Afin de faire des économies sur le moyen-terme et de limiter nos déchets, il nous a semblé judicieux d’utiliser des couches lavables dès l’arrivée de notre bébé, en février 2019. Plusieurs couples d’ami·es de notre entourage en avaient déjà utilisées et je n’avais lu/entendu que des avis positifs à leur propos ; c’est donc sans trop d’hésitation que nous avons investi dans des couches réutilisables, aussi bien pour le jour que pour la nuit. Afin de nous simplifier la vie dans certaines situations (longues sorties, voyages, etc.), nous avons également décidé de garder des couches jetables à portée de main.
Nous avons finalement utilisé des couches lavables pendant environ 1 an et demi, après quoi j’ai préféré passer aux jetables à 100 %. Avant de revenir, en fin d’article, sur les raisons variées pour lesquelles j’ai abandonné les couches lavables, je souhaite partager avec vous mon expérience autour du choix des modèles, vous présenter ceux que nous avons utilisés, leurs avantages et leurs inconvénients et notre manière de les entretenir. Car si les couches lavables ne nous ont pas convenu, ce n’est pas parce qu’il s’agit de mauvais produits en soi (tout du moins pas ceux que nous avons pu tester). Au contraire, bien choisies, les couches lavables sont tout à fait adaptées aux familles qui y voient plus d’avantages que de contraintes – un point de vue qui reste tout à fait personnel et propre aux priorités et limites de chaque foyer.
J’espère donc que ce partage d’expérience nuancé pourra être utile aux personnes qui hésitent à se lancer dans l’aventure des couches lavables et qu’il vous aidera à faire un choix adapté aux besoins et possibilités de votre foyer.
Quelques remarques avant de poursuivre la lecture :
- J’ai pris soin d’illustrer cet article de quelques photos mais j’ai privilégié le temps accordé aux textes plutôt qu’à l’illustration de chaque modèle de couche sous tous les angles.
- Pour chaque modèle de couches, j’ai indiqué le lien d’un site sur lequel vous pourrez trouver davantage de détails et de photos.
- Cet article étant un partage d’expérience et de conseils, et non un guide sur les couches lavables, les novices devront se référer aux ressources suggérées pour mieux comprendre les différences entre les différents types de couches, matériaux, types de fermeture, etc.
- Enfin, sachez que je revends toutes nos couches ainsi que nos sacs imperméables donc n’hésitez pas à me contacter par mail si l’un de ces lots vous intéresse (voir détails et prix en fin d’article).
Choisir des couches lavables fut un vrai casse-tête pour moi et une charge mentale non-négligeable (imposée par moi-même) ! Ce n’est qu’après plusieurs heures de recherches et de lecture que j’ai compris la différence entre les langes et les couches préformées, les TE1, les TE2, les TE3 et les classiques, les couches à tailles évolutives et les couches multi-tailles, les divers tissus absorbants, culottes imperméables et types de fermetures… Après m’être virtuellement familiarisée avec tous ces détails (de taille !), je me suis lancée dans la recherche de marques à la fois éthiques et qualitatives. Outre les recommandations de mon entourage, je me suis fiée à l’avis de différentes blogueuses/Youtubeuses et cela m’a permis de repérer quelques marques et modèles… sans forcément savoir lesquels privilégier. En effet, difficile de savoir quelles couches lavables conviendront avant de les avoir testées et sans connaître la morphologie de son bébé.
Finalement, nous avons décidé d’emprunter un set de couches lavables à des ami·es pour les premiers mois, avant de nous équiper de nos propres couches par la suite. Pouvoir emprunter des couches pour les débuts fut une véritable aubaine car ce temps d’adaptation nous a permis de voir ce qui nous convenait ou pas et a grandement facilité notre choix de modèles pour les mois suivants.
