Dans le cadre de l’éco-défi Faire le vide chez soi, j’ai invité une dizaine de blogueuses qui s’intéressent au minimalisme à partager leur expérience à ce sujet. Cette semaine, je vous propose de découvrir le dernier volet de cette série d’articles avec le témoignage d’Eva du blog Eva Bee, d’Emma du blog Planet Addict et enfin le mien. Si vous les avez manqués, vous pouvez retrouver les 9 premiers témoignages de cette série ici, là et là.
Pour moi, le minimalisme c’est un véritable mode de vie qui me permet de m’épanouir. Le fait de posséder moins me procure un sentiment de liberté totale, comme si je pouvais tout quitter d’un instant à l’autre, sans me soucier de rien.
J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme en 2013. Je commençais tout juste la vie active, et pour tout vous dire, j’ai dépensé la majorité de mes premiers salaires dans des fringues. J’avais l’impression que cela me rendait heureuse, alors qu’en fait c’était plutôt l’inverse. J’ai découvert le minimalisme sur internet, j’avais des envies de simplicité, de retrouver les bases, de me redécouvrir aussi.
Le minimalisme m’apporte de la sérénité, je profite davantage de l’instant présent, je ne suis plus focalisée sur des choses que je veux acheter. Avant, je passais mon temps à parcourir les boutiques pour me sentir bien, comme si acheter me rendait heureuse, c’était comme un accomplissement de me dire que je dépensais pour vivre. En fin de compte je ne trouvais jamais le temps d’aller voir mes proches, ou alors je n’avais plus assez d’argent pour prendre le train pour aller voir ma famille, parce que je m’achetais trop de choses.
Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste a été un grand tri dans ma garde-robe ! Je suis quelqu’un qui a besoin de modèles, de guides pour mener à bien quelque chose. Pour faire le tri dans ma garde-robe, je me suis donc renseignée sur les différentes méthodes de désencombrement et d’organisation du dressing qui peuvent exister. J’ai découvert un blog qui n’existe plus désormais et qui s’appellait L’Armoire Essentielle. Les deux auteures étaient des adeptes du style parisien et de la garde-robe capsule. J’ai tout de suite accroché avec ce système qui est le plus simple pour se lancer je trouve. Il existe aussi le Project 333 qui donne de bonnes lignes directrices.
La prochaine étape de mon cheminement minimaliste sera de changer de ville, de vivre dans des meublés et de voyager le plus possible. Je souhaite ne posséder que l’essentiel pour être libre dans mes déplacements. J’entends par essentiel, suffisamment de vêtements et de chaussures pour être parée à quelconque évènement climatique ou mondain, et ne garder que le minimum vital (de quoi me laver, manger, dormir, me divertir, communiquer). Les meubles sont superflus je pense.
L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste est le fait de moins consommer de vêtements. Je reste assez accro aux fringues, mais ça va mille fois mieux qu’avant. Je suis de plus en plus détachée par rapport à ça. En fait, j’aime pouvoir me sentir belle quelle que soit la situation, même pour faire la sieste, je veux me plaire. Je veux posséder de belles pièces de qualité qui me correspondent. Ça prend du temps et je fais beaucoup d’essais, ce qui fait que je continue à consommer régulièrement les produits de mode.
À celles et ceux qui souhaiteraient cheminer vers le minimalisme, je conseillerais de prendre votre temps et de ne pas vous comparer aux autres. Il ne faut surtout pas faire ça. Chacun.e a son propre rythme, il ne faut pas se laisser impressionner par ce que l’on voit sur les blogs ou les réseaux sociaux. Ce n’est jamais complètement la réalité, on n’y montre que ce que l’on veut y montrer. C’est à chaque personne de suivre le modèle qui lui plaît, de commencer par où elle a envie. Nous sommes tous.tes tellement différent.e.s, c’est une richesse, pas un handicap !
