J’ai acheté mon tout premier téléphone en 2003, alors que je venais de m’installer à Londres pour mes études universitaires. N’ayant pas de téléphone fixe dans ma chambre d’étudiante, mon petit Nokia s’est rapidement révélé m’être indispensable afin de rester joignable par ma famille en France, mes ami·es ainsi que le magasin où je travaillais à temps partiel. Bien que j’aie assez vite pris l’habitude d’emporter mon téléphone partout, j’ai longtemps eu tendance à l’oublier en mode silencieux au fond de mon sac. N’aimant pas particulièrement passer ni recevoir des appels et ayant un budget téléphone très limité, j’en faisais un usage très minimaliste. N’ayant qu’un numéro anglais et une carte prépayée, il pouvait d’ailleurs rester éteint durant quelques semaines, voire tout l’été, quand je rentrais en France. Même si j’utilisais alors assez peu mon téléphone portable au quotidien, j’appréciais beaucoup ces longues périodes où je n’étais plus joignable directement 24h sur 24 – c’était assez libérateur ! Cependant, après quelques péripéties lors de trajets en train, j’ai tout de même fini par investir dans une carte SIM avec un numéro français au bout d’une dizaine d’années. Terminées dès lors les vacances sans téléphone mobile !
3 ans sans téléphone portable
En quittant l’Angleterre en 2011 pour m’installer au fin fond de la forêt britanno-colombienne, sur l’île de Vancouver, au Canada, j’ai rangé mon téléphone portable dans un tiroir pendant 3 ans. Le réseau téléphonique y étant très mauvais à l’époque, je me contentais d’un téléphone fixe, de Skype et de courriels pour toutes mes communications. Ce n’est qu’à mon arrivée en Allemagne, en 2014, que j’ai ressorti mon téléphone mobile. Ayant néanmoins complètement perdu l’habitude d’utiliser celui-ci au quotidien, je l’oubliais alors assez souvent !
Mon premier Smartphone
À cette époque-là, autour de moi, rares étaient les personnes qui utilisaient encore un téléphone mobile basique plutôt qu’un smartphone et je constatais avec malaise combien ces derniers étaient envahissants. Je me suis si souvent retrouvée attablée avec des personnes rivées sur leur smartphone, le sortant pour tout et rien ou consultant leurs notifications au milieu d’une conversation que cela m’a longtemps refroidie à l’idée d’en posséder un. Il faudra attendre 2017 pour que j’en veuille un à mon tour, motivée par l’envie de découvrir Instagram, de pouvoir prendre des photos plus aisément et de pouvoir échanger des messages et photos plus spontanément avec mes proches en France. Cette année-là, pour mes 33 ans, j’ai donc reçu mon tout premier smartphone et découvert les joies d’Instagram ainsi que le plaisir de pouvoir échanger plus régulièrement des photos et des nouvelles du quotidien.
Un téléphone de plus en plus envahissant
Mais au bout de quelques mois, j’ai commencé à trouver mon smartphone envahissant. Pourtant, j’utilisais toujours un système de carte prépayée et sans données, ce qui en limitait beaucoup ma consommation. Néanmoins, cela ne m’empêchait pas de l’emporter partout et de le connecter au Wi-Fi à la moindre occasion et sans raison particulière. En l’espace de quelques mois, j’avais moi-même adopté ces comportements auparavant critiqués : mon téléphone étant toujours à portée de main, la moindre sonnerie venait interrompre une conversation, un dîner, une soirée, une balade ; je surfais sur internet et consultais mes mails au moindre temps mort ; je commençais et terminais mes journées en consultant mon téléphone portable, etc.
En 2019, l’année où je suis devenue maman, mon usage du téléphone a connu un nouveau tournant. Tout au long de mon année de congé parental, alors que je me sentais profondément seule, isolée et dépressive, je me suis beaucoup raccrochée à mon smartphone. Il était devenu un échappatoire durant les innombrables tétées, les nuits hachées et les rares minutes de répit où j’étais trop épuisée pour faire quoi que ce soit d’autre que de scroller sur IG et surfer sur le net. Quand j’ai repris le travail l’année suivante, j’ai commencé à emporter mon téléphone partout avec moi – dans ma salle de classe, durant ma pause déjeuner et même aux toilettes – de peur de manquer un appel de la crèche en cas de souci.
Ma fréquence de connexion s’est par ailleurs accrue en 2022 quand, pour des raisons pratiques et financières, j’ai pris mon tout premier forfait mensuel avec données… 19 années après n’avoir utilisé qu’une carte prépayée sans données.
