Tous ceux qui me connaissent depuis longtemps vous diront qu’en cuisine, ma spécialité et ma passion ce sont les desserts ! À l’heure où mes ami-e-s du collège allaient à des cours de danse, de natation ou de violon, moi je prenais des cours de cuisine ; c’est là que j’ai découvert les bonheurs de la pâtisserie. Depuis, je n’ai pas raté une seule occasion de tester, créer et offrir des petits cupcakes par-ci, des truffes par-là et des fondants à tout-va !
Et puis quand je me suis mise à la cuisine végétalienne, j’ai perdu tous mes repères… Incapable de réaliser des desserts sans oeufs, ni beurre, ou crème, mes moules à gâteaux, mon fouet et ma maryse ont fini par prendre la poussière… Les recettes de desserts et autres gourmandises végétaliennes que je voyais passer ici ou là ne m’ont d’abord guère inspirée car elles faisaient souvent appel à des ingrédients dont je n’avais jamais entendu parler ou que je n’avais pas l’habitude d’utiliser.
J’ai tout de même fini par tomber sur une recette de muffins réalisable à partir des basiques de mon placard. Je me suis donc fait une joie de ressortir mes petits moules multicolores et à l’idée de découvrir de nouvelles textures et saveurs… malheureusement, ma joie n’a pas duré : une fois cuits, ces muffins avaient l’odeur et le goût de… poisson ! Moi qui n’avais jamais connu de tel ratés en cuisine, mon ego en a pris un sacré coup et j’ai mis longtemps avant de me motiver à tester d’autres recettes de gourmandises végétaliennes.
J’ai heureusement trouvé d’autres recettes qui ont davantage ravi mes papilles (et mes narines !), mais rares sont celles qui m’ont laissé avec l’irrésistible envie de me resservir ou de refaire cette recette au plus vite. Impossible de retrouver le fondant, le moelleux, le coulant des desserts que j’aimais tant, non seulement pour leur goût mais aussi pour leur texture… jusqu’à ce que je découvre la pâtisserie crue.
Ce fut une révélation ! Du fondant, du moelleux, du coulant, en veux-tu, en voilà ! Et tant de textures, de saveurs, à la fois nouvelles et familières, surprenantes et attrayantes… C’était donc avec grande impatience que j’attendais La pâtisserie crue, le premier livre dont Ophélie, alias Antigone XXI est l’auteure des textes et des photos. En 40 recettes végétaliennes, cette talentueuse blogueuse, cuisinière et photographe nous montre combien la pâtisserie crue c’est beau, c’est varié, c’est simple… et délicieux !
Pourquoi la pâtisserie crue ?
Au fil des 20 premières pages, Ophélie commence par nous expliquer les avantages de la pâtisserie crue. Si certaines personnes s’intéressent à ce genre de cuisine dans le cadre d’un régime crudivore, l’auteure nous rappelle qu’elle ne s’adresse pas à cette audience-là en particulier. Bien au contraire, elle s’adresse à toutes celles et tous ceux qui aiment cuisiner différemment, pour le plaisir de découvrir de nouveaux ingrédients, goûts et textures… tout simplement. Si officiellement les crudivores ne consomment aucun ingrédient cuisiné au delà d’une certaine température (40°), Ophélie n’hésite pas à utiliser des ingrédients qui ne rentrent pas forcément dans leurs critères. Néanmoins, en dehors de l’huile de coco ou du beurre de cacao à faire fondre et à l’agar-agar à faire réchauffer dans un liquide, la réalisation des recettes ne requière aucune cuisson prolongée, ni au réchaud, ni au four.
Les ingrédients
Ophélie nous présente ensuite les incontournables de la pâtisserie crue. Pour moi qui cuisine végétalien, les ingrédients me semblent somme toute très communs, à part quelques uns comme le souchet, la caroube ou le sucre de coco que je n’ai pas l’habitude d’utiliser.Néanmoins, Ophélie propose plusieurs idées de substitutions donc on peut facilement se passer de certains d’entre eux. Quant aux autres ingrédients, il s’agit essentiellement de flocons, de fruits secs, d’oléagineux (entiers, en poudre, en purée), de sucrants liquides, de cacao ou de coco sous diverses formes : tout se trouve facilement en épicerie bio.
L’inconvénient majeure de la patisserie crue, de manière générale, est qu’elle fait appel à plusieurs ingrédients exportés et certains assez couteux, surtout si l’on privilégie les labels bios et équitables. Ainsi, bien que les recettes d’Ophélie me donnent envie d’en faire tous les jours, tant elles sont simples et délicieuses, c’est un plaisir que je savoure avec parcimonie pour accommoder mon porte-monnaie ainsi que mon désir de limiter la quantité d’aliments exportés que je consomme.
