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{Éco-défi} S’alléger et ne plus s’encombrer : un pas de plus vers le minimalisme

Combien de livres de ma bibliothèque n’ai-je jamais lu ou fini de lire? Combien de vêtements de ma penderie n’en sont pas sorti depuis des mois, voire des années? Combien de paires de chaussures ne foulent le sol qu’une à deux fois par an, et encore? De combien de mes accessoires enfouis au fond d’un tiroir ai-je oublié l’existence? Combien de bibelots trônent sur mon bureau,  prennent la poussière sur les étagères ou s’ennuient dans les placards de ma cuisine sans que je ne les aperçoive ni ne m’en serve?

La réponse à toutes ces questions est la même: TROP.

Trop de choses qu’on n’utilise pas

Qu’ils m’aient été offerts sans qu’on connaisse réellement mes préférences et mes besoins, que je les ai achetés il y a des années où mes goûts et mes priorités étaient différents, ou que je les ai acquis sans avoir suffisamment réfléchi à leur véritable utilité, pour diverses raisons je me suis retrouvée au cours de la dernière décennie encombrée d’objets qui ne me plaisent pas/plus ou dont je ne vois pas/plus l’intérêt et que je garde malgré tout.

Trop d’achats superflus

Je réalise qu’une fois installé quelque part, que ce soit dans une chambre d’étudiant, une collocation ou son propre logement, on a vite tendance à remplir l’espace qui nous entoure de choses… Tant qu’on en a les moyens, l’envie et la place, on se dit parfois “Tiens, pourquoi pas acheter cette jolie robe, une véritable affaire!”… et puis, on s’en lassera au bout d’une saison. Ou bien,  “Tiens, pourquoi pas acheter cet ustensil original qui me facilitera tellement la vie en cuisine!”… alors qu’on peut faire la même chose sans. Ou encore,  “Tiens, pourquoi pas acheter ce beau collier dont l’achat contribuera à une cause qui m’est chère”… alors qu’il n’est assorti à aucun de nos vêtements! Même si j’achète peu et rarement, j’ai accumulé au fil des années un bon nombre d’achats regrettés.

Les “joies” du déménagement

Puis vient le jour où il faut déménager. Ce jour où il faut commencer à faire les cartons et devant la masse de meubles, de vêtements, de livres, de vaisselle et de bibelots qui nous entoure, on aimerait posséder le pouvoir de tout emballer en un simple coup de baguette magique. Ce jour où l’on réalise qu’en plus de la tâche laborieuse d’emballer toutes nos possessions avec précaution, il faut que l’on fasse le tri. Le tri dans toutes ces affaires qu’il ne vaut pas la peine d’emmener dans notre nouveau chez nous, pour des questions de place, de besoin, de goût, de coût…

Quel gâchis!

Et là, on se maudit. Et on se dit quel gâchis. Quel gâchis d’argent d’abord. Mais aussi quel gâchis de ressources naturelles. Et puis quel gâchis de temps. L’argent, les ressources naturelles, et le temps: trois “commodités” précieuses. Précieuses car limitées. Précieuses car irremplaçables. Une fois dépensé, l’argent ne se reproduit pas. Une fois utilisées, les ressources naturelles ne se renouvellent pas du jour au lendemain, ni sans effort ni sans impact sur l’environnement. Une fois écoulé, le temps ne nous appartient plus.

On espère qu’au bout d’un déménagement on en tirera des leçons et qu’on se posera la question “En ai-je vraiment besoin?” 7 fois dans sa petite tête avant d’accepter l’acquisition de tout nouvel objet. Mais non. Depuis que j’ai quitté le cocon familial et 6 déménagements plus tard, j’en suis au même point. Je me retrouve encore avec TROP de vêtements, TROP de bijoux, TROP de chaussures, TROP de livres, TROP de petites choses que j’ai acquises depuis que je suis dans mon logement actuel ou que je trimballe à chaque transition et qui ont passé ces dernières années à migrer des cartons au placard, sans jamais voir le jour.

Faire le vide… et le remplir!