🌿 🌿 🌿
Pour moi, le minimalisme c’est vivre bien avec ce qu’il nous faut. Nous n’avons pas besoin d’une multitude de biens matériels pour être heureux, le tout est de trouver ce qui nous est indispensable pour vivre confortablement et ne pas s’encombrer avec du superflu. L’équilibre minimaliste est propre à chacun.e, selon ses propres besoins. C’est donc aussi comprendre ce que sont ces besoins avant tout, pour vivre en accord avec eux.
J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme en voyageant. Je vagabondais d’un pays à l’autre avec un sac à dos, ce qui m’a incitée à me concentrer sur l’essentiel et à apprécier les expériences plutôt que le matériel, mais aussi à ajuster ce que je possédais en fonction des endroits et des envies. C’était par exemple réduire le nombre de cosmétiques que je transportais et qui m’étaient nécessaires au quotidien (brosse à dents, dentifrice, savon, désinfectant, crème solaire) et me procurer le reste selon les besoins du moment. En matière de vêtements, je n’avais pas de problème à porter les mêmes choses et à remplacer certaines pièces lorsqu’elles étaient complètement usées. L’avantage du sac à dos, c’est qu’on porte le poids de ses objets. Assez vite, on fait le choix soit d’accepter de porter un sac plus lourd, soit de suivre la règle « une nouvelle chose entre, une ancienne sort » pour ne pas s’encombrer.
Le minimalisme me permet de me poser des questions sur mes besoins et de voir comment ces derniers évoluent. Pour chaque pièce, chaque objet, je tâche de savoir si cela m’est utile et si ce n’est pas le cas, pourquoi je le garde. Est-ce que j’y porte un attachement émotionnel ? Est-ce que je le garde au cas où ? La notion d’utilité n’est d’ailleurs pas limitée à l’usage fonctionnel, j’y accorde aussi celle d’utilité affective. Cela concerne les objets dont l’utilité est de m’apporter de la joie, du réconfort, un repère, bref, qui me procurent une émotion positive. Tout cela évolue dans le temps et j’ai aussi appris que rien n’est figé ou statique : ce n’est pas parce qu’on est minimaliste qu’on ne consomme plus rien ! Au contraire, c’est juste qu’on consomme mieux, une consommation raisonnée, adaptée et positive. Car ce qui me convient est différent de ce qui convient à mon voisin, et c’est ok. L’idée n’est pas de tout calquer sur les autres mais vraiment de s’écouter et de faire en fonction de soi. En fait, le minimalisme c’est aussi un peu une sorte de thérapie !
Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste a été de lire La magie du rangement de Marie Kondo, et d’apprendre à me débarrasser de bien des choses que je stockais mais dont je ne me servais pas. Dans son livre, que je détaille ici, elle nous apprend à ne garder que les choses que l’on aime avoir, afin de ne s’entourer que de positif. C’est une approche qui nous vient du Japon, avec un angle sur l’énergie des objets et la nécessité de créer du mouvement. Se détacher des objets, les laisser accomplir leur objectif, les laisser partir quand c’est le cas.
La prochaine étape de mon cheminement minimaliste sera de revoir mon espace de vie pour l’organiser, le rendre beau, lui faire refléter ma personnalité ! J’aimerais avoir un intérieur qui me ressemble vraiment et qui reprenne vie car j’ai justement commencé le minimalisme en pensant que je devais avoir un certain nombre de choses et que cela resterait statique, alors qu’aujourd’hui, je cherche à mettre tout cela en mouvement. Si je suis bonne pour trier, je le suis moins pour ranger et faire vivre ce que j’ai.
L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste est la garde-robe… j’ai encore du mal à trouver ce dont j’ai vraiment besoin et cela met du temps d’arriver à concilier besoin avec plaisir et éthique. J’attache de l’importance au fait d’acheter durable et ce n’est pas toujours évident !
À celles et ceux qui souhaiteraient cheminer vers le minimalisme, je conseillerais de lire La magie du rangement de Marie Kondo ; c’est un bon point de départ pour faire un sacré tri quand on ne sait pas par où commencer !
