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Éco-entreprenariat : le salon de thé végane de Camille

L’été dernier, j’ai reçu un email de Camille, qui m’explique qu’elle travaille sur la création d’un restaurant et salon de thé bio, local et végétal à Dijon et qui me demande des conseils concernant le choix des emballages jetables, pour lesquels elle a du mal à trouver une option véritablement écologique… Malheureusement je ne lui suis d’aucune aide car, à ma connaissance, il n’existe pas encore d’emballages jetables fabriqués à partir de matériaux locaux, écologiques et biodégradables.

Sa détermination et son désir de créer une entreprise qui reflète ses valeurs éthiques et écologiques jusqu’au moindre détail font mon admiration et je suis donc l’évolution de la création de son entreprise via les réseaux sociaux. Et puis l’hiver dernier, Lulu – Graine d’Un Monde- ouvre ses portes à Dijon. Aujourd’hui, Camille répond à mes questions et nous donne un aperçu de son parcours pour devenir éco-entrepreneuse

Comment t’est venue l’idée de créer LULU – Graine d’un Monde – ?

Ah, bonne question ! Mais dur de répondre… C’est un ensemble de choses : ma transition au véganisme en 2014 puis la perte de mon emploi, ma volonté de travailler en accord avec mes valeurs et la protection de l’environnement, mes nombreuses lectures (dont bien sûr ton blog, mine d’informations !). Et mes anciennes collègues qui m’ont soufflé l’idée !

Je sais que tu t’es posée beaucoup de questions afin de créer une entreprise qui reflète tes valeurs éthiques et écologiques. Quels ont été tes plus gros casse-têtes ? As-tu dû faire certains compromis ?

Oui, je me suis parfois dit que je me mettais moi-même des bâtons dans les roues ! 😆

Tout m’a posé question, je t’avais même contacté pour te demander ton avis concernant les emballages jetables pour la partie “à emporter”. Comment savoir s’il vaut mieux acheter local mais pas “ bio” ou “écologique” mais d’importation ? Recyclé ou biosourcé ? Recyclable ou compostable ? La liste des casse-têtes est longue !

Heureusement il y avait des évidences : peinture écologique fabriquée en France, pas de Bone China pour la vaisselle (à base de poudre d’os), de la seconde main et du “Made in France” autant que possible…

Et bien sûr aucun compris avec la bienveillance ! Tout est avant tout végane et bio, pour un lieu de paix et de douceur.

Mais malheureusement oui j’ai dû faire des concessions : je n’ai pas eu les moyens par exemple d’acheter des meubles français, fabriqués artisanalement. J’ai donc fait le choix d’aller chez le leader des meubles en kit, mais en choisissant des meubles avec le moins d’aggloméré et de contreplaqué possible (les plans de travail du comptoir et les plateaux des tables sont en “vrai” bois). En règle générale, et je le déplore, acheter bio ou “écologique” coûte plus cher…

Tes experiences passées n’étaient pas du tout liées à l’entreprenariat et à la restauration… Comment t’es-tu préparée à la création de ton entreprise ?

J’ai pris le temps d’apprendre, notamment grâce à une formation à l’entrepreneuriat au féminin, dispensée par BGE Perspective : pendant 2 mois, nous étions 12 femmes, porteuses de projets divers et variés, formées et accompagnées, depuis l’étude de marché jusqu’à la finalisation de nos plans d’affaire et aux négociations bancaires, en passant par la comptabilité, la gestion, le fiscal… J’ai beaucoup travaillé chez moi, profitant de mon expérience en gestion de projets dans mes précédents emplois. J’ai également bénéficié de l’incroyable solidarité de la communauté végane, pris des cours de cuisine avec Ôna (de l’atelier Super naturelle) et surtout Alice (qui à créé le blog Au Vert avec Lili), qui est même devenue la marraine de LULU 😘.

En tout, j’ai mis un an à créer ma société ! Mais au final, rien ne m’a vraiment préparé au quotidien de chef d’entreprise, il y a tant de chose à faire ! Je continue donc à apprendre et me former chaque jour.

Parmi toutes les étapes par lesquelles tu as dû passer pour la réalisation de ton projet, lesquelles ont été les plus difficiles et comment les as-tu surmontées ?

J’en citerai deux : une “matérielle” et une “morale”.

Je crois que le plus dur à été pour moi de dépasser le scepticisme et la frilosité de mon entourage ! La plupart de mes proches sont employés du public ou parapublic, et étaient (et sont encore) très inquiets pour moi, et parfois terriblement négatifs… J’aurai aimé que tous soient enthousiastes, joyeux à l’idée de participer à cette création, qu’ils me portent dans ce projet.

Je déplore le manque d’esprit d’entrepreneuriat en général en France. Chaque étape est une bataille. Mais au final, je suis d’autant plus fière car je l’ai réalisé le plus souvent seule, et parfois “envers et contre tous”.

Je pense que ce qui m’a permis de dépasser tout ça est ma sincère conviction que le véganisme est une solution pour créer un monde meilleur, plus juste, plus paisible, et du fond du cœur je souhaite y contribuer.

L’autre grande difficulté et été le rachat du bail ! Je voulais absolument ce local, idéalement situé, accessible, facile à transformer. Mais les discussions entre les avocats ont étés longues et laborieuses, techniques et financières, j’ai cru que la cession ne se ferait jamais… (ça a pris 5 mois!). J’ai eu la chance de pouvoir compter sur le soutien de la cédante, Hélène, qui croyait fort en mon projet, et un ami, Franck, sans qui je n’aurais pu louer, car il s’est porté caution pour la société. 💚

Voilà maintenant plusieurs mois que LULU – Graine d’un Monde – a ouvert ses portes. Quelles ont été tes plus beaux moments et surprises jusque-là ?

L’inauguration privée, avec ma famille et mes amis, à été un moment fort en émotions, l’aboutissement de ces longs mois de travail.

Les deux premières semaines ont été incroyables également, nous avons été submergés par l’affluence exceptionnelle !

Mais ce sont surtout toutes les belles rencontres que je fais au quotidien qui m’animent et me donnent la force de recommencer chaque jour.

Si vous êtes à Dijon, pensez à passer par Lulu – Graine d’un Monde –  pour une petite pause gourmande bio et végétale 🙂

Que vous inspire l’expérience de Camille ? Êtes-vous aussi éco-entrepreneurs.euses ou aimeriez vous le devenir ?
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