Mes conseils pour choisir vos couches lavables
- Prenez le temps de vous familiariser avec les différents modèles de couches lavables avant la naissance de votre bébé. Pour cela, je vous recommande la lecture du 11e chapitre de mon livre 21 éco-défis pour prendre soin de soi et de la planète dans lequel je présente les spécificités de chaque modèle, matériau, type de fermeture, etc. ainsi que leurs avantages et inconvénients. J’identifie aussi une dizaine de marques éthiques. Je vous conseille également l’excellent guide des couches lavables de Lilinappy, disponible gratuitement en ligne.
- Déterminez vos critères de sélection suivant votre budget, votre espace de stockage (certaines couches étant plus longues à sécher, un stock plus important sera nécessaire), leur facilité d’usage pour les autres personnes susceptibles de changer votre enfant, etc.
- Sélectionnez 2-3 modèles/marques correspondant à vos préférences personnelles.
- Testez ces modèles avant d’investir dans un set de couches complet. Pour cela, vous pouvez peut-être en emprunter à votre entourage, profiter d’un service de location ou bien en acheter quelques-unes (neuves ou d’occasion). Lilinappy offre justement la possibilité de créer un pack sur mesure. Dans tous les cas, je vous déconseille vivement d’acheter un stock de couches lavables entier sans en avoir testé une du même modèle au préalable.
- Enfin, en espérant que vous aurez trouvé votre bonheur parmi les modèles testés, vous pourrez investir dans un set adapté à votre bébé et à vos critères ou bien souscrire à un service de location.
Après beaucoup d’hésitation, j’ai décidé de tester une assez grande diversité de modèles : couches classiques, TE1 à poche, TE1 intégrales et TE3 de différentes marques et tailles. Par chance, tous nous ont plus ou moins convenus même si nous avons eu une nette préférence pour certains modèles.
Couches lavables pour la journée
LITTLE LAMB
Dès le retour de la maternité et ce durant les 3-4 premiers mois de notre bébé, nous avons utilisé des couches classiques taille 1 en bambou, coton et microfibre de la marque Little Lamb, prêtées par des ami·es.
- Origine et fabrication : Marque galloise, fabrication en Turquie.
- Prix du modèle testé : 12,30 l’unité, prix dégressif si achetées par pack de 3 ou 5
- Avantages : très absorbantes, bien enveloppantes, faciles d’utilisation, les culottes de protection non souillées peuvent être réutilisées 2-3 fois avant lavage.
- Inconvénients : assez volumineuses, celles en bambou et en coton sont très longues à sécher (24 à 36 heures), la couche entière doit être lavée après chaque usage.
- Mon avis : je les ai trouvées vraiment adaptées les premiers mois où les pipis et les selles liquides étaient nombreux et où nous n’avons constaté aucune fuite. Seul leur volume me rebutait un peu – pas du tout pour le côté esthétique (beaucoup de personnes se plaignent du fait que les couches classiques font des « grosses fesses » mais personnellement je n’ai rien contre les « grosses fesses » !) – mais plutôt pour la place qu’elles prennent et le temps de séchage des couches en coton et en bambou en particulier. Il faut savoir que plus le temps de séchage est long, plus il faut de couches en stock. Celles en microfibre sèchent toutefois très vite.
- Bon à savoir : Little Lamb propose également des TE1 à poche multi-tailles et des couches classiques en coton bio et leurs prix sont parmi les plus bas du marché.
HAMAC
À partir du 5e mois, nous avons testé les couches TE3 (T.MAC) taille M (6-12 kg) en microfibre de la marque Hamac, offertes dans le cadre d’un partenariat avec DreamAct. Comme elles nous convenaient bien, j’en ai racheté d’autres par la suite, avec des absorbants en coton bio.
- Origine et fabrication : France
- Prix du modèle T.MAC en microfibre : environ 25 euros par change si acheté en pack (en réutilisant chaque culotte et nacelle plusieurs fois).