Je me souviens du jour où j’ai débarqué à Londres en septembre 2003, prête pour 3 années d’études avec 3 valises sous les bras. 3 déménagements et 4 ans plus tard, lorsque je suis partie pour Oxford, il aura fallu 2 allers-retours en voiture pour transporter toutes mes possessions de la capitale anglaise à mon nouveau domicile. Puis, 2 déménagements supplémentaires et 4 ans plus tard, j’ai certainement dû me débarrasser de l’équivalent du contenu d’une voiture, et en déménager le double…

À chaque nouveau départ, j’ai pourtant laissé derrière moi un bon nombre de choses… Mais entre chacun d’entre eux je me suis certainement encombrée de presque autant de choses… Résultat, c’est du temps, de l’argent et d’innombrables ressources gaspillées chaque année et lors de chaque déménagement.

Et tout cela m’est terriblement embarrassant.

Se détacher de nos possessions

Alors que je m’apprête à faire les cartons pour mon 7ème déménagement, je me dis qu’il faut que ça change. Que cette fois-ci, je laisserai derrière moi TOUT ce dont je n’ai pas besoin. TOUT ce que je n’aime pas. TOUT ce qui me semble superflu.

Il n’est toutefois pas évident de se défaire des cadeaux dont on ne se sert pas ou qui ne nous plaisent pas mais qui nous ont été offerts par des personnes qui nous sont chères. De la même manière, lorsqu’on connaît le coût d’un objet et qu’on ne peut le revendre, on peut avoir du mal à le donner tout simplement. Enfin il y a toutes ces petites choses que l’on garde parce qu’elles risquent bien de nous servir un jour…

Mais comme on dit que 7 ans c’est l’âge de raison, je me dis que mon 7ème déménagement aura quelque chose de cet attrait “raisonnable” qu’on attache au chiffre 7. Et pour une fois je n’emballerai que des choses que j’aime vraiment, que j’utilise régulièrement, et qui ne m’encombrent pas inutilement. Pour une fois, je ne prendrai avec moi que l’essentiel. Je laisserai derrière moi, sans tergiverser, tout ce qui ne m’a pas servi depuis le jour où j’ai emménagé au Canada il y a 3 ans et je n’hésiterai pas à donner ce qui ne peut être vendu.

Ne plus s’encombrer

C’est donc le début d’un nouvel éco-défi: celui d’alléger au maximum le contenu de mes cartons et de réduire au minimum le nombre de kilos à transporter. Mais aussi, et surtout, celui de ne plus s’encombrer d’objets malaimés, futiles ou superflus. Pour qu’au prochain déménagement, je ne me retrouve pas à nouveau à devoir faire le tri entre ce que j’aime et ce que je n’aime pas, ce qui me sert et ce qui ne me sert pas. Je m’engage donc à ne plus rien acheter…  sans me demander 7 fois: “En ai-je vraiment besoin et cela me sera-t-il utile régulièrement et/ou à long-terme?”.

Apprendre à refuser

Le plus difficile j’imagine sera de gérer les cadeaux, et toutes ces petites choses qu’on nous donne pour nous gâter et nous faire plaisir mais qui ne nous plaise ou ne nous serviront pas… “Refuser” est d’ailleurs la première étape d’un mode de vie zéro déchet selon Béa Johnson. Je ne pense pas être capable de rendre un cadeau, quel qu’il soit, et dire “non merci” à certaines personnes. Mais en attendant, je peux apprendre à me refuser mes petits “excès”.

Et pour aller jusqu’au bout de ce nouveau défi, je tiendrai un petit journal de bord pour répertorier tous mes achats dans les mois à venir. J’aime à penser que l’idée d’avoir à me “rendre des comptes” me forcera à réfléchir davantage avant d’acquérir quelque nouvel objet que ce soit.

Comme j’en parlais il y a quelques mois, pour avancer vers un mode de vie écologique il faut selon moi passer par la case minimalisme… En possédant moins, tout simplement, j’espère donc faire un pas de plus vers la vie en vert.

Quelles sont vos astuces pour minimaliser vos possessions ?
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