🌿 🌿 🌿
Pour moi, le minimalisme c’est l’art de vivre pleinement et harmonieusement avec l’essentiel. C’est une philosophie de vie qui repose sur un principe de base : celui de répondre à ses besoins (matériels, physiologiques, émotionnels…) avec un minimum de contraintes, de ressources et d’impact sur l’équilibre des écosystèmes de la planète. Concrètement, le minimalisme incite à faire une place de choix aux objets, aux personnes et aux activités qui comblent un véritable besoin, qui génèrent des émotions positives durables et/ou qui nous enrichissent l’esprit. Ainsi, le minimalisme nous invite à l’introspection et à la réévaluation régulière de nos besoins – au fil de leur évolution – afin de faire le tri et de nous délester de ce (voire de celles et ceux) qui nous encombre, tant sur le plan matériel que sur le plan émotionnel. En somme, le minimalisme permet de prendre soin de soi et de cultiver son bien-être en toute simplicité, tout en étant en harmonie avec soi-même et son environnement.
J’ai commencé à m’intéresser au minimalisme quand j’ai quitté la ville d’Oxford pour m’installer en pleine forêt, sur l’île de Vancouver, il y a 6 ans. Cela faisait alors 8 ans que je vivais en Angleterre où j’avais accumulé énormément de choses complètement inutiles au fil des années. Or, plutôt que de faire un tri entre chaque déménagement, je me débrouillais toujours pour trouver une chambre (en colocation) un peu plus grande que la précédente. Le fait de changer de continent, d’environnement, de travail et de mode de vie m’a obligée à remettre en question la place de la plupart de mes possessions dans la nouvelle vie qui m’attendait. En commençant mon tri, je me suis très vite sentie envahie par la honte : mes placards étaient remplis de vêtements, de chaussures et d’accessoires à peine – voire jamais – portés, et mes étagères comptaient de nombreux livres dont je n’avais même pas lu la 1re page. Cette honte d’avoir gaspillé tant d’argent et de ressources a mis un véritable frein à mes achats superflus et m’a aidée à quitter l’Angleterre en laissant derrière moi tout ce dont je n’avais pas besoin. Ce premier tri ne fut pas parfait mais il a marqué le début de ma réflexion sur le minimalisme et m’a permis de faire mes premiers pas vers une consommation réfléchie et raisonnée.
Le minimalisme m’apporte tant de choses, à commencer par une meilleure connaissance de moi-même. Identifier mes besoins m’a demandé un véritable travail d’introspection et m’a amenée à me poser tout genre de questions à la fois intimes et pratiques : pourquoi ai-je acquis tel objet, qu’est-ce que j’en attendais, qu’est-ce j’en ai fait, qu’est-ce qu’il m’a apporté, etc. ? Ainsi, j’ai réalisé que plusieurs des objets que je possédais ne m’apportaient rien, au mieux, ou m’encombraient matériellement et/ou spirituellement, au pire. Cela m’a permis de prendre conscience que j’avais finalement besoin de beaucoup moins d’objets que ce que j’avais et cela a été très libérateur. J’ai ainsi réussi à me défaire de nombre de pressions et repères socioculturels qui poussent à la consommation et valorisent la possession de biens matériels. Sur le plan pratique, j’ai gagné en temps, en énergie, en espace et en argent car je ne fais plus les magasins « juste pour voir », je n’acquièrs plus rien qui ne réponde à un vrai besoin et j’ai de moins en moins d’objets à ranger et à entretenir au quotidien. Enfin, je me sens de plus en plus légère et sereine de manière générale car je me suis – en partie pour le moment – libérée non seulement du superflu mais aussi de tout ce qui pouvait me peser afin d’avoir tout ce qui est essentiel à mon bien-être à ma portée.