- Avantages : séchage très rapide des absorbants en microfibre, couches assez peu volumineuses, faciles d’utilisation par des novices si assemblées à l’avance, économiques en termes de matériaux puisque certaines parties (culottes et nacelles) peuvent être réutilisées plusieurs fois avant lavage, possibilité de retirer l’absorbant de la nacelle sans forcément le toucher ce qui est tout de même agréable !
- Inconvénients : doivent être assemblées avant usage, l’assemblage peut sembler pénible aux personnes peu habituées, le séchage des absorbants en coton est plus long.
- Mon avis : Ces couches sont mes préférées si je prends en compte le rapport qualité-prix-praticité-efficacité-temps de séchage. Pourtant, au début, j’avoue que le fait de devoir changer d’absorbant voire de nacelle entre chaque change m’agaçais un peu alors j’ai fini par acheter suffisamment de nacelles et absorbants afin de pouvoir préparer un stock de couches prêtes à l’emploi pour la journée et ne pas avoir besoin de tout défaire/refaire avant chaque change. Cette organisation nous a également permis de faciliter la tâche aux auxiliaires puéricultrices à la crèche puisqu’on leur fournissait suffisamment de couches prêtes à enfiler et on leur demandait simplement de détacher la culotte de la nacelle avant de placer cette dernière (avec son absorbant) dans le sac de couches sales. Ainsi, on récupérait les culottes propres le soir et on y rattachait des nacelles + absorbants propres pour la journée du lendemain. Ces couches m’ont particulièrement plu parce qu’elles prennent peu de place, ses différents éléments sèchent très rapidement (un peu moins pour les absorbants en coton) et s’adaptent bien, d’après mon expérience, à différentes morphologies.
- Bon à savoir : Hamac propose également des couches TE2, des couches piscine et même un service de réparation.
TOTSBOTS
À partir du 5e mois également, nous avons adopté les Easyfit de Totsbots, des couches TE1 intégrales multi-tailles en bambou. J’ai souhaité avoir quelques couches lavables intégrales sous la main afin de faciliter le change de personnes peu habituées.
- Origine et fabrication : marque écossaise, fabrication au Royaume-Uni et en Turquie (pour une partie des produits vendus en dehors du Royaume-Uni)
- Prix du modèle testé : 24,95 euros (prix en France ; environ 5 euros moins cher au Royaume-Uni !)
- Avantages : très simples à utiliser (même par des novices), taille évolutive adaptée aux bébés de 3,5 à 15 kilos, système de dépliage de l’absorbant permettant un séchage plus rapide.
- Inconvénients : un peu plus encombrantes que les T.MAC, plus longues à sécher également (mais moins que les couches classiques), la couche entière doit être lavée après chaque usage.
- Mon avis : il n’y a pas plus simple et pratique que les TE1 de manière générale et les Easyfit de Totsbots sont robustes et bien conçues. Malheureusement, après quelques temps d’utilisation, nous avons constaté des fuites. Pour y pallier, nous avons ajouté des boosters, soit des absorbants une épaisseur (en coton) de la marque Hamac qui ont prouvé leur efficacité.
- Bon à savoir : Totsbots propose également des couches classiques et des couches de bain.
MILOVIA
Lorsque j’ai évoqué mon intérêt pour les couches lavables, mon amie Sandrine du blog Végébon (que je vous conseille vivement de suivre pour ces partages riches en idées et en conseils autour du végétalisme, de la parentalité, de la consommation responsable, etc.) m’a proposé de m’envoyer une couche TE1 à poche multi-tailles avec absorbant en microfibre de la marque Milovia pour la tester avant de m’envoyer le reste de son stock si celle-ci me convenait. Satisfaite de ce test, j’étais heureuse de pouvoir récupérer ce lot de couches de seconde-main qui, je m’étais dit, nous servirait une fois que les T.MAC taille M n’iraient plus à notre bébé. Je précise que la marque Milovia n’existe plus mais comme elle se trouve encore sur certains sites (neuf ou occasion), il me semble pertinent de vous présenter ces couches.