Le matériel
Du côté du matériel, si vous n’avez pas de blender, vous devrez passer votre chemin : en effet, la grande majorité des recettes y font appel. Cela dit, pas besoin de blender ultra-puissant, ni de déshydrateur, comme c’est souvent le cas pour réaliser les recettes de livres de cuisine crue. Pour le reste, il s’agit essentiellement de basiques tels que de bons couteaux, une maryse, des ramequins. Il y a aussi les moules en silicone, la balance électrique, le moule à charnière ou encore le thermomètre de cuisson… Ce dernier n’est néanmoins nécessaire que pour la réalisation d’une seule recette, celle des tablettes de chocolat.
Et justement, si on en venait aux recettes ? Elles se déclinent en trois parties…
Les bases de la pâtisserie crue
Pour débuter, Ophélie nous présente pas moins de 17 recettes de base. On y trouve des « classiques » comme le lait végétal, la crème fouettée à la noix de coco, la crème au chocolat à l’avocat, le beurre de coco, mais aussi des recettes de tablettes de chocolat pour tous les goûts, des crufitures plus originales les unes que les autres, une pâte à tarte personnalisable à souhait, ou encore une crème anglaise qui accompagnera à merveille nombre de desserts… où se dégustera seule à la petite cuillère ! Personnellement, c’est le caramel salé dont je me suis délectée ainsi…
Les classiques revisités
Ensuite, Ophélie relève avec brio un sacré défi : celui de créer une version crue de grands classiques. Ainsi, je me suis régalée de Cruffes aussi fondantes que des truffes, de Crukies aussi savoureux que des cookies, de Crumble aussi croustillant que son homologue cuit, de Fudges aussi crémeux que la version traditionnelle anglaise, d’un Brownie aussi dense et chocolaté que son cousin américain, un Clafoutis plus onctueux que l’original… Et je pense que la prochaine recette que je testerai sera le Tiramisu à la poire… ou bien sera-ce la Tartelette Amandine ?
Les généreux
Enfin, Ophélie termine avec 12 recettes encore plus originales et élaborées, parfaites pour les « grandes » occasions: bavarois, gâteaux à étage, tarte, fondant… Pour le moment, je me suis régalée de petits délices aux airs de macarons et délectée de coeurs coulants au chocolat. Il me tarde aussi d’essayer les verrines banoffee pie, les mini cheesecake au chocolat ou encore le Mille et Une Nuits- rien que son nom me fait rêver ! Bien que certaines recettes requièrent de nombreuses étapes, du temps et de l’organisation et que le résultat est digne de véritables artistes-patissier/ières, pas besoin d’être un-e expert-e pâtissière pour les réaliser ! Les étapes et les explications sont suffisamment claires et bien pensées.
Avec Vegan de Marie Laforêt et Flocons d’Avoine et d’Ailleurs de Laurence Bertrand, La pâtisserie crue fait partie de mon TOP 3 de livres de cuisine végétalienne préférés. Pourquoi ?
Déjà, parce que ce livre est un régal pour les yeux : si vous suivez Antigone XXI, le blog d’Ophélie, vous savez déjà qu’elle manie aussi bien les mots que l’objectif ! Ses photos sont, comme toujours, de véritables fééries culinaires qui à elles seules mettent tous nos sens en éveil !
En outre, j’aime le fait qu’Ophélie propose plusieurs idées pour substituer certains ingrédients en fonction du contenu de nos placards ou selon les saisons. Cela rend chaque recette plus accessible et montre que la pâtisserie crue laisse énormément de place à la créativité. À partir du moment où l’on maîtrise les textures et mélanges de base, chacun-e d’entre nous peut s’amuser à adapter ou créer des recettes selon ses envies et ses inspirations… sans risque de gros ratés puisqu’on n’a pas besoin d’attendre que ce soit cuit pour voir si c’est bon !
Ses recettes, en plus d’être un délice sont originales et simples à réaliser. Il y en a vraiment pour tous les goûts et toutes les occasions: goûters, desserts de fêtes ou de dernière minute, ou encore gourmandises à offrir. Si l’on aime cuisiner, faire des goûters ou des desserts et que l’on aime découvrir de nouvelles textures et saveurs, il sera difficile de se lasser de ce livre ou de l’oublier au fond de sa bibliothèque !
Pour voir des photos des recettes du livre, rendez-vous sur le blog d’Ophélie.
