Je n’ai jamais été très friande de soins, mais j’ai pendant longtemps systématiquement appliqué une crème sur mon visage après la douche, pour pallier à cette désagréable sensation de tiraillement après chaque lavage. Adolescente, j’utilisais une crème lambda composée d’ingrédients au nom imprononçable, puis je suis passée à une marque spécialisée en soins dermatologiques que l’on trouve en parapharmacie. J’espérais que le fait de dépenser un peu plus d’argent dans une crème de soi disant qualité d’une marque renommée m’aiderait à venir à bout de petits problèmes qui faisaient leur apparition, tels que les boutons et leurs cicatrices. Je me disais aussi que sur le long terme, ma peau serait moins sèche ici, moins grasse par là, et que je pourrais repasser à une crème standard, moins onéreuse.
Mais il n’en fut rien, car je n’avais pas encore pris conscience des nombreux facteurs qui infuençaient l’état de ma peau : l’usage d’un gel agressif, des lavages trop fréquents avec une eau trop dure, l’application de produits inefficace et une routine inadaptée. Puis, lorsque j’ai décidé de passer aux soins bio et naturels, j’ai abandonné toutes ces mauvaises habitudes au profit de nouveaux réflexes et produits bio et naturels grâce auxquels ma peau va beaucoup mieux aujourd’hui. Bien qu’elle ne soit pas exempte d’imperfections ici et là- résidus d’une vie passée où elle a été malmenée- elle est, dans l’ensemble, bien moins capricieuse et bien moins assoiffée.
Voici les différents changements que j’ai mis en place au cours des 2-3 dernières années, qui m’ont- en plus d’une alimentation saine et équilibrée bien sûr- permis de rendre à mon visage une peau qui se porte naturellement mieux en toute simplicité.
Le premier changement majeur dans ma routine “soin du visage” fut de remplacer le gel lavant par un savon bio surgras saponifié à froid. Comme je vous en ai déjà parlé dans cet article, ces savons riches en huiles végétales et en glycérine naturelle sont d’une douceur extrême pour la peau et peuvent, selon les ingrédients qu’ils contiennent, constituer de véritable soins pour le visage. Je n’ai pour le moment pas de marque ni de savon préféré- tous ceux que j’ai testés jusque-là et que je vous ai présentés m’ont conquise, en laissant ma peau propre et douce. J’utilise un seul et même savon pour le corps et le visage mais si vous avez des sensibilités particulières, il est possible de choisir des savons adaptés à vos besoins (peau fragile, mixte, grasse, sèche, acnéique etc.).
Beaucoup d’entre nous vivons dans des régions où l’eau est bien trop dure. Sa richesse en calcaire est telle qu’elle laisse un film asséchant sur la peau. Cela peut provoquer ensuite l’apparition ou le développement de divers problèmes dermatologiques : boutons, démangeaisons, rougeurs, plaques urticantes, eczéma, psoriasis…
Cela fait partie des raisons pour lesquelles j’ai réduis ma fréquence de lavage à une fois tous les 2-3 jours. Bien sûr, si je ressens le besoin de nettoyer mon visage plus souvent je le fais- c’est souvent le cas en été où je suis plus active et exposée à la pollution, à la poussière etc. Dans tous les cas, après avoir lavé ma peau au savon SAF et après l’avoir séchée, j’asperge mon visage d’hydrolat, puis je l’essuie avec une lingette. Cela me permet d’ôter les résidus de calcaire laissés par l’eau et bien souvent cela suffit à mettre fin aux sensations de tiraillement. J’asperge également mon visage d’hydrolat les matins où je ressens le besoin de rafraîchir mon visage mais pas de le laver. Il existe des hydrolats pour tous types de peaux et personnellement j’utilise un hydrolat à la rose, réputé pour ses vertus hydratantes.
Parfois, le rinçage à l’hydrolat suffit à ma peau après la douche, auquel cas je n’y ajoute rien. Mais quand ce n’est pas le cas, j’applique alors de l’oléogel, un mélange d’huile végétale (2 gouttes) et de gel d’aloe vera (1 petit pois) que je réalise au creux de ma main. C’est un cosmétique maison très simple et rapide à réaliser et qui a en plus le mérite d’être personnalisable à souhait pour s’adapter à nos besoins au fil des saisons. L’application de l’oléogel est pour moi l’occasion de masser mon visage, afin de stimuler les muscles de la peau et la circulation sanguine, en m’inspirant des illustrations et des conseils du livre Slow Cosmétique (p.52-53 si vous l’avez !).
Les composés du gel d’aloe vera ont des effets calmants, apaisants et rafraîchissants et permettent de sceller l’hydratation. En outre, après plusieurs mois d’utilisation, je suis convaincue par ses propriétés cicatrisantes et purifiantes. Certaines marques sur mon visage se sont estompées et l’apparition de boutons se fait beaucoup plus rare- ce qui n’était pas le cas lorsque j’utilisais une huile végétale aux propriétés similaires seule. Un gel d’aloe vera de qualité, ne devrait pas contenir d’eau ou très peu et pas grand chose d’autre à part un épaississant et un conservateur naturels. Pour en savoir plus sur le gel d’aloe vera, je vous conseille cet article de Julien Kaibeck.
