Pour beaucoup d’entre nous l’été est synonyme de vacances et de voyages… Et à une époque où il faut parfois peu de moyens et peu de temps pour voyager dans des contrées encore inaccessibles et/ou inconnues du grand public le siècle dernier, nous sommes nombreux.ses à profiter des progrès des nouvelles technologies et des transports modernes pour visiter les 4 coins de notre pays, de notre continent, de notre planète… sans toujours réfléchir à l’impact potentiellement néfaste de nos expéditions sur le monde, ses éco-systèmes et ses populations. Pourtant, tout comme on peut manger responsable ou s’habiller responsable, on peut aussi voyager responsable.
D’aussi longtemps que je me souvienne, voyager fait partie de mes loisirs préférés… et beaucoup de mes souvenirs les plus lointains et les plus forts sont ceux de voyages. Qu’ils m’aient menée à quelques dizaines, à quelques centaines ou à quelques milliers de kilomètres de chez moi, plusieurs d’entre eux m’ont marquée, au point d’influencer mes choix scolaires, professionnels et de résidence. Qu’il s’agisse des personnes qui croisent notre chemin, des sensations que l’on ressent dans un nouvel endroit, des coutumes et croyances que l’on découvre, des paysages qui nous éblouissent, des plaisirs auxquels on goûte, des situations qui nous désolent, des horreurs auxquelles on fait face… tant de choses peuvent nous émouvoir lorsqu’on sort de chez soi, de sa zone de confort et que l’on bouscule sa routine !
Pour moi, voyager est un privilège et un véritable enrichissement… (Je tiens néanmoins à préciser que je suis tout à fait consciente que tout le monde n’aime pas/n’a pas la possibilité de voyager et cela ne rend en rien ces personnes et leur vie moins intéressantes!). Depuis très jeune, j’ai eu de nombreuses opportunités et je me suis donné les moyens de découvrir de nouveaux horizons sur différents continents, en avion, en train, en car, en voiture, en voilier… Ma vie, ma vision du monde et mes ambitions seraient bien différentes si j’avais passé toute ma vie à Grenoble où je suis née. Quant à ma conscience de la beauté de la planète, de sa fragilité et de la nécessité de la protéger, elle ne se serait certainement pas développée de la même façon si je n’avais jamais vu de mes propres yeux comment et à quel point l’humain.e est capable de vivre en harmonie avec la nature, en même temps qu’iel peut la détruire.
Paradoxalement, voyager est aujourd’hui l’une des causes de la pollution, de la destruction d’éco-systèmes, de l’extinction d’espèces animales et végétales, de la disparition de modes de vie ancestraux… Bien que l’on vante à tout bout de champ les soi-disant mérites économiques du tourisme pour les populations locales, celles-ci sont souvent les premières à pâtir des comportement malsains des voyageur.euse.s qui inconsciemment ou pas affectent et dégradent la situation économique, l’environnement, et le mode de vie des habitant.e.s locaux.les. En outre, à partir du moment où l’on prend l’avion ou même la voiture pour se rendre à une nouvelle destination, on augmente indéniablement notre empreinte carbone.
Faut-il arrêter de voyager pour autant? Certain.e.s ont fait ce choix, à différents degrés. Tachou et Tintan, dont je vous parlais l’été dernier, ont décidé après avoir traversé l’Eurasie à vélo de ne plus se déplacer en avion. Cette blogueuse et cet architecte expliquent pourquoi iels ne prendrait jamais (plus) l’avion non plus. Un ami néo-zélandais vivant au Canada, s’est engagé à ne prendre aucun vol pendant une dizaine d’années. Après 3 années passées sur l’Ile de Vancouver, J. et moi avons décidé de quitter le continent américain, entre autres pour ne plus à avoir à prendre l’avion pour aller en France où nous passons presque toutes nos vacances pour rendre visite à nos familles.