En décalage avec ma conscience éthique et environnementale
Consciente de l’impact écologique des produits et services numériques ainsi que des problèmes éthiques et sociaux liés à leur production, j’avais profité de l’un de mes tout premiers éco-défis en 2013 pour m’engager à faire un usage responsable des nouvelles technologies de manière générale. S’il avait été assez simple de réguler mon usage d’Internet via mon ordinateur, j’ai malheureusement constaté qu’il était beaucoup moins évident de me défaire de certains réflexes avec mon smartphone.
10 manières de faire un usage responsable et modéré de son Smartphone
Soucieuse d’utiliser mon smartphone de manière plus réfléchie et responsable, j’ai pris le temps d’identifier mes mauvaises habitudes et mes priorités par rapport à ce dernier. J’ai ensuite recherché et testé différents moyens de limiter notre empreinte écologique liée à son usage, d’éviter de soutenir une industrie peu respectueuse de l’environnement et des droits humains et de passer le moins de temps possible les yeux rivés sur ce petit écran pas pour le moins envahissant.
1. Utiliser son smartphone le plus longtemps possible
Comme on le dit souvent dans la sphère écolo, l’objet le plus éco-responsable est celui que l’on possède déjà ! Suivant les études, la durée de vie d’un smartphone serait en moyenne de 2 à 4 ans. Bien que nous ne puissions pas grand-chose contre l’obsolescence programmée, nous pouvons :
- Lutter contre l’obsolescence technologique en résistant à l’envie d’acquérir un modèle dernier cri alors que celui qu’on possède fonctionne encore suffisamment bien.
- Prendre soin de notre téléphone afin de limiter son usure au quotidien en s’équipant d’une coque de protection, en transportant son smartphone avec soin, en le protégeant de l’eau et de toute autre substance pouvant l’abîmer et en évitant tout simplement de l’utiliser au cours d’activités ou dans des lieux où il pourrait être aisément endommagé.
- Faire réparer son smartphone lorsque cela est possible, d’un point de vue matériel et financier.
Pour aller plus loin :
- Le guide comparatif pour choisir une coque téléphone écoresponsable – Blog Il était une veggie
- Le site QualiRépar permet de trouver des centres de réparations pour tout type d’objet près de chez soi, en France.
2. Choisir un smartphone « éthique » et « écologique »
Quand notre smartphone n’est plus réparable ou fonctionnel, mieux vaut éviter d’en acheter un neuf auprès de marques conventionnelles dont le cycle de production nuit aussi bien à l’environnement qu’à la santé et aux droits de ses ouvrier·ères. Voici une liste non-exhaustive des problèmes sociaux et écologiques généralement liés à l’industrie du smartphone :
- L’extraction des métaux rares (coltan, lithium, tungstène, etc.) nécessaires à la fabrication des smartphones participe à la dégradation des écosystèmes.
- Les procédés d’extraction exposent les mineur·ses et les communautés locales à des substances toxiques
- Dans certaines régions du monde, l’extraction de ces métaux rares se fait de manière illégale et finance des conflits armés
- Les conditions de travail des mineur·ses et des ouvrier·ères enfreignent les droits des travailleur·sesainsi que des enfants et nuisent à leur santé.
- Les usines de production polluent l’air et l’eau des régions environnantes
- La mauvaise gestion des déchets des usines de production nuit à l’environnement comme à la santé des communautés locales.
- Les smartphones sont délibérément fabriqués de manière à se casser facilement et à se réparer difficilement.
Bien que les alternatives aux smartphones conventionnels soient encore peu nombreuses sur le marché, quelques marques et plateformes proposent des smartphones plus durables :
- Fairphone est une marque de smartphones conçus pour être solides, modulables et faciles à réparer, fabriqués au sein d’usines respectueuses de la santé et des droits des travailleur·ses à partir de matériaux plus équitables, recyclés et extraits de manière responsable.
- Plutôt que d’acheter un Fairphone, il est également possible d’en louer un via la coopérative Commown.
- Des sites comme Ateliers du Bocage ou Backmarket permettent d’acheter des smartphones reconditionnés et ainsi de prolonger la vie de produits qui auraient autrement fini à la déchèterie. Plusieurs membres de ma famille et moi-mêmes sommes passé·es par Backmarket plusieurs fois ces dernières années et avons jusqu’à présent été satisfaits des produits commandés ainsi que du service après-vente.