Du côté des huiles végétales, après avoir testé celles de macadamia et de jojoba, j’ai voulu trouver une alternative plus locale et j’ai fini par adopter celle de noisette. Particulièrement adaptée aux peaux mixtes à grasses, avec des propriétés cicatrisantes, protectrices et adoucissantes, elle convient parfaitement à mon visage. On trouve toutes sortes d’huiles pour tous types de peaux au rayon alimentaire ou cosmétique- le plus important est de veiller à choisir une huile bio vierge pure de première pression à froid. Cela garantit qu’elle n’a subit aucun traitement chimique, n’a été ni raffinée, ni chauffée et qu’elle a ainsi conservé tous ses éléments nutritifs et ses bienfaits.
Enfin, il est également possible d’ajouter de temps en temps une goutte d’huile essentielle à son oléogel selon nos besoins à différentes périodes. Comme pour les huiles végétales, il existe des huiles essentielles avec toutes sortes de bienfaits. Par contre, il convient de se renseigner sur les contre-indications de chaque huile essentielle avant de les tester et de ne pas les utiliser de manière fréquente et prolongée. Pour plus d’infos, je vous conseille le site et le forum de La Compagnie des Sens.
Le bain de vapeur est certainement mon soin préféré mais c’est paradoxalement celui que je pratique le moins- dans l’idéal, j’aimerais le faire 2 fois par mois, avant mon gommage. J’aime sa simplicité et le moment de détente qu’il procure : il suffit de faire bouillir de l’eau, de la verser dans un récipient résistant à la chaleur, de placer sa tête au dessus avec une serviette recouvrant notre tête et le récipient, afin que les vapeurs de l’eau ne s’échappent pas et agissent directement sur la peau. Ainsi, au bout de 10 à 20 minutes, les pores sont dilatés, les impuretés de la peau et les excès de sébum éliminés, la circulation sanguine améliorée et la peau est mieux préparée à recevoir d’autres soins (gommages, masques…). C’est toutefois un soin à effectuer avec parcimonie si l’on a la peau sensible et à éviter si on a une peau couperosée ou sujette aux rougeurs.
Certain.e.s préconisent d’ajouter des plantes ou des huiles essentielles adaptées à notre type de peau, mais je ne le fais jamais, par souci de simplicité et aussi parce que le bain de vapeur à l’eau pure me suffit amplement. En outre, il faut être prudent avec les huiles essentielles qui peuvent irriter les yeux. Si vous en utilisez, il vaut mieux garder les yeux fermés tout au long du bain de vapeur et les recouvrir d’un masque.
Enfin, pour qu’un soin soit réellement efficace, encore faut-il qu’il puisse pénétrer notre épiderme. Outre le fait de rincer le film calcaire à l’aide d’un hydrolat, il est particulièrement bénéfique d’exfolier régulièrement son visage, afin d’en retirer les peaux mortes. J’avoue que je ne le fais pas (encore) de manière régulière mais il est très facile de réaliser des gommages maison à partir de farines ou de plantes en poudre et d’eau, auxquelles on peut également ajouter des huiles végétales et essentielles. Il est important de choisir des exfoliants adaptés à la peau du visage, beaucoup plus fine et sensible que celle du reste de notre corps- donc on évite le marc de café, le sel, le sucre etc.
Personnellement, je me contentais jusque-là d’emprunter l’éponge Konjac de mon mari une fois par semaine. J’aime sa simplicité d’usage puisqu’il suffit de l’humidifier avant d’exfolier son visage, sans ajouter quelque autre produit que ce soit. Malheureusement l’éponge Konjac vient du Japon donc ce n’est pas l’idéal pour moi qui cherche à privilégier les produits locaux ; en même temps, je trouve ça tellement pratique au quotidien comme en voyage car elle se suffit à elle seule. J’ai tout de même décidé de passer au gommage maison, à base de farine d’avoine et d’eau.
Voilà donc comment j’ai réussi à retrouver (ou plutôt trouver !) une peau plus saine en toute simplicité :
- Une peau propre et douce grâce au savon saponifié à froid
- Une peau moins sèche, grâce à des lavages moins fréquents
- Une peau moins agressée, grâce à un rinçage à l’hydrolat
- Une peau épurée, grâce aux bains de vapeurs
- Une peau mieux soignée, grâce à un gommage régulier
- Une peau mieux nourrie, grâce à des produits naturels adaptés
Et tout cela à partir de quelques produits bio et naturels : un savon saponifié à froid, un hydrolat, du gel d’aloe vera, une huile végétale et de la farine… simple, économique, écologique et plutôt minimaliste !
