Mon Petit Balcon est sans nul doute l’une de mes plus belles découvertes de l’année 2015 dans la blogsphère ! Sur ce joli blog qui s’adresse aux jardiniers/jardinières urbain-e-s, Ana partage un tas d’astuces à la fois écologiques et économiques pour jardiner en toute simplicité au fil des saisons et en fonction du calendrier lunaire. Ses articles joliment illustrés par ses soins sont de véritables mines d’information sur les différentes plantes que l’on peut faire pousser sur son balcon et elle propose également des DIY pour jardiner sans se ruiner ainsi que des recettes végé pour se régaler avec nos récoltes.
Pour nous aider à relever les premiers éco-défis de l’année, Ana a préparé spécialement pour nous une série d’articles sur les bases du potager de balcon. Vous pourrez les découvrir sur son blog au fil des prochaines semaines… en attendant, je lui ai posé quelques questions pour en savoir plus sur sa passion et lui demander quelques conseils en tant que jardinière débutante.
D’où te vient ton intérêt pour le jardinage et qu’est-ce qui te motive à entretenir ton propre potager ?
C’est la curiosité et l’envie de tester qui m’ont mené au jardin potager et aussi m’a passion pour la cuisine. Quand on aime cuisiner on ne peut pas rêver mieux que de faire pousser ses propres aliments !
En remplissant un formulaire sur internet il y deux ans, j’ai eu l’occasion de recevoir un échantillon de graines de haricots verts. Bien que je n’avais pas la main verte à cette époque, je me suis laissée tenter.
Pour faire pousser les petites graines tout juste semées, je me suis mise à chercher tout un tas d’informations sur internet (même si le jargon était un peu trop technique pour moi). Finalement, j’ai laissé faire la nature et c’est à partir de là que le jardinage est devenu un nouveau passe temps.
Aujourd’hui je m’occupe de mes plantes comme un amoureux des animaux s’occuperait de ses amis les bêtes. Je ne manque pas un jour sans voir si les radis ont pointé le bout de leurs fanes et si les fraises ont mûri dans la nuit. J’essaie de les nourrir d’amour et d’eau grise récupérée dans ma cuisine même si ça ne suffit pas toujours ;).
Comment as-tu appris à jardiner ?
J’ai commencé à jardiner à ma façon en m’inspirant de ce que je voyais à la télé ou sur internet (merci « Silence ça pousse ! »). J’ai donc appris de mes erreurs. Mais je me suis vite rendue compte que ça ne suffisait pas car les haricots verts, premières graines que j’ai semées, ont commencé à m’en faire voir de toutes les couleurs (feuilles qui tombent et jaunissent, tâches blanches, graines qui poussent sous terre,…). À partir de là, j’ai pris le jardinage plus au sérieux et je me suis mieux informée.
As-tu des ressources pratiques pour débutant-e-s à nous recommander ?
Un des livres qui m’a été offert pour débuter et que je consulte régulièrement est « Le guide marabout du carré potager pas à pas » par Lucy Halsal.
- Les plus : il s’adresse aussi bien aux propriétaires d’un vrai jardin qu’aux chanceux possédant un balcon. Des indications sont données pour semer et planter en pleine terre ou en pot et il contient de nombreuses images avec les gestes à reproduire au moment de cultiver et d’entretenir son petit coin de verdure. Les ravageurs et maladies qui peuvent attaquer les plantes sont mêmes illustrés pour mieux les identifier.
- Le moins : sur 256 pages, 8 seulement sont consacrées à la culture des plantes aromatiques qui sont une bonne porte d’entrée pour débuter un balcon potager.
Je bouquine aussi « Un potager sur mon balcon » par Larousse.
- Les plus : il donne les bases pour commencer à verdir son balcon potager. Des fruits aux légumes en passant par les aromates, il est tout aussi illustré que le premier. Je trouve que les image sont importantes quand on apprend à jardiner surtout quand les termes « butter les pommes de terre » et « éclaircir la laitue » sont bien obscurs pour vous.
- Le moins : bien que le contenu du livre soit détaillé, il y a peu de plantes présentées.
Enfin mon incontournable est le magazine « Jardin d’ici ».
- Les plus : il s’adresse tant aux débutants qu’aux jardiniers expérimentés. À chaque saison il propose conseils, fiches pratiques, recettes et remèdes de jardin et même un calendrier lunaire saisonnier !
- Le moins : il n’y a qu’un numéro paru tous les trois mois et je m’impatiente d’arriver à la saison prochaine pour découvrir le nouveau numéro.
Avec ses trois bouquins sous la main, impossible qu’elle ne devienne pas verte !
Il paraît que tu jardines avec la lune… qu’est-ce que ça veut dire exactement ? Quels sont les bienfaits de cette méthode ?
En effet, je jardine avec la lune depuis cet été. Chaque mois j’essaie de réaliser un petit calendrier lunaire illustré avec des tâches bien précises pour pouvoir m’y retrouver. En quelques mots, jardiner avec la lune c’est prendre en compte l’influence que cet astre a sur la terre et sur les végétaux.