Pour aller plus loin :
- Les impacts du smartphone (ADEME)
- Pourquoi préférer un Smartphone reconditionné ? (ADEME)
- Les méthodes d’obsolescence programmée employées par les fabricants (Greenpeace)
- Indice de réparabilité des smartphones (IFixit)
3. Choisir un opérateur mobile virtuel engagé
Collaboration commerciale
Quel que soit l’opérateur mobile choisi, l’usage de notre ligne téléphonique a forcément un impact écologique. Malgré tout, en choisissant un opérateur mobile virtuel engagé comme Ecomtel, notre abonnement téléphonique peut contribuer au financement de projets de lutte pour la protection de l’environnement. Bien qu’elle ne prétende pas proposer un service écologique en soi, cette petite entreprise familiale et française offre la possibilité de soutenir, par le biais de notre forfait mobile, le travail d’associations œuvrant pour la protection des écosystèmes à travers la France. Ainsi, en s’engageant à prélever 30 à 50 % de son chiffre d’affaires, l’entreprise a pu faire 48 dons d’une valeur totale de plus de 75 000 euros depuis le lancement d’Ecomail, son service de boîte mail engagée, en 2016.
Concrètement, les forfaits Ecomtel sont basés sur les réseaux de Bouygues Télécom et d’Orange, au choix lors de la commande, et permettent de conserver son numéro de téléphone. Avec ses 8 forfaits – avec ou sans données – allant de 7,20 à 27,00 euros par mois, Ecomtel s’adapte à différents budgets et besoins. In fine, Ecomtel passe par les réseaux classiques et propose des forfaits classiques, mais contrairement aux autres opérateurs mobiles, l’entreprise utilise ces leviers pour générer des fonds destinés à la protection de l’environnement.
Pour aller plus loin :
- Découvrir Ecomail, la boîte mail engagée basée sur le même principe qu’Ecomtel (j’utilise Ecomail depuis 2019)
4. Choisir un forfait sans données
De la même manière que j’ai connu « un avant et un après » le jour où j’ai échangé mon téléphone mobile basique contre un Smartphone, j’ai aussi connu « un avant et un après » le jour où je suis passée d’une carte prépayée sans données mobiles à un forfait avec données mobiles. Bien que j’apprécie le confort de pouvoir utiliser ma messagerie Signal n’importe où, je déplore que cet accès quasiment illimité à internet m’encourage à consulter mon smartphone à des moments où je n’en ai pas besoin et où je m’en passais aisément auparavant (par exemple, dans une salle d’attente, un train, un café, etc.).
Je déplore également que l’on parle assez peu de l’impact écologique des réseaux mobiles (2G, 3G, 4G, 5G, etc.), bien plus important que celui des réseaux fixes (ADSL, fibre, etc.) (Ademe). Le calculateur Impact CO2 permet de se rendre compte de l’ampleur de cette différence. Par exemple, alors que 2 heures de streaming sur son smartphone via une connexion Wifi émet 0,06 kg de CO2 et équivaut à 14 km en voiture, 2 heures de streaming sur son smartphone via un réseau 4G émet 0,2 kg de CO2 et équivaut à 36 km en voiture.
Choisir un forfait mobile sans données quand on en n’a pas l’utilité peut donc être un bon moyen de limiter l’usage de son Smartphone et de limiter son empreinte carbone. Pour 7,20 euros par mois, le forfait sans données 4G/5G d’Ecomtel inclut les SMS et appels illimités vers les numéros fixes et mobiles en France continentale.
5. Commencer et terminer la journée sans smartphone
Pendant un temps, mon premier et mon dernier geste de la journée étaient de consulter mon smartphone… ce que je ne faisais pas quand j’avais un téléphone portable basique ! Souhaitant démarrer et terminer mes journées autrement que sur mon petit écran, j’éteins désormais mon téléphone portable au plus tard à 20h chaque soir et je le rallume au plus tôt vers 6h30-7h, soit 1h à 1h30 après mon réveil. À cette heure-là, j’aime vérifier qu’il n’y a pas de changement de programme pour la journée ou d’information importante à faire passer avant d’emmener notre enfant à l’école. Généralement, j’essaie également de publier mes posts Instagram avant que notre fille se lève. Autrement, je pourrais aisément laisser mon smartphone éteint une heure de plus, ce que je fais généralement le week-end. En semaine, cette coupure d’environ 11 heures me permet de profiter de mes soirées pour lire ou regarder une série et de mes débuts de journées pour avancer dans mon travail quand mon cerveau est au meilleur de sa forme.
