Site icon Échos verts

Prendre des habitudes durables

Photo by J. Kelly Brito on Unsplash

Photo by J. Kelly Brito on Unsplash

La nouvelle année, les anniversaires, les changements de saison ou encore la rentrée sont bien souvent l’occasion de réfléchir à nos intentions personnelles, de nous fixer de nouveaux objectifs et de faire des listes de “bonnes résolutions”. Ces changements temporels qui nous remplissent souvent d’énergie et de motivation semblent propices à la concrétisation de vieilles ou de nouvelles ambitions. Alors on fait des listes – dans notre tête, sur un bout de papier ou dans un joli carnet – et on se réjouit d’avance de tout ce qu’on envisage de réaliser dans les mois à venir. Mais bien souvent, l’année se termine et l’on constate, dépité·e·s, que l’on ne peut pas rayer grand-chose de notre liste. On a enfilé nos baskets à peine 3 fois en 12 mois alors qu’on s’était promis d’aller courir une fois par semaine, on n’a même pas lu la moitié des livres que l’on voulait découvrir, on n’a pas appris plus de 5 mots en suédois, on ne sait pas faire plus de 4 accords à la guitare, on ne mange pas moins de produits animaux que l’an passé, on continue de faire toutes nos courses au supermarché, on perd autant de temps sur les réseaux sociaux qu’avant, etc. On a beau entamer cette nouvelle année/saison/rentrée plein·e·s de bonnes intentions et de motivation, il arrive parfois qu’on la termine frustré·e·s de n’avoir accompli tout ce que l’on avait espéré.

Il y a environ 5 ans, lorsque j’ai débuté mon cheminement vers un mode de vie plus sain, plus éthique et plus écologique, la liste des habitudes que je voulais changer était très, très longue. Même si j’aurais bien aimé pouvoir révolutionner tous les aspects de mon quotidien (alimentation, trousse de toilette, garde-robe, etc.) du jour au lendemain, j’ai très vite réalisé que pour transformer ces nouveaux gestes et choix en habitudes durables, il faudrait que je prenne le temps de m’informer, de m’organiser et de tester différentes alternatives. C’est pourquoi j’ai créé le concept des éco-défis : ces petits challenges mensuels devenus saisonniers me permettent depuis 5 ans de cheminer pas à pas vers le mode de vie auquel j’aspire et d’intégrer de nouvelles habitudes à mon quotidien de manière durable. Même s’il m’arrive encore de sous-estimer le temps qu’il me faudra pour intégrer une nouvelle habitude à ma routine, les éco-défis m’ont appris à me fixer des objectifs réalistes et à me donner les moyens de les réaliser, et ce dans tous les domaines du quotidien. 

Dans le cadre de l’éco-défi Gérer son temps de manière durable, il me semblait particulièrement pertinent d’aborder ce sujet et de partager quelques idées pour ne pas nous laisser submerger par nos divers objectifs personnels, nous permettre de les réaliser dans de bonnes conditions et avoir la satisfaction d’y arriver, à notre rythme. Voici donc 6 astuces pour faire de bonnes résolutions des habitudes durables.

Faire le point sur nos motivations

Pour commencer, il me semble essentiel d’identifier les raisons pour lesquelles on souhaiterait changer ou adopter telle ou telle habitude, afin de s’assurer qu’on le fait vraiment pour soi et pour les bonnes raisons. Entre la publicité, les émissions de télé-réalité, ce que notre entourage partage sur les réseaux sociaux, ce qui se dit sur les blogs et dans les forums, etc., on remet – inconsciemment ou pas – sans cesse nox choix et notre manière de vivre en question et il arrive parfois que cela suscite en nous des envies de changement. Si dans certains cas, il s’agit de changements bienvenus, dans d’autres cas, ils ne correspondent pas vraiment à nos nos aspirations et à nos besoins personnels. C’est, d’après mon expérience, l’une des raisons pour lesquelles il arrive que malgré tous nos efforts nous n’arrivons pas à mettre en place certaines habitudes : parce que dans le fond, on ne le fait pas vraiment pour nous mais peut-être plus pour suivre une tendance (je pense notamment au yoga ; malgré les nombreuses formes qui existent, tout le monde n’y accroche pas forcément). Il arrive également qu’on confonde notre intérêt pour certaines choses avec notre volonté de les intégrer à notre quotidien. En effet, on peut tout à fait être admiratif·ve de certaines habitudes ou compétences qu’ont les autres sans pour autant vouloir pouvoir en faire de même (par exemple, je trouve cela super que certaines personnes fassent elles-mêmes absolument tous leurs aliments transformés tels le pain, le tofu, la crème végétale, etc., mais je ne ressens personnellement pas le besoin d’en faire autant !).

