En mai 2017, je vous faisais part de ma décision de faire de mon activité de blogueuse un travail à temps partiel rémunéré. Voilà donc plus d’un an que je consacre 60 % de mon temps de travail à mon poste de professeure d’anthropologie et les 40 % restants au blog. Vous avez été plusieurs à me demander comment s’était passée cette première année en tant que blogueuse pro alors je vous propose de faire un bilan général des 12 et quelques derniers mois, de ce que cela a changé, de ce que cela m’a apporté et de faire le tour de mes sources de revenus.
Je suis (un peu plus) prise au sérieux (ou pas)
Avant de décider de devenir blogueuse pro, j’enseignais déjà à temps partiel afin de pouvoir bloguer de manière assidue. C’est donc une activité que je prenais très au sérieux et à laquelle j’avais à cœur de consacrer du temps, de l’énergie et un minimum de moyens afin de produire du contenu de qualité. J’y consacrais facilement 10 à 15 h par semaine, et pourtant, peu de personnes de mon entourage semblaient prendre cette activité réellement au sérieux. Depuis que j’ai décidé d’officialiser les choses en devenant auto-entrepreneuse et d’être rémunérée pour mon travail, je trouve que certaines personnes s’y intéressent davantage, comme si le fait de gagner de l’argent grâce au blog donnait plus de légitimité à ce dernier ! Pourtant, dans les faits, rien n’a changé : mes tâches, mes responsabilités et mon contenu restent les mêmes… Même si cela est agréable de sentir que mon travail de blogueuse est désormais davantage valorisé par certaines personnes grâce à cela, je suis déçue de constater, une fois de plus, que nous vivons dans une société où l’argent détermine la valeur du travail.
Je remarque aussi que lorsqu’on me pose des questions sur ma vie professionnelle et que j’explique que je suis prof et blogueuse, la plupart de mes interlocuteur·rices ne retiennent que la première moitié de ma phrase. Le métier de blogueur·se est encore loin d’être reconnu en tant que tel, ce qui est tout à fait compréhensible puisqu’à la base, bloguer était uniquement un loisir et ce n’est qu’assez récemment que certain·es ont souhaité en faire une activité professionnelle. Mais peu de personnes cherchent finalement à comprendre ce en quoi consiste mon travail de blogueuse, ce que je trouve un peu frustrant parfois. Je reviendrai d’ailleurs sur ce qu’implique mon travail plus concrètement dans un article à part.
J’ai fait une vraie place au blog dans mon emploi du temps
Même si je m’investissais déjà énormément dans le blog avant, mon travail de prof restait prioritaire puisque mon salaire dépendait uniquement de ce poste-là. Échos verts passait donc toujours au second plan et je gérais les tâches qui lui étaient liées de manière assez aléatoire. Désormais, j’ai fait une véritable place au blog dans mon emploi du temps de la semaine (l’équivalent de 2 journées de travail) et c’est vraiment agréable, pour moi qui aime la routine, d’avoir des demi-journées qui lui sont entièrement réservées. Cela me permet d’être mieux organisée, plus concentrée et plus efficace aussi !
J’ai trouvé mon équilibre professionnel
Comme je l’expliquais dans cet article, enseigner à temps plein n’est plus envisageable pour moi (en tout cas pas dans les contextes que j’ai connus) et je me verrais mal être blogueuse à temps plein également (je ne supporterais pas de passer le plus clair de mon temps seule et derrière un ordinateur). En partageant désormais mon temps de travail entre l’enseignement et le blog, il me semble que j’ai enfin trouvé mon équilibre. D’un côté, l’enseignement me permet d’assouvir mon besoin d’échanger et de relations humaines et de l’autre, le blog me permet d’assouvir mon besoin de calme et d’indépendance. Ce sont donc deux activités à la fois très différentes et complémentaires pour moi.
Je me projette davantage
Bien que j’aie toujours eu des projets sur le long terme et ce dès les débuts du blog, notamment avec les éco-défis mensuels/trimestriels, je n’avais pas d’objectifs particuliers et j’avais plutôt tendance à étouffer les idées d’évolution et de développement qui germaient dans mon esprit. Cela me paraissait déraisonnable de m’investir autant dans un simple loisir. Aujourd’hui, le fait que je considère mon blog comme un travail à part entière me permet de voir un peu plus loin, ce que je trouve libérateur quelque part car je peux enfin prendre en compte toutes ces idées qui me viennent à l’esprit sans chercher à les reléguer au second plan.
