Par définition, une garde-robe végane ne contient aucune fibre animale: ni fourrure, ni soie, ni cuir, ni laine, ni plumes.
Ma garde-robe comporte aujourd’hui plusieurs pièces en laine, quelques unes en cuir et d’autres en soie. Tous ces articles ont été achetés il y a plusieurs années, quand je n’avais encore aucune idée des raisons qui pouvaient en inciter certain-e-s à bannir les fibres animales de leur garde-robe.
Aujourd’hui, je suis pleinement consciente de ces raisons qui sont aussi devenues mes propres motivations pour me constituer, au fil des prochaines années, une garde-robe végane. D’une part, l’élevage industriel est responsable de certaines des plus grosses catastrophes environnementales. D’autre part, la cruauté dont sont victimes les animaux d’élevages industriels qui sont enfermés, confinés, mutilés, déshydratés, privés de nourriture et d’eau afin de nous nourrir et/ou nous habiller me tourmente. Beaucoup diront qu’ils ne sont pas traités ainsi partout. C’est vrai, mais qui peut affirmer qu’ils ne sont pas traités ainsi dans la majorité des endroits?
Je suis toujours partie du principe que la nature est bien faite et effectivement elle nous offre des milliers d’options pour répondre à nos besoins du quotidien sans nuire à l’environnement et à la vie d’autrui. Mais les alternatives végétales nous permettent-elles de nous vêtir durablement?
Du côté vestimentaire, Antigone XXI présente ici des alternatives végétales et écologiques qui pourraient selon elle remplacer la laine: l’ortie, le lin, le chanvre. Personnellement, n’ayant jamais porté ces matières, je ne sais rien de leurs propriétés isolantes et de leur durabilité mais j’aime à croire qu’elles pourraient constituer de bonnes alternatives à la laine. Malheureusement ces fibres-là sont encore rares dans les boutiques et seulement accessibles à certains budgets. Quant aux chaussures, celles en cuir au tannage sans chrome et aux teintures végétales sont, d’après mon expérience, les seules qui soient véritablement durables et biodégradables…
Alors si je pars du principe que la nature est bien faite… je me demande: existe-t-il des alternatives écologiques, végétales et biodégradables… et accessibles à tous, notamment pour le cuir et la laine? Ou bien est-ce naturel et acceptable d’utiliser la laine de certains animaux, si celle-ci est tondue dans des conditions qui ne nuisent aucunement au bien-être animal? Et serait-ce naturel et acceptable de récupérer le cuir d’une vache morte naturellement par exemple? Sinon, quelles options nous reste-t-il? Car les fibres synthétiques, quelles qu’elles soient, ne constituent en rien des alternatives éthiques et écologiques non plus. Alors même si j’aimerais que ce soit le cas, je ne vois pas comment, à l’heure actuelle, une garde-robe qui se veut éthique et écologique pourrait être végane.
J’ai donc plus de questions et de doutes que de réponses… mais j’ai aussi plusieurs certitudes. Tout d’abord, l’on peut amplement se passer de soie, d’accessoires et de vêtements en cuir et en fourrure. Ensuite, si chacun-e d’entre nous apprenait à se contenter du minimum, dans tous les domaines du quotidien, et dans sa garde-robe en particulier, l’industrie textile n’aurait plus besoin de produire en masse et à n’importe quel prix… Il serait alors peut-être possible d’envisager un mode de production durable et plus sain, autant pour l’environnement que pour les êtres vivants… en attendant, je l’espère, de trouver des matières végétales et écologiques qui répondraient à tous nos besoins vestimentaires.
Je pense que ce sujet, aussi important que délicat, mérite réflexion et discussion. C’est pourquoi j’ai invité ceux qui le souhaitaient (via le groupe Facebook des éco-défis) à partager leur avis sur cette question (en moins de 500 mots!). Voici donc leurs réponses…
***
Myriam Underwood, fondatrice de JUSTE, la révolution textile
Lorsque j’ai créé ma marque, j’ai dû prendre des décisions parfois pas évidentes. Par exemple, faire du bio, oui, ce serait idéal, mais dans ce cas-là, pas de production locale possible, pas de transparence. Privilégier les matières recyclées, oui, pourquoi pas, mais alors, impossible de contrôler l’amont de la filière comme la culture des matières. Proposer des prix accessibles, oui, c’est indispensable, mais une production française coûte cher. Lorsqu’on créée une marque, on doit se positionner et trancher au mieux, ou plutôt au moins pire. Fabriquer des vêtements véganes pour l’hiver signifie l’utilisation de fibres synthétiques. Cela sous-entend, faible biodégradabilité, composition chimique à base de pétrole, toxicité pour l’environnement et la santé et beaucoup d’énergie utilisée pour la production de cette fibre artificielle. C’est un choix possible, pas complètement satisfaisant non plus.
