Pourquoi faut-il bannir les sacs en plastique ?
Leur production requiert de l’eau, de l’énergie, du polyéthylène (dérivé pétrolier) et contribue à l’émission de gaz à effet de serre. Tout ça pour un sac en plastique qui ne sera utilisé qu’à peine 20 minutes en moyenne avant d’être jeté (Source: AREHN).
Leur élimination pose également problème. Même si l’on réutilise un sac plastique, une fois usé, ce dernier finira soit à la poubelle (dans un autre sac plastique!), soit dans la nature: la quantité de plastique en tout genre qui finit dans les océans est si importante que l’on parle dorénavant de “continents plastiques”. Les sacs plastique sont ainsi responsables de la mort de milliers de dauphins et de tortues qui les ingurgitent faute de ne pouvoir les distinguer des méduses. Bien qu’ils se décomposent, non seulement ces sacs délaissent des particules très toxiques (les pétro-polymères) qui contaminent l’eau et le sol en se décomposant, mais il leur faut aussi de 100 à 400 ans pour se dégrader entièrement.
Leur recyclage, contrairement à d’autres matériaux, n’a rien d’une solution économiquement viable et écologiquement durable non plus. En effet, chaque sac nécessite plus de ressources pour être recyclé qu’il n’en produit.
Comment se débarrasser des sacs plastiques ?
Bien que de nombreux efforts aient été faits dans plusieurs pays pour en réduire l’utilisation et la production, tant par les consommateurs que par les vendeurs, les sacs plastique sont encore loin d’avoir disparu de notre quotidien. Il existe pourtant des alternatives plus écologiques que le sac plastique, certaines meilleures que d’autres.
☛ Pour les courses
- La meilleure option: amener ses propres sacs réutilisables et écologiques au marché ou au supermarché. Privilégier ceux en fibres naturelles biologiques, le bambou étant l’idéal.
- La moins bonne option: acheter un sac réutilisable quand on a oublié le sien! L’inconvénient est que les sacs réutilisables proposés en caisse sont souvent en plastique ou en matières non-écologiques.
☛ Au rayon fruits et légumes des supermarchés qui ne pèsent pas directement en caisse
- La meilleure option: plutôt que de mettre ses fruits et légumes dans des sacs, après les avoir pesés, coller l’étiquette du prix sur l’un des fruit ou légumes.
- L’autre option: apporter ses propres petits sacs-éco ou filets à provisions, sur lesquels on pourra coller l’étiquette du prix et dans lesquels on pourra glisser ses fruits et légumes.
- La moins bonne option: réutiliser ses sacs plastiques pour fruits et légumes à chaque achat en collant simplement le nouveau prix par dessus le précédent.
☛ Pour tout achat imprévu
- La meilleure option: toujours avoir un sac-éco pliable dans son sac à main, la poche de son manteau et/ou dans sa voiture.
- L’autre option: glisser son achat directement dans son sac à main ou le porter à bout de bras… Et si l’on a pas de moyen pratique pour le transporter, revenir équipé une autre fois!
☛ Pour jeter les déchets non recyclables et non compostables
- La meilleure option: ne plus produire de déchets non recyclables et non compostables. C’est possible, comme en témoigne Béa Johnson, la gourou franco-américaine de “Zero Waste Home” (La maison zéro déchet) dont je parle plus longuement dans cet article.
- L’autre option: à défaut de ne pas être en mesure de produire zéro déchet, on peut toujours veiller à en réduire la quantité, les jeter directement dans la poubelle, puis laver celle-ci une fois vidée.
- La moins bonne option: les sacs biodégradables et compostables certifiés OK compost (ceux qui ne sont pas certifiés sont en fait constitués de plastique fragmentable et de produits toxiques qui en permettent sa décomposition et décomposent le plastique sans l’éliminer). Fabriqués à partir de matières naturelles, ces sacs restent une moins bonne option car ils sont conçus pour être compostables dans des conditions inexistentes en déchèterie. Ces sacs restent malgré tout une meilleure alternative au sac plastique parce qu’ils ne sont pas faits de produits toxiques et sont conçus dans le respect de l’environnement.
- L’autre moins bonne option: les sacs oxo-biodégradables. Bien qu’ils soient aussi constitués de dérivés de pétrol, ils contiennent des agents qui permettent leur décomposition en 2 à 3 ans. Les particules produites sont assimilables par des micro-organismes et le processus ne produit aucune substance nocive.
☛ Dans ses bagages
- La meilleure option: glisser dans des pochettes faites maison ses chaussures, affaires de toilette ou toutes les petites choses que l’on met généralement dans des sacs plastiques avant de les ranger dans son sac ou sa valise pour ne pas salir le reste ou les protéger. C’est l’occasion de transformer ses taies d’oreiller, nappes, draps, chaussettes ou vêtements usés en objets utiles! Un minimum de creativité et quelques points de couture suffiront!
- La moins bonne option: acheter des sacs à chaussures ou des pochettes toutes faites. L’inconvénient des sacs à chaussures est qu’ils sont encombrants, pas forcément lavables et que comme les pochettes de voyage ils ne sont pas toujours au format nécessaire ni fabriqués en matières écologiques.
☛ Pour les produits liquides du bagage à main dans l’avion
- La meilleure option: ne transporter aucun produit liquide dans son bagage à main.
- La moins bonne option: s’équiper d’une trousse transparente format voyage ou conserver le sachet en plastique fourni à l’aéroport et le réutiliser à chaque voyage.
Certaines des options suggérées ci-dessus ne constituent pas l’alternative idéale au sac plastique d’un point de vue écologique. Si elles ne sont pas entièrement écologiques, elles sont toutes néanmoins des options plus “vertes” que le sac plastique.
Mon éco-défi du mois d’août
Voilà déjà longtemps que j’apporte des sacs réutilisables pour les courses et que je garde sur moi un sac pliable pour les achats imprévus. Cela dit, il m’arrive encore, faute d’organisation, de transporter certains achats dans des sacs plastiques, surtout lorsque je suis en vacances à l’étranger, comme c’est le cas cet été. A partir de maintenant, j’ai donc l’intention de m’arranger pour ne plus avoir à utiliser de sacs plastiques où que je sois.
D’autre part, dans mes bagages je range généralement mes chaussures et mes différentes piles d’habits dans des sacs plastiques. Je vais donc m’organiser pour rentrer de vacances avec des pochettes faites maison à la place.
Enfin, pour ce qui est des déchets, mon but à long-terme serait de ne plus en produire. Cela nécessite néanmoins une réorganisation du quotidien qui ne peut se faire qu’étape par étape et certains de mes éco-défis à venir iront dans ce sens. En attendant, pour le moment j’ai l’intention de tester certaines des options suggérées plus haut en arrivant chez moi: ne plus utiliser de sacs poubelles et/ou utiliser des sacs biodégradables et compostables.
Fin août, je ferai le bilan de ce premier mois sans sac plastique pour voir si mes suggestions sont vraiment des bons plans. C’est donc parti pour un mois sans sac plastique !