Comme avec la marée, qui monte et qui descend, la lune influence le mouvement de la sève dans les plantes :
- en lune montante la sève remonte par les tiges : c’est le moment idéal pour récolter des fruits et légumes plus savoureux et c’est aussi le temps des semis,
- en lune descendante la sève redescend, ce qui stimule le sol et les racines. C’est le moment idéal pour travailler la terre et apporter des engrais verts ou du compost.
Jardiner avec la lune c’est aussi prendre en compte la classification des plantes. Il y aura des jours favorables pour s’occuper des légumes-fruits et des fruits (fraise, poivron, piment, aubergine,…), d’autres pour les légumes-racines (radis, carotte, ail, pomme de terre,…), les légumes-fleur (chou-fleur, brocoli, …) et d’autres encore pour les légumes-feuilles et les aromates (salade, épinard, mâche, menthe, sauge…)
Certains jardiniers poussent l’expérience plus loin en y incluant l’influence des signes du zodiaque et les mouvements de lune croissante et décroissante. Pour l’heure je me contente de suivre les basiques du calendrier lunaire. Grâce au nouvel ouvrage qui m’a été offert à Noël « Le potager biodynamique » de Marabout côté jardin, j’espère en apprendre davantage sur le calendrier lunaire.
Pour le moment j’ai l’impression que la méthode porte ses fruits car je suis sur le point de récolter ma première botte de radis après plusieurs échecs et le goût des fraises et tomates récoltées en lune montante n’a jamais été aussi savoureux.
Quels sont les investissements/ acquisitions à prévoir lorsqu’on démarre son potager de balcon ? Quelles sont tes astuces pour créer et développer son potager de manière économique ?
Pour l’investissement tout dépend du type de balcon (petit, grand ou terrasse) mais la récupération et le DIY sont maître mots. Quelque soit la taille, il y a des indispensables comme :
- la terre de jardin,
- les billes d’argiles,
- le paillis (écorces ou feuilles mortes ramassées en automne),
- le compost,
qui vont servir à confectionner un lit douillet pour les plantes.
Avec la tendance à la consommation collaborative, les plus motivés pourront même acheter ses matières premières à plusieurs (amis, voisins, proches) car les grosses quantités reviennent souvent moins chères.
Pour les contenants pas besoin de dépenses superflues. Au début j’ai commencé par acheter plusieurs jardinières onéreuses en magasin de bricolage mais ça fait vite gonfler la facture. Aujourd’hui, je plante et je sème dans :
- des cagettes récupérées sur le marché d’à coté,
- des boîtes de conserves,
- des bocaux à moutarde
- ou des barquettes en plastique.
Tout ce qui traîne à la maison peut servir de contenant à condition de le rendre étanche et de trouver un moyen de laisser respirer les racines des plantes. J’ai même tenté de faire pousser quelques pommes de terre dans un sac de course type cabas.
Enfin l’étape la plus enrichissante est d’y installer un compost de balcon. J’ai fabriqué le mien en m’appuyant sur les conseils du livre « Moins gaspiller c’est pas sorcier » de Stéphanie Araud-Laporte, en empilant des bacs de polyester récupérés chez le poissonnier. Aujourd’hui c’est devenu un lombricompost car les vers naturellement présents dans le terreau ont grossi et ont investi les lieux pour le plus grand bonheur de mes plantes et de ma poubelle ménagère.
Comment choisis-tu tes graines et où les trouves-tu ?
Pour débuter j’ai choisi les graines où il était inscrit sur le paquet « facile à cultiver » ou « récolte abondante » comme la laitue à couper.
Mon deuxième critère de choix était le fait que la plante puisse se cultiver dans un petit espace. C’est assez important de prendre en compte ce facteur. Faire pousser de la courge dans moins d’un mètre carré ça devient vite compliqué.
Enfin je me fiais à mon estomac. Je me suis laissée tenter par des graines de poirée, de menthe et de navet marteau car je me voyais déjà les transformer en cuisine avant même de les avoir semés.
Selon les régions où l’on cultive le climat est aussi à prendre en compte tout comme la saison. Certaines plantes comme l’épinard géant d’hiver et la salade peuvent résister aux températures basses. Pour le basilic par contre c’est une autre histoire.
Je me suis procurée toutes ces graines bios et non bios en jardinerie mais de plus en plus j’envisage de passer par des revendeurs de semences paysannes qui luttent pour la conservation et la reproduction du patrimoine que sont les graines.
On trouve facilement ces revendeurs sur internet. La ferme de Sainte-Marthe dont les graines bios sont vendues dans les grandes surface de jardinage et bricolage travaille aussi dans cette démarche.
Y a-t-il un fruit, légume ou aromate que tu aimes particulièrement faire pousser sur ton balcon ?
Ma plante préférée est la menthe. Je la surnomme Menthe la jolie car cet aromate sait s’imposer en jungle urbaine. Avec juste ce qu’il faut d’eau elle pousse à une allure folle et prend vite de la place par temps chaud. Il faut donc la planter dans un pot individuel pour qu’elle ne prenne pas tout l’espace. Elle me permet de profiter tout l’été de bouquets frais pour agrémenter un taboulé, un plat de bœuf épicé ou une salade de fruits.
Et pour faire durer le plaisir j’ai même mis des branches de menthe à bouturer un peu partout dans la maison tandis que d’autres ont fini au congélateur.
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