Ce qu’on voit aujourd’hui dans les reportages sur l’élevage et l’abattage d’animaux dans des conditions cruelles pour l’industrie de la mode est totalement intolérable et inacceptable. Il faut s’insurger et se battre contre cela. C’est à nous, fabricants, de s’assurer de la provenance des matières qu’on achète et des conditions dans lesquelles elles sont produites.
Mais c’est un point qui fait partie d’un grand tout.
On traite les animaux comme on traite les humains, comme on traite notre planète. Avec une profonde indifférence. Lorsqu’on achète un vêtement à bas coût, on sait ce que cela signifie : des conditions dégradantes, des horaires impossibles, aucune considération pour les humains, le travail des enfants et des accidents intolérables comme le Rana Plaza. Il y a un temps pas si lointain où acheter un vêtement était occasionnel, un luxe. On le gardait toute la vie et on en prenait soin. L’industrie textile était autre alors. Il n’y avait pas de « petites mains du bout du monde », pas de produits toxiques déversés chaque jour dans les rivières provoquant mille désastres écologiques et humains, pas d’immenses élevages d’animaux traités comme des choses et dont on nie la souffrance.
Les élevages intensifs à destination de l’industrie de la mode ont vu le jour pour subvenir aux nouveaux besoins des acheteurs qui consomment avec frénésie, toujours plus et toujours moins cher. Les usines textiles comme les exploitations agricoles doivent être intensives pour pouvoir être rentables. Ni les humains ni les animaux ne sont respectés, tout est organisé dans l’unique but d’être le plus compétitif possible.
Et si la solution n’était pas plutôt dans une consommation raisonnée et raisonnable ? Une production à côté de chez soi, des achats auprès de producteurs que l’on connait, qui font leur métier par passion. Des petites entreprises qui choisissent leurs partenaires pour leur engagement écologique et leur respect du travail, des hommes, des animaux et de l’environnement ?
Aujourd’hui, pour son alimentation comme pour ses vêtements, on peut choisir des petits producteurs locaux qui élèvent eux-mêmes leurs animaux, on peut visiter ces fermes, constater soi-même les conditions d’élevage ou de culture.
Il n’y a pas une seule façon d’être éthique et écologique, comme il n’y a pas de meilleure solution pour consommer, s’habiller. L’important est de le faire en accord avec ses valeurs, de se poser des questions et de toujours continuer à progresser.
***
Solène
Ma réponse, qui n’en n’est pas vraiment une, serait « oui mais pas forcément ». Oui dans le sens ou ce serait un idéal vers lequel tendre tout comme le « zéro déchet » ou le végétalisme. Mais je fais partie de ceux qui pensent qu’on peut faire sa part sans extrême. Finalement vaut-il mieux un idéal de consommation vestimentaire atteignable par les 0.1% de personnes ultra motivées ou un objectif atteignable par le plus grand nombre. Laquelle des 2 solutions aurait-elle le plus d’impact sur notre planète ? Sur un plan purement individuel, le plus est le mieux serait-je tenté de dire mais alors ou s’arrêter ? une garde robe végane, mais pourquoi pas aussi aucun achat de vêtement ? sur le plan du collectif, je fais partie de ceux qui pensent que devenir consommateur actif permettra de faire changer l’éthique des grandes marques. Rappelons nous : La campagne sur les fruits et légumes à du se raviser car le postulat de départ de 10 fruits et légumes par jours était si éloigné du consommateur moyen que l’objectif lui semblait inatteignable et pour le coup, il ne tentait même pas de participer, perdant d’avance en quelques sorte. Cela reste pourtant l’objectif idéal sur le plan individuel mais sur le plan collectif, il vaut mieux une population qui essaye à 70% de consommer 5 fruits et légumes par jours que 2% de la population qui tient l’objectif des 10 et le reste qui ne tente même pas..
Je pense qu’il est important de savoir quel est l’idéal (la garde robe végane, minimaliste, peu de consommation de neuf, recyclage des vêtements…) sans l’imposer comme étant le seul objectif, en dessous duquel la démarche ne vaudrait rien. Dans le postulat « la garde-robe éthique et écologique doit être vegane », on exclut comme démarche éthique et écologique tout ce qui en dessous de cet objectif. Pourtant quelqu’un qui achèterai ses vêtement à 100% sur les vide greniers par exemple ou qui s’imposerait moins de 2 achats de neuf par an ou ne consommerait que sur des marques avec une éthique humaine irréprochable, serait déjà dans une démarche bien supérieure à la majorité des consommateurs…
Donc pour moi la garde robe éthique et écologique IDEALE est végane mais une garde-robe peut être déjà écologique et éthique avant ce stade.