- Origine et fabrication : marque polonaise, fabrication en Europe
- Prix du modèle testé : 25,95 euros
- Avantages : faciles d’utilisation, les couches peuvent être préparées à l’avance, il est possible d’utiliser différents absorbants selon les préférences et besoins, elles sont assez peu encombrantes comparées aux TE1 intégrales de Totsbots, elles sèchent rapidement.
- Inconvénients : l’absorbant doit être retiré de la poche avant lavage (ce qui n’est pas très agréable lorsqu’il est humide), la couche entière doit être lavée après chaque usage.
- Mon avis : c’est certainement le système que je préfère d’un point de vue pratique : les TE1 à poches multi-tailles de Milovia sont simples d’usage, elles sont peu encombrantes, elles sèchent rapidement et elles s’utilisent pour des enfants de leur 4 à leurs 16 kilos de. Malheureusement pour nous, si notre premier essai avait été concluant, nous avons eu pas mal de fuites par la suite. Un décrassage plus efficace aurait peut-être réglé le problème mais comme j’ai commencé à les utiliser l’été où j’étais sur le point d’abandonner les couches lavables, je n’ai pas cherché de solution.
Pour la nuit
Compte tenu de leur capacité d’absorption, les couches classiques sont celles que nous avons préféré pour la nuit. Néanmoins, sur les trois que nous possédions seule une nous convenait vraiment tant que notre bébé tétait plusieurs fois par nuit, les deux autres laissant une sensation d’humidité plus importante au réveil. Je m’étais dit que nous pourrions utiliser ces dernières à partir du moment où je n’allaiterai plus la nuit mais comme l’arrêt des tétées nocturnes a coïncidé avec ma décision d’arrêter les couches lavables, j’ai finalement assez peu utilisé ces modèles-là et avec le recul, sans tétées nocturnes je pense que nous aurions également pu utiliser nos couches Hamac et Totsbots.
Voici les 3 marques de couches classiques pour la nuit que nous avons testées :
LULU NATURE
- Modèle : Dodo Bambou de Lulu Nature, une couche classique multi-tailles (5 à 15 kg) en bambou/micropolaire.
- Origine et fabrication : France
- Prix : 21,50 euros
- Mon avis : ce modèle, avec son intérieur tout en polaire, est mon préféré car il laisse les fesses de l’enfant plus au sec et ne nécessite pas l’ajout d’insert en polaire (qui ne protège dans tous les cas pas autant qu’un intérieur tout polaire). Sa poche permet par ailleurs l’ajout d’un insert (fourni). Enfin, c’est une couche aux matériaux souples et fins qui semble très agréable à porter.
- Bon à savoir : Petit Lulu propose un service de réparation pour les élastiques de ses couches.
TOTBOTS
- Modèle : Bamboozle de Totsbots, couche classique taille évolutive en bambou.
- Origine et fabrication : Marque écossaise, fabrication au Royaume-Uni et en Turquie (pour une partie des produits vendus en dehors du Royaume-Uni)
- Prix : 19,99 euros
- Mon avis : ce modèle me rappelle les couches classiques en bambou de Little Lamb et nous a bien convenu en termes d’absorption mais ne m’a pas semblé aussi confortable que la Dodo Bambou pour ce qui est du maintien au sec.
PETIT LULU
- Modèle : Petit Lulu Nuit de la marque Petit Lulu, une couche classique multi-tailles (7 à 16 kg)
- Origine et fabrication : Marque française, fabrication en République Tchèque
- Prix : 26,90 euros
- Mon avis : ce modèle ressemble assez au Dodo Bambou de Lulu Nature en termes de souplesse et d’épaisseur mais son intérieur en bambou et en coton le rend moins confortable à mon sens. Bien que l’insert fourni soit en polaire, la peau de l’enfant reste en partie en contact avec l’épaisseur en bambou et en coton de la couche principale, très humide au réveil pour notre enfant qui tétait plusieurs fois par nuit.