6. Pas de smartphone dans la chambre ni à table
Mon smartphone ne s’était jamais immiscé jusque dans notre chambre avant la naissance de notre enfant… Mais avec ses nombreux réveils nocturnes et mes problèmes d’insomnies, j’avais pris l’habitude de garder mon smartphone à portée de main la nuit, tout simplement pour regarder l’heure… mais parfois, je me retrouvais à scroller sur IG, à lire mes courriels ou à surfer sur le net, ce qui n’aidait en rien mon sommeil ! Heureusement, malgré mon cerveau en compote, j’ai fini par me rappeler l’existence d’un objet tout aussi pratique pour savoir l’heure la nuit : l’horloge-réveil ! Mon mari étant particulièrement sensible à la moindre source de lumière la nuit, je lui ai laissé le soin de trouver un modèle s’allumant uniquement au toucher et il m’a offert un modèle en bois de la marque Karlson qui me convient bien. Ainsi, quand j’éteins mon smartphone à 20h, je le laisse dans la cuisine et ainsi je ne risque pas de me laisser distraire par mon petit écran en cas de réveil nocturne.
Je mets également mon smartphone de côté quand je suis à table afin de ne pas être distraite par d’éventuels messages ni être tentée de le consulter à la moindre occasion/question. Je fais une exception quand je mange seule – dans ces cas-là, j’en profite généralement pour écouter un podcast.
7. Définir l’usage que l’on souhaite faire de son smartphone
Définir l’usage que l’on souhaite faire de son smartphone me semble être la première étape pour le consulter à bon escient. Voici quelques questions à se poser pour nous aider en ce sens :
- Quelles sont les fonctionnalités et applications du smartphone qui nous sont utiles ou indispensables ?
- Lesquelles d’entre elles utilise-t-on exclusivement sur notre smartphone ?
- Lesquelles d’entre elles utilisons-nous aussi par le biais d’autres supports numériques (ordinateur, tablette, montre connectée, etc.) ?
- Desquelles pouvons-nous nous passer sur notre smartphone ?
Personnellement, à la base, j’utilisais principalement mon smartphone pour :
- Échanger des messages et photos avec mes proches sur Signal
- Passer/recevoir des appels (en visio ou pas)
- Consulter et publier sur Instagram
- Écouter des podcasts
- Suivre mon cycle (Clue)
Au fil du temps, j’ai ajouté d’autres applications que j’utilisais auparavant sur mon ordinateur mais auxquelles je préfère désormais accéder via mon smartphone :
- Teamup (Calendrier partagé)
- Banque
- Vinted
- Paypal
- Autoentrepreneur
J’ai également téléchargé des applications que j’utilise plus souvent sur mon ordinateur mais auxquelles il est pratique d’avoir accès via mon smartphone dans certaines circonstances :
- Lightroom
- Canva
- Deepl (traduction)
- Trainline
Enfin, j’ai quelques applications propres au smartphone comme celles permettant d’acheter des billets de transport public, Momox ou encore Choose.
Finalement, ce smartphone – que je voulais initialement acquérir pour échanger des messages via Signal, consulter IG et prendre des photos – offre tellement de fonctionnalités et de possibilités que je pourrais aisément m’en servir à toutes les heures de la journée. Mais pour moi, ce ne sont pas ces applications qui posent problème puisqu’il s’agit d’outils que j’utilise dans un but précis et pour une durée très limitée. Le plus difficile est l’accès illimité à Internet et donc aux sites de nouvelles et à mes boîtes mail sur lesquels je peux me rendre d’innombrables fois par jour… J’essaie donc, tant bien que mal, d’éviter d’aller sur internet via mon smartphone, à moins que cela ne soit indispensable.
8. Déterminer des créneaux pour chaque activité sur son smartphone
Concrètement, réserver des créneaux précis à l’usage de certaines applications sur son Smartphone peut vraiment aider à en faire un usage plus minimaliste. De même qu’on réserve généralement certaines heures aux repas, on peut tout à fait décider de profiter de certaines fonctionnalités de son smartphone à des moments précis de la journée et/ou durant des créneaux limités. Le reste du temps, on devrait pouvoir laisser notre smartphone hors de notre vue/portée et s’assurer que le volume de la sonnerie est suffisamment fort pour l’entendre en cas d’un appel important/urgent.
Voici l’usage idéal vers lequel je tends personnellement :
- Le matin à partir de 7h : 5 minutes pour consulter ma messagerie et répondre aux messages nécessitant une réponse brève.
