Comme annoncé dans mon dernier article de l’année 2013, j’ai choisi d’inaugurer mon jardin d’éco-Réflexions en répondant à une question qui m’a été posée il y a quelques semaines:
“Comment allier un mode de vie à la fois écologique et productif?”
Une question dont la réponse peut paraître évidente pour ceux qui sont déjà sur la voie d’un mode de vie plus vert; le fait qu’on me l’a posée m’a néanmoins permis de réaliser qu’elle méritait réflexion…
La productivité positive
Le sens du mot productivité varie selon le contexte et celui qui m’intéresse le plus est celui qui nous concerne tous: le quotidien. Quant à la définition du mot “productivité” il est bien évidemment relatif et subjectif: pour moi, être productive dans mon quotidien signifie remplir chaque tâche sans laisser de distractions superflues m’empêcher de les accomplir ou me ralentir inutilement, soit réaliser ce qu’il y a à faire de manière efficace, sans perdre de temps vainement. Pour se défaire de la connotation négative du mot productivité, souvent source de stress et synonyme d’argent, je parlerai ici d’une productivité positive, soit une forme de productivité qui répond à de réels besoins et nous apporte une véritable satisfaction personnelle.
Et selon moi, la base de la productivité positive est la même que celle d’un mode de vie écologique: le minimalisme, l’aspiration même de chacun de mes éco-défis. En effet, réduire son empreinte écologique sous-entend déjà la modération, voire l’abandon de certaines habitudes ou l’usage de certains objets et produits.
Se désemcombrer
La devise de Béa Johnson– “Refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter”- est selon moi la base même d’un mode de vie vert et minimaliste. Plus on refuse, plus on réduit, plus on réutilise, plus on recycle, plus on composte, moins l’on s’encombre. Moins l’on s’encombre, moins l’on contribue à notre société de consommation, moins l’on ne perd de temps à gérer nos possessions ou à s’en inquiéter, plus on réduit notre empreinte écologique. Et pour se faire, il faut justement commencer par se débarrasser de tous ces objets et de toutes ces occupations oiseuses qui d’une part augmentent notre empreinte écologique mais qui en plus mettent un frein à notre productivité positive.
En se concentrant sur l’accomplissement de tâches nécessaires à notre fonctionnement, en choisissant des occupations saines qui contribuent à notre bien-être personnel et social et en utilisant un minimum d’objets et de produits pour satisfaire chacun de nos besoins, l’on peut selon moi allier écologisme et productivité en toute simplicité. Le quotidien des sociétés de consommation est rempli non seulement d’objets mais aussi de rituels vides de sens. S’en débarrasser est la première étape du minimalisme et un premier pas vers un mode de vie écologique.
minimaliser ou Minimaliser ?
Selon moi, la première question à se poser pour emprunter la voie du minimalisme serait:
De quoi ai-je besoin pour vivre confortablement au quotidien ?
Je considère que la notion de confort est importante. En effet, il y a minimaliser et Minimaliser. On peut minimaliser jusqu’à se retrouver avec le strict minimum nécessaire à la survie. On peut aussi Minimaliser jusqu’à se retrouver avec le strict minimum nécessaire à une vie confortable, en choisissant de conserver certaines possessions et habitudes qui, bien qu’elles ne soient vitales, facilitent le quotidien (la voiture par exemple) et le rendent plus agréable (comme l’eau chaude).
Concrètement, pour moi, une vie minimaliste et confortable se résume à la possibilité de répondre à 6 besoins essentiels, soit avoir de quoi…
Se nourrir (sainement et suffisamment)
Se protéger (vêtements, abri…)
Prendre soin de son bien-être physique (faire du sport, se soigner…)
Prendre soin de son bien-être moral (socialiser, méditer…)
Nourrir son esprit (s’instruire, s’informer, se divertir, travailler…)
Se déplacer
Il existe ensuite mille et une manières de nourrir son corps et son esprit, se protéger, prendre soin de soi, se déplacer… dont certaines malsaines et/ou superflues qui contribuent à notre société de consommation et donc nuisent à notre environnement; et d’autres plus simples, plus saines, plus écologiques. Alors que certains choisiront de manger ce qui leur fait envie indépendamment des saisons d’autres banniront les OGM et les pesticides de leur assiette. Alors que certains guetteront les tendances de la mode pour renouveler leur garde robe chaque année, d’autres useront chacun de leurs habits jusqu’au dernier fil. Alors que certains prendront soin d’eux en passant sous le bistouri, d’autres méditeront. Alors que certains se divertiront en se promenant à pied, d’autres iront faire un tour en moto. Alors que certains choisiront d’aller chercher leur baguette à pied, certains parcourront 500 mètres en voiture.
Consommation et contre-productivité
L’on constate alors que beaucoup des choix non-écologiques que nous faisons peuvent aussi être des freins à notre productivité positive puisqu’ils ne nous apportent rien de réellement bon ni de nécessaire. En outre, ils sont dispendieux, font perdre du temps et ne nous comblent pas de manière saine et durable… Cela vaut-il vraiment la peine de se faire des manucures et des pédicures ? De posséder un smartphone, un appareil photo numérique, une tablette, un ordinateur portable ET une télé? De passer des heures dans les rayons des boutiques qui soldent juste histoire de faire de bonnes affaires alors qu’on a déjà largement de quoi s’habiller dans ses placards?
D’après Dominique Loreau, “on doit et on peut réapprendre à vivre sans tout ce que la société de consommation essaie de nous faire acheter. Le trop nous fait passer à côté des grands moments de la vie, à côté de l’essentiel. Nous pensons que l’encombrement n’affecte que l’aspect matériel de notre vie. Mais au contraire, il nous vole une partie de notre coeur et efface ce qu’il y a de bon, de doux, de romantique, de décontracté, de naturel en nous. A toujours vouloir trop, on s’éloigne tellement de ce qu’il y a de meilleur en soi!” (L’art de l’essentiel, p.33).
Moins l’on a de choses, plus on a de temps et d’énergie
En fin de compte, minimaliser ce qui affecte notre empreinte écologique en revient à réduire le temps gaspillé à acquérir, gérer ou à faire des choses superflues… et ainsi conserver son temps et son énergie pour être positivement productif, apprécier et se rapprocher de l’essentiel.
D’après certains, adopter un mode de vie écologique signifie faire des sacrifices. Bien que pour verdir son quotidien il faille changer de nombreuses habitudes et renoncer à certains plaisirs, il ne s’agit pas forcément de renoncer à tout, ni de tout changer tout d’un coup… Il s’agit de prendre le temps de comprendre pourquoi certaines de nos habitudes sont nocives et d’apprendre à découvrir et à apprivoiser les alternatives plus simples, plus saines, plus durables et plus sensées qui existent pour remplir et satisfaire chacun de nos besoins quotidiens…
Pour relever chacun de mes éco-défis, j’ai certes dû consacrer un certain temps à la réflexion, aux recherches et aux essais. Mais comme le démontre le bilan de mes éco-défis, chaque éco-alternative adoptée m’a jusque-là permis de gagner un temps incroyable dans mon quotidien!
Et d’après mon expérience, moins l’on passe de temps à faire des choses superflues, plus on est positivement productif… Alors voilà comment, en passant par la case minimalisme, l’on peut d’après moi allier écologie et productivité positive en toute simplicité !