C’est pourquoi, avant de me lancer un nouveau défi, quel qu’il soit, je me pose les questions suivantes : qu’est-ce qui me motive à vouloir changer/adopter cette habitude ? Qu’est-ce ça va m’apporter ? En quoi cela va-t-il me permettre de me rapprocher de mes aspirations personnelles ? Est-ce que cela correspond vraiment à ma personne et à mes besoins ? Répondre à ces questions peut donc nous aider à faire le tri dans nos différents objectifs et à nous concentrer sur ceux qui ont un vrai sens pour nous.

Se fixer des objectifs réalistes

Lorsqu’on se pose pour faire le point sur notre vie et nos habitudes, on a parfois tendance à vouloir changer mille et une choses. Or, à moins de tout quitter et de tout recommencer à zéro, il me paraît impossible de pouvoir révolutionner tous les aspects de notre quotidien que l’on aimerait changer en même temps. On a souvent tendance à valoriser l’ambition, à mettre sur un piédestal les personnes qui ont une liste de “bonnes résolutions” longue comme le bras alors cela nous pousse parfois à vouloir en faire trop, à nous essouffler et à abandonner en cours de route… Je pense donc qu’il est important de savoir tempérer nos propres ambitions et d’accepter que l’on ne peut pas forcément tout réussir en même temps, en se fixant des objectifs réalistes et réalisables selon notre situation actuelle et personnelle. Ce n’est pas parce que notre blogueuse préférée a réussi à diviser sa quantité de déchets par dix en un mois que l’on devrait pouvoir y arriver aussi. Ce n’est pas parce que notre meilleure amie s’est mise à s’entraîner pour un triathlon, à apprendre à jouer du ukulele et à faire du bénévolat dans un refuge pour chats abandonnés la même année que l’on devrait pouvoir en faire autant. Une connaissance de nos possibilités et une acceptation de nos limites personnelles nous aidera généralement à nous fixer des objectifs que l’on pourra réaliser sans peine. C’est pourquoi mes éco-défis durent désormais trois mois car après deux années passées à changer d’objectif tous les 30 jours, je me suis essoufflée. J’ai réalisé que 30 jours n’étaient tout simplement pas suffisants pour approfondir les sujets qui m’intéressaient et mettre en place tout ce que je voulais.

Choisir le bon moment

Parfois, malgré nous être fixé·e·s des objectifs réalistes qui ont un sens pour nous, nous n’arrivons pas à nous y tenir. D’après mon expérience, c’est bien souvent parce que ce n’est tout simplement pas le bon moment pour se lancer dans tel ou tel projet. Quelle que soit la nature de nos objectifs, tous nécessitent un certain investissement (temps, énergie, matériel, etc.) de notre part. Nous avons donc besoin d’être dans le bon état d’esprit et d’être disponible pour mener à bien les projets qui nous tiennent à coeur. Or, toutes les périodes de notre vie ne sont pas forcément propices à la réalisation de n’importe quel projet. Ce n’est pas parce qu’une idée nous tient à coeur aujourd’hui qu’aujourd’hui est le meilleur jour pour le démarrer. Il importe donc de réfléchir au meilleur moment pour mettre en place une nouvelle habitude en fonction de nos engagements professionnels ou familiaux, notre emploi du temps actuel, notre santé, nos moyens financiers, le temps, etc. Il y a quelques années, on m’a offert une machine à coudre, parce que j’en voulais une : c’était au moment où nous venions d’emménager en Allemagne (donc un nouveau pays, une nouvelle langue, etc.) et où je m’apprêtais à commencer un tout nouveau travail. Ce n’était donc vraiment pas le bon moment pour me remettre à la couture, surtout que je n’en avais pas fait depuis près de 15 ans et que j’avais tout oublié ! Ma machine à coudre est donc rangée dans un coin de mon bureau et je culpabilise à chaque fois que je la vois car je n’ai toujours pas réussi à trouver le bon moment pour me remettre à la couture.