Pour les culottes de protection, nous en avons choisi 3 des marques suivantes : Popolini, Blueberry et TotsBots. J’ai préféré les deux dernières, mieux ajustées et ajustables.
En plus de savoir quels modèles nous conviendraient, j’ai mis du temps à trouver le nombre de couches idéal pour ne pas nous retrouver à sec (ou plutôt dans le caca… haha !). Finalement, le nombre de couches lavables nécessaire dépend de différents facteurs :
- Le nombre de changes quotidien (qui évolue et diminue au fil des mois d’après mon expérience)
- La fréquence de lavage
- La temps de séchage des couches
Les premiers mois où nous changions la couche de notre bébé environ 7-8 fois en 24h, où nous faisions une lessive de couches tous les 2-3 jours et où nos couches classiques Little Lamb en bambou/coton mettaient 24 heures voire plus à sécher, il nous aurait idéalement fallu une bonne vingtaine de couches. Comme nous en avions moins (une douzaine), nous utilisions des couches jetables tous les 2-3 jours, le temps que nos couches Little Lamb sèchent.
Par la suite, entre les Hamac et les Totsbots, une quinzaine de couches de jour nous suffisaient, à raison de 5 changes en moyenne la journée, une lessive tous les 3 jours et une nuit de séchage maximum pour les T.MAC avec absorbant en microfibre. J’avais pour habitude de faire une lessive en fin de journée afin d’avoir un set de couches propres le lendemain matin.
Stockage
Pour le stockage des couches souillées, nous utilisions une poubelle à couvercle classique ainsi qu’un grand sac imperméable de la marque Lulu Nature. J. préférait la poubelle, plus facile à ouvrir et moi je préférais le sac imperméable, plus facile à vider et à laver. Dans tous les cas, ce n’était pas le mode de stockage idéal car par moment des odeurs d’urines étaient perceptibles dans la salle de bains.
Lavage
Nous lavions les couches en machine à 40 °, avec des lingettes et même notre linge, afin que le lave-linge soit plein. Étant donné que notre lessive habituelle, fabriquée à partir de copeaux de savon de Marseille de la marque Marius Fabre, n’est pas enrichie en glycérine, nous avons pu l’utiliser pour laver nos couches sans risquer de les encrasser. Pour trouver d’autres lessives adaptées au lavage des couches lavables, vous pouvez consulter cette liste de Lilinappy ainsi que les produits à la vente sur leur site.
Séchage
Nous faisions sécher les couches à l’air libre, sur un étendoir, à l’intérieur le plus clair de l’année et sur notre terrasse à chaque fois que le temps le permettait. Je précise qu’il est décommandé d’utiliser un sèche-linge car des températures trop élevées accélèrent l’usure des fibres et détériorent l’imperméabilité des couches. De même, le séchage sur radiateur est fortement déconseillé.
Décrassage
Enfin, pour le décrassage, conseillé tous les 2 mois (voire plus si encrassement notable), j’ai suivi les conseils de Lillynappy :
- Trempage des couches (propres) TE1 intégrales et des absorbants dans une bassine d’eau chaude avec du percarbonate de soude et du bicarbonate de soude.
- Rinçage en machine à 60 °, essorage à 1000 tours et sans lessive.
Tous les discours autour des couches lavables que j’ai pu croiser vantent globalement les mêmes avantages. Les couches lavables permettraient de/d’…
- Faire des économies
- Moins sortir les poubelles
- Générer moins de déchets
- Limiter son empreinte carbone
- Épargner les irritations à son enfant
Mais alors qu’en est-il vraiment ?