***
Clémentine du blog Clémentine la Mandarine
Il me semble logique, pour avoir une garde robe éthique, d’aspirer à une garde robe végane, écologique et équitable.
Cependant, il me semble primordial, avant d’acheter de nouvelles pièces véganes, d’user, jusqu’à la trame, les pièces qui composent déjà sa garde robe, même si elles ne sont pas véganes. Il faut, je pense, éviter à tout prix que le fait de devenir végane ne soit une excuse pour refaire intégralement sa garde-robe. Ce serait, à mon sens, encore pire pour l’animal, car il aurait été utilisé pour rien.
Parfois, il peut devenir difficile de porter un vêtement lorsque nos valeurs changent. Le revendre ou le donner est alors, je pense, une bonne option.
Il reste une question qui me taraude : les chaussures. Le cuir, c’est la peau d’un animal. Mais les chaussures en cuir traité écologiquement, ce sont des chaussures durables, saines, réparables. En quoi sont faites les chaussures véganes ? Si elles sont issues de la pétrochimie, est-ce mieux pour la planète ? A l’échelle globale, mieux pour les animaux ? Si j’évite de prendre sa peau à une vache mais contribue à raser une forêt primaire pour y puiser du pétrole, est-ce vraiment un bénéfice pour les animaux ? La vache est sauvée, l’orang-outan non.
Alors, j’ai tendance à dire : une garde-robe végane, oui ! Mais autant au premier abord qu’à l’échelle globale. En mettant le plus d’éléments à notre disposition dans la balance, pour trouver la solution qui nous semble la plus éthique, et qui n’est pas toujours celle à laquelle on pense en premier.
PS : Si quelqu’un a une solution au problème des chaussures, je prends ! En attendant, j’use et fais réparer mes chaussures en cuir de bonne qualité, que j’ai depuis des années.
***
Herveline du blog L’aventure lavable
C’est une question qui me parle vraiment. En effet je ne suis pas vegane (je mange 9O% végétalien car quand nous sommes invités on échappe rarement aux produits animaux), mais de plus en plus je veille à mon impact sur les animaux. Dans ma cuisine, dans mes cosmétiques, et également dans ma garde-robe où je fais attention aux matières d’origine animale. Cela n’est pas sans me poser de questions car des chaussures sans cuir ne veulent pas dire chaussures éthiques pour autant, j’en suis bien consciente… des pompes synthétiques fabriquées en Chine ou en Inde, je ne suis pas sûre du traitement du travailleur ni de sa qualité de vie. L’idéal selon moi serait donc une combinaison de ces deux facteurs, mais je me dis que des objets fabriqués en France ou en Europe, s’ils sont respectueux des animaux par volonté de leur concepteur/fabricant, ils ont plus de chances de l’être des humains….
Maintenant c’est un cadre de réflexion, je n’en suis absolument pas là dans les actes. Ma garde-robe est surtout composée de fringues achetées d’occasion, peu importe la marque, donc pas végane du tout. Mais répondant (un peu) à mon éthique de consommation et de respect de l’environnement puisque ce ne sont pour la plupart pas des vêtements neufs…
***
Emilie du blog Nous sommes tous des graines
Je vais uniquement parler du cuir car le sujet de la laine a été très bien développé chez Antigone XXI et qu’à moins de trouver de la laine locale (ça existe!), je n’en achète plus.
Avant, c’est à dire il y a environ 5 minutes, j’aurais dit que je n’avais rien contre le cuir.
C’est vrai, mon choix du végétarisme est principalement dicté par l’écologie, pas forcément par une éthique animale même si j’en ai conscience et que je condamne fermement l’élevage industriel et les pratiques cruelles.
J’accorde beaucoup d’importance au principe d’autonomie locale car je pense que le futur sera – en partie du moins- construit sur des villes et villages capables de subvenir à leurs besoins dans un faible rayon kilométrique. De ce fait, je considère que l’élevage de plein air est une option valable pour assurer une certaine « sécurité » alimentaire mais devrait être concilié à une alimentation majoritairement végétale. Ainsi, la peau des animaux tués pourrait être utilisée sous forme de cuir et intégrer nos vêtements et chaussures. Ne rien gaspiller.
Sauf que.
