et je me lève vers 6h sans qu’aucune goutte de sang ne s’écoule au cours de ces 8h de sommeil. Je me réveille généralement une fois chaque nuit (vers 3h) pour aller uriner, mais pas pour évacuer le sang. Il m’est toutefois arrivé une ou deux fois de me réveiller dans la nuit avec le besoin d’évacuer du sang. Dans tous les cas, il ne m’est jamais arrivé de me réveiller dans un pyjama et des draps ensanglantés !

Concrètement, comment fais-tu pour évacuer ton sang ?

Je ne fais rien de particulier : mon sang s’évacue automatiquement lorsque je m’installe confortablement sur les toilettes. Il me faut toutefois généralement “pousser” un peu vers la fin afin que les dernières gouttes s’écoulent. Au début, je pensais que mon sang sortait d’un seul coup à chaque fois, un peu comme quand on va uriner. Or, j’ai fini par réaliser, après m’être rhabillée trop vite, qu’il restait toujours quelques gouttes qui se retrouvaient alors au fond de ma culotte. J’ai donc appris à ne pas me relever dès la sortie du premier jet mais à prendre mon temps pour m’assurer de laisser les dernières gouttes tomber dans les toilettes et non sur mes sous-vêtements !

Comment fais-tu si tu ne peux pas aller aux toilettes tout de suite ?

Quand je ne peux pas aller aux toilettes dans la minute où j’en ressens le besoin, je peux simplement retenir le sang, de la même manière qu’on peut retenir son urine. Cela me permet de tenir quelques minutes supplémentaires, voire bien plus. Il m’est arrivé d’avoir besoin d’aller aux toilettes alors que j’étais en train de faire des courses par exemple et j’ai alors pu me retenir plus d’une demi-heure sans difficulté. Ceci dit, le but du FIL n’est pas de retenir son sang le plus longtemps possible, mais bien au contraire, il s’agit de l’évacuer quand notre corps nous l’indique. Il faut toutefois reconnaître qu’il est occasionnellement fort pratique- comme pour l’urine- de pouvoir retarder un peu son évacuation lorsque nous ne pouvons aller aux toilettes sur le champ.

T’arrive-t-il d’avoir des tâches de sang dans ta culotte ?

Oui, j’ai quelques tâches à chaque cycle, mais pas de quoi inonder ma culotte, tâcher mes vêtements et révéler à la terre entière que j’ai mes règles ! Il m’arrive d’avoir des tâches quand j’ai manqué d’attention, j’ai éternué, je n’ai pas pu aller aux toilettes à temps ou bien quand ce sont les derniers jours de mes règles et que je ressens alors difficilement l’écoulement des toutes dernières gouttes de sang. Quoi qu’il en soit, ces petites tâches sont  vraiment minimales et ne nécessitent pas, dans mon cas, le port de protections. Toutes mes culottes sont en coton noir et se détachent sans difficulté à la machine ou à la main.

Peux-tu faire du sport, aller à la piscine ?

Je suis déjà allée courir et nager alors que j’avais mes règles et cela ne m’a posé aucun problème. C’est un peu comme quand je m’apprête à sortir, je passe aux toilettes avant et comme je ne vais jamais courir/nager plus d’une heure, je ne suis pas gênée pendant l’effort.

T’arrive-t-il encore d’utiliser des protections réutilisables ?

En 2 ans, j’ai eu recours à ma coupe menstruelle ou à une serviette lavable à 3 ou 4 reprises. Voici les circonstances dans lesquelles je ne me sens personnellement pas capable de gérer mes règles confortablement sans protection :

En fonction du contexte, j’utilise donc soit ma coupe, soit une serviette pendant quelques heures et cela ne me pose aucun problème pour revenir au FIL à 100% les fois suivantes.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi dans ta transition vers le FIL ?

Le plus difficile a été de croire que j’étais capable de vivre mes règles sans protection – en effet, entre le moment où j’ai entendu parler du FIL pour la première fois et celui où je me suis sentie prête à l’essayer, il s’est écoulé environ 1 an !

Qu’est-ce qui t’a semblé le plus simple dans ta transition vers le FIL ?

Le plus simple pour moi a été de me passer de protections pendant la nuit. Au début, je craignais de me réveiller dans une marre de sang, mais cela n’a jamais été le cas !

Qu’est-ce que le FIL a changé pour toi, qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Le FIL m’a simplifié mon quotidien ! Vivre mes règles dans la pleine conscience fait que je les sens arriver, que je peux m’y préparer physiquement et mentalement et ainsi rendre ces quelques jours aussi confortables que possible.

Je trouve également cela très agréable de me dire que la plupart du temps, je ne suis pas dépendante de quelque protection que ce soit durant mes règles, que je peux vivre ma vie avec elles et non en fonction d’elles.

De manière plus générale, le FIL m’a également permis de développer un rapport plus intime avec mon corps, de découvrir quelques-uns de ses pouvoirs et de ses mystères. De ce fait, je prends désormais  soin mon corps de manière plus réfléchie, plus sensée, plus naturelle.

Pour terminer, je vais tâcher de vous livrer les quelques conseils et astuces que j’aurais peut-être aimé entendre lorsque j’ai découvert le flux instinctif libre.

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite adopter le flux instinctif libre ?

Où puis-je trouver d’autres informations et témoignages sur le flux instinctif libre ?

Enfin, si cet article a éveillé votre curiosité et que vous voulez en savoir plus, vous pouvez taper “free flow instinct” ou “flux instinctif libre” dans votre moteur de recherche et vous trouverez pas mal d’articles, de vidéos et de forums à ce sujet. Voici ceux que je vous recommande :

Si la méthode du flux instinctif ne vous inspire pas, n’oubliez pas qu’il existe d’autres protections saines et écologiques telles que la coupe menstruelle et les serviettes lavables.

Connaissiez-vous le flux instinctif libre ? Avez-vous déjà testé cette méthode ou aimeriez-vous essayer un jour ?
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