Pour ce qui est des économies, cela est indiscutable : si l’investissement est très important au départ, il est normalement rentabilisé dès la première année. Si j’avais choisi d’utiliser des T.MAC neuves jusqu’à sa continence (il s’agit du modèle que j’aurais privilégié pour son rapport qualité-efficacité-praticité-prix), j’aurais dépensé de 450 à 650 euros (il s’agit d’une estimation puisque je ne suis pas certaine que j’aurais eu besoin d’acheter des tailles L. Notre enfant est en phase d’apprentissage d’usage du pot et pourrait encore porter des T.MAC de taille M). Or, notre abonnement aux couches jetables Lilidoo nous coûte environ 35 euros par mois (soit 420 euros par an). Nous ne sommes pas sur un modèle de couches jetables des plus économiques mais même avec un modèle bas de gamme, je doute qu’on puisse dépenser moins de 650 euros en couches jetables par enfant, avant de pouvoir se passer de toute protection. Par ailleurs, lorsqu’un set de couches lavables sert à plus d’un·e enfant au sein du même foyer, il est d’autant plus rentabilisé. Je précise tout de même que les dépenses liées aux couches lavables ne se limitent pas aux couches elles-mêmes ; à celles-ci s’ajoute l’achat de voiles jetables, d’une poubelle ou d’un sac de stockage, de sacs de transport imperméables et de produits d’entretien. Ces dépenses restent toutefois minimes comparées au coût des couches jetables sur 2 à 3 ans ou plus.
Concernant la fréquence de sortie des poubelles, il est vrai qu’avec des couches jetables, ça augmente… alors qu’avant on vidait notre poubelle environ 1 à 2 fois par mois, on la vide actuellement au moins 2 fois par semaine. Néanmoins, descendre 2 étages pour jeter les poubelles est une tâche moindre comparée à celle que constitue l’entretien des couches lavables. En effet, en plus du temps et de l’énergie nécessaires pour faire tourner deux machines supplémentaires chaque semaine et tout ce que cela implique (étendage et ramassage du linge), les couches lavables nécessitent d’être rangées, assemblées (suivant les modèles) et décrassées tous les 2 mois (étape qui inclut trempage et lavage). Or, quand j’étais en plein post-partum et en congé parental, que je manquais de sommeil, que je peinais à trouver le temps de me reposer, manger, prendre une douche ou encore aller aux toilettes (soit de répondre à mes besoins vitaux), étendre une énième lessive (et tout ce qui s’en suit) a fini par devenir une tâche des plus pesantes et une charge mentale non-négligeable (parce qu’il faut toujours s’assurer de laver les couches à temps, anticiper les lavages/séchages avant un départ en week-end/vacances, penser à préparer le sac pour la crèche, de quoi transporter les couches souillées lors des sorties, etc.).
Au-delà de la charge ménagère que représentent les couches lavables, je ne supportais plus d’avoir l’étendoir à linge constamment déplié dans une pièce ou l’autre de notre appartement car quand ce n’était pas les couches, c’était notre linge qui séchait (c’est fou combien la fréquence des lessives augmente avec un bébé !). Nous avons la chance d’habiter dans un appartement suffisamment spacieux mais pas suffisamment non plus pour mettre l’étendoir hors de notre vue, à part par temps chaud où l’on peut profiter du soleil et de la terrasse. Même si je trouve notre étendoir avec sa structure en hêtre massif très joli, cela reste un objet encombrant et un rappel constant des tâches à venir : pliage, rangement, etc. Cela peut sembler ridicule et pourtant, lorsque j’étais à bout de force, le moindre rappel d’obligation domestique m’abattait un peu plus.