Néanmoins, voyager responsable c’est bien plus qu’éviter les modes de transport dont l’empreinte carbone est élevée. Voyager responsable, c’est faire attention à la manière dont tous nos choix, avant, pendant et après le voyage influencent l’environnement et les habitant.e.s des lieux visités. Ainsi, pour voyager responsable il faut d’après moi s’assurer de faire des choix éthiques et écologiques autour d’un bon nombre d’aspects et adhérer aux 10 commandements suivants :
Avion, bateau de croisière, ferry, péniche, train, car, bus, camping-car, voiture, moto, vélo, à pied… les moyens de se déplacer sont de plus en plus nombreux et à l’heure où le mouvement “slow” est en plein essor dans plusieurs domaines (slow food, slow cosmétique…) ont a encore tendance à privilégier l’option la plus rapide quand il s’agit de se déplacer d’un point A à un point B, par manque de temps et par envie d’en voir le plus possible en temps limité. Malheureusement, l’option la plus rapide est souvent la plus polluante… alors si on passait au slow travel et prenait le temps de se rendre à notre destination, de s’imprégner de son atmosphère, d’y faire quelques rencontres et découvertes sans se presser ni enchaîner les trajets marathoniens une fois sur place?
Hôtel, auberge de jeunesse, camping, chambre d’hôte, cabane dans les arbres, yourte… là encore, les options sont nombreuses et il n’existe selon moi pas un type de logement plus écologique qu’un autre pour les vacances. Qui dit camping ne dit pas forcément green et qui dit hôtel ne dit pas forcément poubelles débordantes ! Tout dépend de la charte des valeurs des différents logements, de leurs propriétaires et de leurs efforts personnels pour limiter le gaspillage des ressources et proposer un lieu de villégiature dont le fonctionnement est en phase avec l’environnement naturel, social et culturel local.
Lorsqu’on est chez soi, l’on sait généralement quels sont les produits locaux et de saison, on connaît les bonnes adresses, autant pour les épiceries bio que pour les restaurants proposant de la nourriture saine, et l’on peut facilement s’organiser pour limiter les déchets lorsqu’on fait ses courses, que l’on pique-nique ou que l’on mange sur le pouce… En faire autant dans un lieu qui ne nous est pas familier est compliqué si l’on ne s’est pas organisé.e.s pour emporter un minimum de contenants/vaisselle réutilisables et si l’on n’a pas repéré les bonnes adresses avant son départ.
Voyager est l’occasion de découvrir de nouveaux us et coutumes et ceux-ci peuvent varier considérablement d’un pays ou même d’une région à l’autre. Faut-il laisser un pourboire et si oui combien ? Certaines tenues sont-elles inappropriées ? Comment salut-on les personnes locales, les hommes, les femmes? Y a-t-il des rituels autour des repas ? Faut-il enlever ses chaussures avant d’entrer chez quelqu’un ? Certaines manières sont-elles considérées comme étant impolies ? Peut-on prendre et partager sans leur demander la permission des photos d’inconnu.e.s ? Tant de gestes anodins pour certains peuvent créer un profond malaise chez nos hôtes et/ou nous mettre dans une situation terriblement gênante. À nous donc de nous renseigner, avant notre départ, sur les “bonnes manières” à adopter une fois arrivé.e.s à destination.
Il n’est pas toujours évident de voyager dans un pays dont on ne connaît pas la langue et l’on ne peut apprendre la langue de tous les pays que l’on souhaite visiter ! On peut cependant faire l’effort d’apprendre des mots clés et des phrases basiques qui nous permettront de poser des questions et d’exprimer nos souhaits et préférences poliment ainsi que de saluer et remercier les habitant.e.s en bonne et due forme. Nul besoin d’être linguiste pour y arriver : il suffit de prendre le temps, avant son départ, de faire une liste des mots et phrases de base à l’aide de ressources en ligne, de dictionnaires/livres ou d’amis/voisins qui parlent la langue en question !