Sauf que je viens de me renseigner et que le cuir n’est pas aussi écologique que je le pensais. Le tannage et autres démarches sont apparemment des procédés polluant, avec un lourd impact environnemental. Mais comment faisait-on avant alors ? Une ébauche de réponse : on utilisait des tanins végétaux pour stabiliser le cuir (tanin- tannage, il y a de l’idée!). Le problème est que cela prend plus de temps et est plus coûteux que le chrome utilisé. Et en plus, cela utilise beaucoup d’eau.
Que faire alors ? Je ne sais ni si les vaches desquelles provient le cuir ont vécu cloîtrées dans une usine de production, ni comment est traité mon cuir, ni par où et par qui il est fabriqué… Beaucoup de question sans réponse.
Des alternatives existent, mais quelles sont leur qualité en terme écologique, de durabilité et de respiration de la peau ? Oui, on recycle des fibres plastiques, mais on tombe sous la même logique qui veut que les acheteurs de cuir financent la production de viande. Ici les acheteurs de plastique recyclé financeraient l’exploitation de pétrole… Et puis je peine déjà tant à trouver chaussure à mon pied, je me vois mal commander en ligne…
Me voilà donc indécise à espérer que mes chaussures actuelles dureront jusqu’à ce que je vois plus clair ! Je place pas mal d’espoir dans le cuir végétal au départ de feuilles d’ananas mais je pense aussi que, pour être résilient, il faut diversifier les options.
***
Béa
Non pas nécessairement mais j’y mets certaines conditions qui peuvent sans doute sembler arbitraires mais qui ont un sens pour moi. Ainsi l’usage du cuir me pose vraiment problème, et j’aimerais pouvoir m’en passer complètement. Dans ma garde robe, il n’y a que certaines de mes chaussures qui sont en cuir. Je ne trouve pas qu’il y ait à l’heure actuelle des alternatives vraiment satisfaisantes. Je refuse les vestes, les sacs etc faits dans cette « matière ». Par contre avoir des pièces comme des pulls, des gilets, des gants en laine dont je connais la provenance et les conditions d’élevage (les animaux y sont bien traités) me dérange moins. Je ne suis pas pour privilégier tout en qui est en polaire par exemple, même recyclé, je ne vois pas en quoi c’est plus sain pour son corps et pour l’environnement. Tous les textiles faits à partir de dérivés pétrochimiques sont pour moi à éviter. Mais si j’accepte certaines laines, je refuse l’angora par exemple. L’élevage des lapins et autres animaux à cette fin me débecte autant que celui des animaux pour leur fourrure. En résumé, je distingue le fait de tuer un animal ce que je refuse au maximum, et que j’aimerais pouvoir refuser tout court, et celui d’utiliser sa laine quand c’est a priori dans de bonnes conditions.
Je suis pour privilégier les matières végétales naturelles quand elles sont produites avec bon sens et de façon raisonnable et raisonnée. Je ne crois pas qu’il puisse exister de garde robe idéale qui respecte et prenne en compte tous les aspects qui permettraient de traiter correctement les êtres vivants (animaux d’une part et personnes qui travaillent dans l’industrie du textile d’autre part) et de préserver la planète déjà bien saccagée et qui soient sains. Je fais donc des compromis tout en restant vigilante et en essayant de combiner au maximum tous les critères qui sont importants à mes yeux.
***
Lisie du blog En haut de la côte
Pour planter le décor, je vais me présenter brièvement. Avant toute chose, je ne suis pas végan, ni même végéta*ienne, mais ouverte et intéressée par ces modes de vie. Je suis loin d’avoir le mode de vie idéal que je souhaiterais mais j’y travaille doucement. Coté professionnel, je suis éducatrice à l’environnement et au développement durable, pour faire simple je travaille dans une ferme pédagogique et depuis quelques mois j’ai un projet autour de la laine.
Je pense que cette petite présentation donne déjà une idée de mon point de vue. Alors puisqu’il faut le dire: non, je ne pense pas qu’une garde-robe éthique doit être végan.
Pour ma définition d’éthique, je prendrais en compte ces différents critères:
- origine des matières premières
- mode de production
- mode et lieux de fabrication
Pour moi, le plus important est de miser sur des matières naturelles. On peut donc compter sur les matières végétales lin, coton, bambou, etc mais aussi si les matières animales laine et cuir notamment. Je préfère aussi un produit « raisonné et local » plutôt qu’un produit bio qui vient du bout du monde.
En 500 mots cela va être difficile de détailler chaque matière, je vais donc plus me baser sur les matières qui font débat.