Se réserver du temps

Trouver le bon moment pour mettre en place une nouvelle habitude, c’est un bon début mais si on ne fait pas de réelle place à notre projet dans notre emploi du temps, il risque de passer à la trappe ! En fonction de nos objectifs, il peut donc être utile d’identifier des créneaux durant lesquels on leurs consacrera du temps chaque jour/semaine/mois. Cela ne nous empêche évidemment pas de rester flexibles, mais on s’assure ainsi d’avoir des créneaux réservés à ce projet qui nous tient tant à cœur. Par exemple, lorsque j’ai voulu commencer à méditer quotidiennement, je n’ai pas vraiment réussi à m’y mettre jusqu’à ce que je choisisse un moment précis pour méditer chaque jour. Par ailleurs, à l’heure actuelle, je me sens assez frustrée car mon potager de balcon est en friche et je n’y ai rien planté depuis l’été dernier, alors que j’aurais pu y semer pas mal de choses tout au long de l’automne et de l’hiver. Je me dis que si je prévoyais d’y consacrer une heure ou deux le 1er samedi de chaque mois par exemple (en dehors des récoltes, de l’arrosage etc. à faire de manière plus fréquente), je pourrais avoir un joli potager tout au long de l’année !

Se laisser le temps

Bien souvent, on a tendance à sous estimer le temps nécessaire à l’adoption d’une nouvelle habitude. On a beau être motivé·e·s et organisé·e·s, cela n’est pas toujours évident d’intégrer une toute nouvelle routine à notre quotidien ou bien de nous défaire d’une mauvaise habitude que l’on traîne depuis des années. S’il est généralement utile de se fixer des délais/un rythme à tenir pour atteindre nos objectifs, je pense qu’il est aussi important de se laisser suffisamment de temps afin de ne pas se sentir submergé·e·s ou stressé·e·s par nos propres ambitions. À moins de chercher à battre un record, il me semble important de ne pas se brusquer ni de se presser. Par ailleurs, je pense qu’il faut savoir se montrer flexibles et indulgent·e·s envers nous-mêmes en adaptant nos objectifs et notre rythme aux aléas du quotidien car la vie est toujours pleine d’imprévus ! Ainsi, le processus sera certainement aussi plaisant que le résultat en lui-même et on se donnera également de meilleures chances de ne pas baisser les bras en cours de route afin d’arriver jusqu’au bout de notre projet.

Se motiver et le rester

Enfin, le plus difficile parfois c’est de se motiver à faire le premier pas pour intégrer une nouvelle habitude à notre quotidien. Pour y arriver, on peut proposer à une personne de notre entourage susceptible d’être elle aussi intéressée par notre objectif de se joindre à nous. Lorsqu’on relève un même défi à plusieurs, on peut échanger des nouvelles, s’encourager, se redonner du courage  voire de l’inspiration quand on vient à en manquer et célébrer nos progrès ensemble. On peut aussi rejoindre des groupes de discussions en ligne (sur Facebook notamment) dans lequel on peut partager notre avancée et bénéficier de l’expérience des autres membres. On peut aussi parler de notre objectif à un·e proche et lui demander de prendre des nouvelles régulièrement – avoir des « comptes » à rendre à quelqu’un peut être tout aussi motivant. Et si on préfère garder tout cela pour nous et que l’on apprécie de pouvoir visualiser nos progrès, on peut simplement les noter dans un carnet et avoir une checklist avec des éléments à barrer ou bien un tracker qui nous permet de visualiser la régularité de nos efforts.

Quelles sont vos astuces pour prendre des habitudes durables ?
Quitter la version mobile