- Durant ma pause déjeuner : 5 minutes pour consulter mon compte IG (voire plus si j’ai publié un post/réel le matin afin de lire les commentaires et y répondre)
- Après avoir couché notre enfant : 5 minutes pour consulter mon compte IG, 10 minutes pour lire les nouvelles (consultées également le matin et durant ma pause déjeuner sur mon ordinateur que j’éteins avant le dîner) et 15 minutes pour répondre à mes messages si besoin.
Bien évidemment, il m’arrive de répondre à mes messages au moment où je les reçois ou à d’autres moments et j’utilise d’autres applications de mon téléphone suivant mes besoins au fil de la journée. J’essaie néanmoins de le faire à un moment opportun (pas en pleine session de travail !) et de ne pas me laisser distraire par d’autres applications que celle que je suis venue consulter.
Enfin, le fait d’avoir désactivé la plupart des notifications, à l’exception de ma messagerie Signal et de Vinted, m’évite d’être souvent interrompue par mon téléphone au cours de la journée.
Quelques outils utiles pour limiter son temps sur son téléphone et les réseaux sociaux :
- 5 applications pour passer moins de temps sur son smartphone (Ouest France)
- L’application One Sec pour limiter le temps passer sur les réseaux sociaux (Inta, Tik Tok, etc.)
9. Des demi-journées/journées/week-ends sans smartphone (ou presque)
Me déconnecter pendant une journée, un week-end, voire des vacances entières, est une habitude que j’ai prise en 2013, peu après le lancement de mon éco-défi pour limiter mon usage du numérique. À l’époque, je n’avais qu’un ordinateur et un téléphone mobile basique ; il était donc aisé d’éteindre mon ordinateur régulièrement, sur des durées plus ou moins longues suivant mes impératifs professionnels. En revanche, à présent, je trouve plus difficile d’éteindre complètement mon smartphone pendant la journée, même le week-end, car je souhaite pouvoir rester joignable par mes proches en cas d’urgence. Cela ne m’empêche toutefois pas de désinstaller Instagram le temps d’un week-end, des vacances ou même plusieurs semaines et de n’utiliser mon téléphone qu’en cas de besoin immédiat. À une époque où notre smartphone semble être devenu une extension de notre bras, ces périodes de déconnection partielle ou totale nous aident à nous rappeler que malgré son utilité, il n’est pas indispensable H24 et les heures passées sans consulter notre smartphone nous sont généralement très salutaires !
10. Recycler son smartphone
À notre époque, les déchets électroniques sont responsables de problèmes environnementaux et sanitaires majeurs à travers le monde. En 2019, sur les 50 millions de tonnes de déchets électroniques produits chaque année, seuls 20 % étaient recyclés (UNEP). Cela signifie que les 80 % restants terminent généralement dans des décharges où ils libèrent des produits chimiques toxiques, des métaux lourds et des particules de microplastiques qui polluent l’air, l’eau et les sols, perturbant ainsi l’équilibre et la biodiversité des écosystèmes environnants et nuisant à la santé des communautés locales. De plus, l’export de millions de tonnes de déchets électroniques vers des pays manquant d’infrastructures et de règlementations pour l’élimination de ces déchets pose de vrais problèmes éthiques, en plus d’augmenter la pollution liée au transport. Malheureusement, les déchets électroniques de nombreuses marques et enseignes qui disent disposer d’un programme de recyclage – pour faire bonne figure – finissent dans des décharges à ciel ouvert au Ghana, en Chine, ou encore au Kenya…
Lorsqu’il ne fonctionne plus et qu’aucune réparation n’est possible, il est donc important de remettre son smartphone à une structure fiable qui saura en extraire les métaux et composants pouvant être réutilisés et recyclés. En France, on peut envoyer ses vieux téléphones gratuitement aux Ateliers du Bocage, un programme solidaire de reconditionnement et de recyclage des smartphones et autres téléphones mobiles.
Pour aller plus loin :
- Déchets électroniques, un trésor à recycler (Arte Regards, 31 min)
- Là où finissent nos déchets électroniques (Décryptage Arte, 1h15)
Ressources supplémentaires :
- Série d’ethnographies (en anglais) sur l’usage du smartphone dans différentes régions du monde : “Ageing with smartphones” (PDF gratuit)
- Essai anthropologique Le smartphone global : Au-delà d’une culture jeune (PDF gratuit)
- Podcast Comment dresser son smartphone (Podcast « Vivons heureux avant la fin du monde »)