Concernant la laine j’avais lu l’article de Clémentine auquel j’avais d’ailleurs réagi par commentaire. Je pense qu’on peut trouver en France de petits éleveurs et producteurs de laine, qui respectent leurs animaux et ne font pas de surproduction. Alors effectivement production de laine, va de paire avec production de viande ou de lait, mais dans mon alimentation idéale il resterait tout de même une part de produit animal. Et je ne connais pas de matière aussi chaude que la laine. Donc je dis oui à la laine !
Et si on veut jouer la carte du bien-être animal et de la récup, on peut récupérer les poils de son chien et les faire filer !
Pour le cuir, bien que le tannage des peaux soit plutôt polluant, niveau durée de vie et robustesse je ne lui connais pas d’équivalent naturel. Autant pour un sac ou un manteau on peut s’en passer, autant pour les chaussures c’est plus difficile. Et si c’est pour le remplacer par un dérivé de plastique, je dis non merci. Mon idéal de vie tant à réduire les dérivées du pétrole. Exception faite peut être de la fibre polaire issu du recyclage du plastique.
Je ne parlerais pas de la soie car je pense que c’est un produit dont on peut largement se passer. Et la fourrure, je suis tout bonnement contre pour toutes les raisons qui ne sont plus à citer.
Par contre, je tiens à souligner que la France est le premier producteur de lin, c’est local donc ça me plait. C’est une culture qui demande peu de produits phytosanitaires et pas d’irrigation puisque le lin est cultivé dans la partie Nord de la France et la Belgique. Alors OUI AU LIN !
***
Ève du blog Un Kolibri
Sans équivoque, la réponse est oui.
Et pourtant, même si l’absence de produits animaux est nécessaire dans une garde-robe étique et écologique, une garde-robe végane n’est pas nécessairement éthique et écologique. Oui, elle permet de se positionner clairement en désaccord avec l’exploitation animale dévastatrice, autant sur le plan environnemental que moral, et du spécisme qui sont véhiculés comme normal dans notre société occidentale.
Alors pourquoi est-ce que je porte encore mes vieux bas de laines et que j’ai toujours mes bottes en cuir? Parce que mettre en pratique mes convictions ne me semblent pas si simple. Parce qu’arrêter de cautionner l’exploitation animale, ce n’est qu’une facette de la bataille à mener. Parce qu’il y a aussi la bataille contre le gaspillage, celle contre l’exploitation humaine et donc pour la consommation équitable, celle encore de réduire nos possessions… Et la fâcheuse conclusion, toujours la même, qu’il est difficile de satisfaire tous nos buts à la fois. Et oui, mes vieilles bottes en cuir sont toujours là parce qu’elles étaient là avant que je ne m’intéresse aux questions qui se posent ici et que m’en débarrasser alors qu’elles me servent encore me semble absurde. Parce qu’elles font pour toutes les saisons et qu’elles durent depuis bien longtemps alors que toutes mes autres paires passées achetées sans cuir n’ont plus été bonnes à rien après la moitié d’une année. Mais voilà, je redoute le moment où elles lâcheront pour de bons et où je me trouverai obligée de poser un geste d’achat. Un geste politique qu’il est bien difficile de faire de façon écologique et éthique à la fois. Un geste que j’aimerais le reflet de mes valeurs mais qui m’impose bien souvent quelques remords de conscience.
Malgré tout, la garde-robe végane est pour moi un objectif à long terme. Oui.
Mais un parmi tant d’autres, il faut le dire.
Prenez-le comme une invitation à ne pas profiter des autres espèces, mais en n’oubliant pas les humains dont le cœur bât et ceux dont le cœur bâtera dans un futur proche et incertain.
Parce que se contenter d’acheter du coton pour remplacer la laine, c’est régler seulement une partie du vaste problème… Et si on ne fait pas attention, c’est cautionner d’autres pratique immorales.
Surtout, soyez fiers des petits changements que vous apportez à votre garde-robe pour le mieux : ils sont les graines de grands changements à venir.
***
Merci à toutes celles qui ont pris le temps de répondre à ma question!
Je vous invite également à partager votre point de vue (avec autant de mots que vous le souhaitez !):
- Soit en laissant un commentaire ci-dessous,
- Soit en publiant un article sur votre blog/site si vous en avez un. Vous pourrez ensuite m’envoyer le lien vers votre billet et j’inclurai ce lien ici:
Découvrez l’avis d’autres blogueurs/blogueuses:
- Emilie de Dressing Responsable
Si vous souhaitez réagir à certaines choses qui ont été dites ci-dessus, je vous invite à le faire avec respect et bienveillance.