Tipeee
Ma source de revenus principale, à l’heure actuelle, ce sont vos dons mensuels ou ponctuels via Tipeee qui représentent environ 70 % de ce que je touche chaque mois pour mon activité de blogueuse. J’ai lancé ma page en septembre dernier et je suis vraiment heureuse d’avoir vu le nombre de tipeur·ses augmenter progressivement au fil des mois – alors que j’ai reçu 36 dons en septembre 2017, vous avez été 78 à me soutenir sur Tipeee le mois dernier et 130 en tout au cours des 12 derniers mois. Je trouve cela formidable que des inconnu·es soient prêt·es à me soutenir financièrement : votre confiance et votre générosité me mettent vraiment du baume au cœur et prouvent que d’autres relations socio-économiques sont possibles. Dans l’idéal, j’aimerais vraiment que ce blog puisse être (presque) entièrement financé par vos dons, mais je suis bien consciente que peu de personnes peuvent ou veulent me soutenir par ce biais-là.
Liens affiliés
Les liens affiliés sont ma seconde source de revenus et représentent les 30 % restants de ce que je gagne grâce au blog. Nombre d’entre vous pensent à passer par mes liens affiliés pour vos commandes en ligne, mais ce n’est pas toujours le cas. Les liens affiliés sont intégrés aux articles dans lesquels je présente certains produits mais pour les retrouver rapidement, le plus simple reste de consulter ma page Liens affiliés qui regroupe l’ensemble des entreprises qui me versent une commission (allant de 5 à 10 %) sur les ventes réalisées via mon lien affilié. Étant donné que les commissions sur certains produits sont assez dérisoires (de quelques centimes à quelques euros), que je ne mets pas des liens affiliés à tout bout de champ et que vous êtes des consommateur·rices responsables et raisonnables (n’est-ce-pas ?), il me semble logique que les liens affiliés ne soient pas ma principale source de revenus. Mises bout à bout sur une année, les commissions que je touche représentent néanmoins un complément non négligeable pour moi.
Articles sponsorisés
Il n’y a pas eu d’articles sponsorisés jusque-là et ce principalement pour deux raisons. Au départ, j’étais pleine de préjugés concernant les articles sponsorisés, pensant que ces derniers ne me laisseraient pas autant de liberté d’expression que je le souhaite. Or, je réalise désormais qu’à partir du moment où je travaille avec des personnes qui me font réellement confiance et qui partagent aussi bien mes valeurs que mon éthique de travail, il est tout à fait possible de rédiger des articles sponsorisés comme bon me semble. La seconde raison était que les propositions d’articles sponsorisés que j’avais reçues jusqu’à présent ne m’intéressaient tout simplement pas – même pour une somme alléchante, je ne suis pas prête à vous parler de marques et de projets qui ne m’inspirent guère !
J’ai néanmoins récemment été contactée par deux entreprises dont le travail me plaît beaucoup et pour qui j’ai accepté avec joie de publier des articles sponsorisés. Vous les découvrirez sur le blog dans les semaines à venir. Je pense malgré tout que les articles sponsorisés resteront rares sur le blog – car le budget communication et marketing des petites entreprises engagées reste limité. Pouvoir publier un article sponsorisé une fois par mois par exemple serait toutefois un coup de pouce fort apprécié pour m’aider à me rapprocher d’un revenu mensuel suffisant.
Est-ce que cela me suffit ?
Pour le moment, si l’on fait la moyenne de ce que j’ai touché ces 12 derniers mois, cela correspond à 30 % de ce qui me semblerait juste pour le travail fourni (et n’oublions pas que je dois bien évidemment payer des cotisations et des impôts sur mes revenus…). Je suis donc loin d’avoir atteint mon objectif, et en même temps, je trouve que c’est un début positif puisque 30 % c’est plus que 0 % et que mes revenus ont plutôt tendance à rester stables ou à augmenter plutôt qu’à diminuer chaque mois.
Pour le moment, je me sens globalement assez satisfaite de cette première année en tant que blogueuse pro. J’avais pas mal d’appréhensions avant de me lancer mais elles se sont très vite envolées et ce, en grande partie, grâce à vos encouragements, votre compréhension, votre bienveillance, votre fidélité et votre soutien qui a pris diverses formes. Plusieurs entreprises avec qui je collaborais déjà avant la professionnalisation de mon blog m’ont contactée suite à cet article pour me dire qu’elles souhaitaient me soutenir via l’affiliation. Certaines d’entre vous m’ont proposé gracieusement leurs services professionnels (merci à Camille Villard qui a refait mon blog et à Carole qui corrige, quand elle le peut, mes articles). Tout cela m’a bien évidemment beaucoup touchée et m’a boostée tout au long de cette première année. Bien qu’encore incertaine de la viabilité de ce projet sur le long terme, c’est grâce à tout ce que vous avez pu m’apporter ces 12 derniers mois que je reste confiante et optimiste pour la suite… Alors merci de me permettre non seulement de croire en ce projet mais aussi de faire quelque chose que j’aime et qui fait sens pour moi au quotidien.