Mon premier pas dans mon cheminement minimaliste a été de faire le tri dans ma garde-robe. Pendant longtemps, j’ai acheté des vêtements parce qu’ils me plaisaient, pour « changer un peu », pour une occasion spéciale ou encore pour profiter des soldes. C’était mon poste de dépense principal, après les voyages. J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à la manière dont je m’habillais, sans pour autant savoir ce qui m’allait vraiment ni réfléchir à la manière dont mes nouvelles pièces s’accorderaient aux anciennes ou à leur usage sur le long terme. J’ai ainsi accumulé beaucoup d’habits qui n’avaient pas vraiment leur place dans ma garde-robe mais je les gardais dans l’espoir qu’ils me serviraient un jour… J’ai donc fait le point sur mes besoins, sur les couleurs, les formes et les matières dans lesquelles je me sentais bien et j’ai vendu/donné au moins la moitié de mes vêtements, chaussures et accessoires lors de ce premier tri. Heureusement qu’il y avait un Charity Shop juste au bout de ma rue à Oxford et que j’avais de nombreuses amies intéressées par mes vêtements ! En tout cas, le temps et l’énergie gaspillés à gérer ce surplus de possessions superflues m’ont vaccinée contre le shopping et pas seulement pour les vêtements ! Depuis, je n’ai plus jamais remis les pieds dans un magasin à moins d’avoir un vrai besoin. Cela ne m’a toutefois pas empêchée de faire de mauvais choix mais cela est davantage dû à ma difficulté à différencier ce qui me plaît de ce qui me va – je ne m’en rends pas toujours compte sur le coup ; j’avoue que j’aimerais beaucoup pouvoir m’offrir un jour les conseils d’une pro en matière de style et d’habillement.
La prochaine étape de mon cheminement minimaliste sera d’organiser la suite de mon tri. Jusque-là, j’ai fait mon tri de manière assez aléatoire et spontanée, quand l’envie m’a prise ou bien à l’occasion de mes deux derniers déménagements (en 2011 et en 2014). Je remarque toutefois que si j’ai trié sans problème mes vêtements, mes livres et mes cosmétiques, je manque de motivation pour le reste – papeterie, courriers, papiers administratifs, photos, fichiers électroniques, etc. Je souhaite donc me faire un planning de tri sur plusieurs mois afin d’aller jusqu’au bout de ma démarche et d’avoir enfin le sentiment de posséder l’essentiel dans tous les domaines de mon quotidien.
L’un des principaux défis de mon cheminement minimaliste est de prendre le temps de vendre ce que je ne souhaite pas garder. J’ai donné énormément de choses à des associations mais il y en a que je préférerais revendre parce que leur valeur pécuniaire en vaut la peine. Si j’étais en France, je mettrais volontiers des petites annonces sur Le Bon Coin, mais ici, en Allemagne, je ne sais pas trop comment m’y prendre à cause de la barrière de la langue. Avec mon mari, nous avons déjà envisagé de participer à une brocante, mais nous ne nous sommes toujours pas organisé·e·s pour le faire… Pourtant, il y en a une presque tous les week-ends à Freiburg, voire plus à la belle saison ! J’espère vraiment qu’on prendra le temps de faire une brocante l’année prochaine… en attendant, les cartons s’accumulent au grenier !
À celles et ceux qui s’intéressent au minimalisme, je conseillerais de commencer par identifier vos motivations : pourquoi souhaitez-vous cheminer vers le minimalisme, quelles sont vos attentes ? Le cheminement sera certainement long alors il me semble important de ne pas perdre nos objectifs personnels de vue en cours de route. Je pense qu’il est également tout aussi utile de faire la liste de ses besoins, dans tous les domaines du quotidien – garde-robe, loisirs, hygiène, literie, etc. Cela peut prendre du temps, mais sans ça, on risque d’avoir du mal à trier de manière réfléchie, efficace et durable. Et si cette tâche vous impressionne un peu trop pour le moment, vous pouvez commencer par un ou deux exercices pour vous initier au minimalisme en douceur. Dans tous les cas, il me paraît essentiel d’y aller à son rythme : cheminer vers le minimalisme ne devrait pas rajouter de pression supplémentaire ; au contraire, de la réflexion à l’action, en passant par les hésitations, chaque étape de notre cheminement devrait nous alléger et nous apporter un sentiment de satisfaction.