C’est souvent ce qu’il y a à voir et à faire dans un lieu qui influence notre choix de destination. Plus une région est touristique, plus il y a de chances pour que les visites, les activités et les divertissements proposés soient modelés pour plaire aux touristes, parfois au détriment de la conservation et de l’authenticité d’un lieu, d’un mode de vie et d’une culture. Éviter les endroits populaires, les transports et balades à dos d’animaux et/ou se documenter un minimum sur les attractions non-touristiques de notre destination permet d’éviter les pièges à touristes et de découvrir des recoins, des savoir-faire, des activités qui nous en apprennent autant si ce n’est plus sur l’histoire, l’environnement, les habitants et la culture d’un lieu.
La fabrication d’un bon nombre de souvenirs, qu’il s’agisse de vêtements, de babioles ou d’artisanat se fait souvent dans des conditions déplorables ou à mille lieues de l’endroit visité ! Entre les décorations en ivoire ayant nécessité la mort d’éléphants, les porte-clés de la Tour-Eiffel achetés au pied de la Dame de fer et fabriqués en Chine ou les conserves de saumon du Pacifique pêchés au chalut… le choix de tristes et de faux souvenirs ne manque pas. Alors que se loger, s’alimenter et se déplacer sont des étapes essentielles à tout voyage, le shopping ne l’est pas forcément ! Toutefois, il peut rester tentant de rapporter des ingrédients et de l’artisanat uniques du coin que l’on visite, auquel cas il faut simplement se renseigner sur leur lieu et leurs conditions de fabrication, le mieux étant d’acheter directement après de producteur.rices et d’artisan.e.s locaux.ales.
Dans l’idéal, on trouverait des bacs à recyclage, à compost et à déchets dans les rues de tous les pays du monde ! Alors que dans certains endroits l’on peut facilement trier et se débarrasser de nos détritus, dans d’autres, on ne trouve même pas de poubelles ! Il ne tient donc qu’à nous de se renseigner sur le système de recyclage, compostage et déchèterie du lieu que l’on visite et, quel qu’il soit, de limiter ses déchets, en commençant par exemple par ne pas emporter dans ses bagages des contenants que l’on ne pourra recycler une fois vides à destination.
Plus on s’encombre, plus notre empreinte carbone augmente, et moins il est pratique de se déplacer ! Si l’on doit transporter des bagages qu’on n’a pas la force de soulever ou un nombre de sacs pour lesquels on n’a pas assez de bras, épuisés de porter tout cela, on finira certainement par privilégier les trajets en taxis les fois où l’on aurait pu prendre les transports en commun ou las de transporter notre bazar on en laissera une partie derrière nous. Limiter sa quantité de bagages peut donc nous faciliter les trajets et nous aider à limiter nos déchets !
Celui-là déterminera un bon nombre des facteurs ci-dessus. En effet, si l’on veut faire le tour d’une région où il n’y a pas de transports en commun et que l’on n’y trouve que des chaînes d’hôtel de luxe, il sera difficile de faire des choix éthiques et écologiques dès le départ ! Alors avant de s’arrêter sur une destination, mieux vaut s’assurer que les conditions et les infrastructures sur place nous permettront de voyager responsable.
Mais comment s’y prendre pour faire les bons choix autour de tous ces aspects-là ? Par où commencer ? Comment s’organiser ? Où trouver les informations dont on a besoin ?
Répondre à ces questions fera partie de mon éco-défi du mois de juillet. Inspirée de mes voyages, des erreurs que j’ai faites, des nouvelles habitudes que j’ai déjà adoptées et des bons plans qui me restent à tester, je vous ferai partager mes astuces autour de chacun de ces « commandements » pour devenir un.e voyageur.euse un peu plus responsable!
Et pour ceux qui souhaitent suivre cet éco-défi et les suivants de plus près je vous invite à rejoindre le groupe Les éco-défis d’Échos verts sur Facebook où chacun.e pourra partager ses astuces et ses questions autour de chaque éco-défi… car c’est tellement plus motivant de relever un nouveau chalenge quand on s’entraide en partageant ses expériences et ses conseils 🙂