Par ailleurs, bien que les couches lavables génèrent incontestablement moins de déchets (et d’autant plus si elles sont utilisées par plus d’un·e enfant), leur empreinte carbone n’est pas considérablement différente de celle des couches jetables. C’est ce que démontre la seule étude comparative menée à ce jour, par le DEFRA, qui conclut que la fabrication et l’usage des couches lavables rejette 550 kg de dioxyde de carbone, contre 570 kg pour les couches jetables, sur une période de 2 ans et demi. Comme je l’explique dans mon livre, le rapport stipule toutefois que l’impact des couches lavables dépend considérablement des conditions dans lesquelles elles sont entretenues. En lavant les couches dans une machine à pleine charge, en utilisant un lave-linge classé A, en lavant les couches à 60° maximum, en utilisant une lessive écologique, en séchant les couches à l’air libre, en évitant de les repasser (!) et en les réutilisant pour plus d’un·e enfant, l’impact carbone des couches lavables peut être réduit de 40 %. J’admets que nous remplissions facilement ces conditions et que notre usage de couches jetables émet donc davantage de dioxyde de carbone que lorsque nous utilisions des lavables… Espérons que le fait de ne pas manger de produits d’origine animale, de ne pas avoir de voiture et de ne plus prendre l’avion compense un peu cet écart, haha !
Enfin, dernier point : les irritations. Au cours du second été, les fesses de notre bébé étaient le plus souvent irritées, ce qui est peut-être lié au fait que ses couches lavables n’étaient pas changées suffisamment souvent à la crèche. Bien qu’il me semble indispensable de changer les couches d’un·e enfant de manière fréquente, il est certain qu’attendre 1 heure ou 2 de plus pour changer une couche d’urines gênera moins un·e enfant en jetable qu’en lavable. Dans la crèche de notre enfant, où les auxiliaires ne sont pas habitué·es au rythme des couches lavables, les changements n’étaient certainement pas assez fréquents – et je ne souhaitais pas leur demander de changer la couche de notre enfant plus souvent. Ne parvenant pas à débarrasser notre enfant de ces irritations autrement qu’en lui mettant des couches jetables, et contrariée de voir nos absorbants s’encrasser de plus bel (sans parvenir à les décrasser) à cause de la quantité de crème qu’on lui appliquait, j’ai fini par dire stop. Stop aux couches lavables. Stop à cette charge mentale et ménagère qui me pesait depuis le début et dont je n’osais me défaire car toustes les autres adeptes des couches lavables semblaient les avoir adoptées en toute simplicité. Stop à ce temps et cette énergie précieuses que je perdais alors que j’étais en plein post-partum et que j’étais mentalement et physiquement épuisée. Je me suis tout de même renseignée sur le service de location et de lavage de couches lavables de Freiburg mais le coût nous a rebuté – cela revenait plus cher que l’achat de couches lavables ou jetables.
Pour être tout à fait honnête, je regrette d’avoir investi autant d’argent, d’énergie et de temps dans les couches lavables mais ne regrette pas un seul instant les 35 euros dépensés chaque mois en couches jetables depuis maintenant un an. Par ailleurs, je précise que ni mon mari ni moi ne sommes particulièrement affecté·es par le fait de sortir les poubelles plus fréquemment que d’habitude…
Pour rappel, je revends tous nos sets de couches lavables, ainsi que nos sacs imperméables (pour plus de détails et photos, n’hésitez pas à me contacter) :
- Set T.MAC (TE3) de Hamac taille M constitué de 4 culottes, 10 nacelles, 10 inserts en microfibre, 2 inserts en coton bio, 1 insert nuit et 4 boosters en coton bio + quelques voiles jetables. Prix : 125 euros.
- Set de 5 couches Easyfit (TE1) de Totsbots. Prix : 75 euros
- Set de 3 couches classiques nuit : 1 Bamboozle de Totsbots, 1 Dodo Bambou de Lulu Nature et 1 Petit Lulu nuit, 1 culottes de protection Totsbots, 1 culotte de protection Bluberry et 1 culotte de protection Popolini. Prix : 100 euros.
- Grand sac de stockage imperméable (35×70). Marque Lulu Nature. Prix : 12 euros
- Sac de stockage imperméable moyen (35×35). Marque Lulu Nature. Prix : 8 euros
